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vendredi 5 août 2016

Le grand secret de l'alliance de l' Amérique et de l'islamisme.


Article rédigé par Roland Hureaux, le 04 août 2016
Après Orlando, 
Bachar-el-Assad est-il toujours l’ennemi principal ? se demandent aujourd'hui beaucoup . La réponse nous parait claire  : évidemment oui.
Que juste après l'attentat,  les plus hauts fonctionnaires du département d'État se soient plaints dans un manifeste[1]  que le président n'en faisait pas assez contre le chef d'État syrien en dit long sur l'état d'esprit qui règne aujourd'hui à Washington. Le président Barack Obama a beau condamner avec emphase comme "un acte de terreur et de haine " ce qu'il qualifie de  "la pire fusillade de l’histoire des Etats-Unis", qui a fait 50 mort et 53 blessés, il sait très bien que la politique américaine ne changera pas pour autant.
Les présidents américains successifs ont clamé les uns après les autres au son des trompettes qu'ils partaient en guerre contre le terrorisme, principalement islamique . Mais il n'en ont jamais tiré les conséquences : on ne comprend rien au Proche-Orient si on n'a pas intégré que l'alliance entre les  Etats-Unis et l'islamisme radical est une des données  géopolitiques les plus fondamentales des 70 dernières années. Une  alliance qui s'est même renforcée au cours de la toute dernière période.
L'attentat du 11 septembre,  revendiqué par l'organisation Al Qaida, avait semblé la remettre en cause. Le golem islamiste avait échappé des mains de son artisan.  Il a donné lieu à des torrents de littérature emphatique sur la  guerre planétaire sans merci que le "monde libre" devrait  désormais livrer au terrorisme, proclamé ennemi mondial numéro 1. Mais il n'en a rien été : comme le chien retourne à ses vomissements, les États-Unis ont très vite délaissé ces bonnes intentions pour déclarer la guerre à un ennemi qui n'avait qu’un lointain rapport avec l'attentat, si tant est qu’il en ait eu vraiment un, le régime de talibans en Afghanistan, et surtout un autre qui n'en avait strictement aucun, et qui constituait même dans sa zone un rempart contre l'islamisme, l'Irak de Saddam Hussein.

L'attentat d'Orlando ne changera pas la donne 
Pour horrible qu’il soit, l'attentat d’Orlando risque encore moins de changer la donne , en tous les cas  tant que le clan  néoconservateur  imposera ses vues à  Washington.
L'alliance américano-islamique a commencé avec le pacte passé le 14 février 1945 sur le croiseur américain Quincy, au large de la péninsule arabique, entre le président  Roosevelt et  le roi Ibn Séoud. Quand on sait comment le riche royaume saoudien, Etat ayant pignon sur rue mais adepte de la doctrine fanatique du wahhabisme,  a financé année après année les mouvements islamistes, y compris terroristes, on mesure la portée de l'engagement américain.
On retrouve les États-Unis soutenant les Frères musulmans contre l'Egypte de Nasser au cours des années cinquante et soixante. Quoique rivaux des wahhabites, ces derniers professent la même doctrine,  ayant  pour objectif final le règne de l’islam sur le monde entier. Ils ont bénéficié des mêmes complicités occidentales équivoques : les Frères n'étaient-ils  pas nés en 1928 dans le giron de la colonisation britannique ?
Les tenants de l'islam pur et dur n'ayant pas de doctrine économique s'accommodent facilement du libéralisme :  cela suffit au Américains.
A partir de 1979, les États-Unis se sont appuyés sur l'Arabie saoudite  et sur les rebelles  islamistes pour rendre la vie impossible aux Soviétiques qui avaient  envahi l'Afghanistan. Ils fournirent en particulier à ceux-ci  des missiles Stinger terriblement meurtriers pour l'aviation russe. Au moins l'alibi de la lutte contre le communisme était-il défendable.
Quand le Front islamique du salut ( et le GIA ) algérien tentait de prendre le pouvoir à Alger et commettait des attentats sanglants à Paris, il n’avait pas eu de difficulté à ouvrir à Washington un bureau qui ressemblait fort à une représentation diplomatique. La répression de l’islamisme en Algérie (1990-2000) a fait plus de 200 000 morts (Il est étonnant que personne n'osa alors faire des reproches au gouvernement algérien, alors qu’on s'acharne sur celui de Bachar el Assad dont la position, face à une rébellion également islamiste, est analogue.)
Gulbuddin Hekmatyar,  un protégé de Washington qui contrôlait le  sud-est  de l'Afghanistan, s'étant trouvé impliqué de loin  dans le premier attentat du WTC (1993), les Américains, par Pakistanais interposés, suscitèrent pour le punir et pour  le remplacer le mouvement taliban, le plus radical qui ait existé,  quitte à   le combattre à son  tour à partir de 2001.
Dans les Balkans entre 1990 et 1999, l 'OTAN a   pris parti pour les musulmans (Bosnie, Kosovo), aidés par des djihadistes,  contre les chrétiens orthodoxes.
La destruction du régime de Saddam Hussein en 2003 ne pouvait que plaire aux islamistes qui détestaient ce dictateur trop tolérant pour les minorités et, quoique musulman sincère, aux manières de mécréant. Il menaçait les monarchies du Golfe protégées par les États-Unis et adeptes d'un islam bien plus  radical. La nature ayant horreur du vide, sa chute attira en Irak les islamistes de tout poil qui  s'implantèrent  dans le nord de la Mésopotamie. Servi  par des complaisances anglo-américaines, turques,  saoudiennes, qatari et autres,  ce mouvement conduisit en 2013  à la création de Daesh.   

Les printemps arabes : de la démocratie à islamisme  
Depuis son accession à la tête de la Turquie en 2003, Recyp Erdogan, frère musulman lui aussi, a bénéficié de toutes les faveurs de Washington. Sa candidature à l'entrée dans l'Union Européenne l'a protégé d'un coup d'Etat militaire kémaliste (c'est-à-dire laïque) et lui a permis de renforcer l'islamisation du pays, tout en lui offrant une base arrière à la rébellion  islamiste en Syrie et en Irak. Daesh n'a pas d'allié plus solide aujourd'hui que la Turquie, membre de OTAN. Il suffirait que ce soutien lui soit retiré pour qu'il retourne dans les sables, mais personne n' exige  d'Erdogan qu'il le retire.  
Ce soutien aux islamistes s'est déchainé à partir de 2011, notamment sous l’influence d'Hillary Clinton. On savait depuis toujours que démocratiser un pays arabe, c’était donner le pouvoir aux Frères musulmans, non que le peuple adhère à leurs doctrines mais parce que, seuls,  ils sont présents sur le terrain pour soulager sa misère.  L'Occident  se prit néanmoins d'enthousiasme pour les "printemps arabes" au point d'appuyer tantôt politiquement, tantôt militairement l'émergence de pouvoirs islamistes en Egypte, en Libye, en Tunisie, au Yémen avant de tenter de le faire en Syrie. Morsi et Erdogan, frères musulmans tous les deux,  étaient les  favoris d'Hillary Clinton.
Cette politique a failli réussir en Syrie où la dynastie Assad,  pouvoir laïque fort, adapté à un pays  religieusement pluraliste,  se trouvait confrontée depuis des années à une opposition islamiste. Sans l'aide massive apportée aux opposants à Assad, il  n'y aurait sans doute pas eu de guerre en Syrie. Ces  opposants sont, quoi qu’on  dise, idéologiquement proches de Daesh, même quand on feint, comme c'est le cas  d' Al Nosra, branche syrienne d'Al Qaida ou d'Ahrar-el-Sham,  de leur trouver des vertus démocratiques. Cette offensive anti-Assad  s'est heurtée à la détermination des Russes à garder le seul point d'appui qu’ils avaient encore dans la région et à celle de la minorité alaouite dont sont issus les Assad,  laquelle  n'avait d'autre alternative que de rester au pouvoir ou d'être exterminée.
Pas plus que les attentats du 11 septembre, cette politique n'a été infléchie par les attentats de Paris et de Bruxelles ; seule la France semble s'être mise à l'écart . Et encore :  il y a quelques semaines, l'armée syrienne aurait  capturé des soldats d'Al Qaida encadrés par des conseillers techniques américains, anglais, français et saoudiens. Washington ne décolère pas que les bombardements russes n'épargnent pas Al Qaida.  Al Qaida ! [2]
Contre qui cette alliance entre Washington et la mouvance islamiste ? Au Proche-Orient même  contre tout  ce qui avait encore apparence d'État sous la seule forme que l'on connaisse dans cette région : une dictature militaire plus ou moins laïque, fondée sur un parti unique de type baasiste ou nassérien. Bien que fort peu agressifs à l'extérieur ( la Syrie a certes tenté de faire valoir ses droits sur le Liban et l'Irak sur le Koweït mais il ne s'agissait que d'objectifs limités ), n'ayant jamais sérieusement menacé Israël, ces régimes furent pris en grippe par les néo-conservateurs, qui pensaient que pour faire un Etat  de droit, il fallait d'abord détruire  l'État et qui auraient voulu redécouper (reshape) le Proche-Orient selon des lignes ethnico-religieuses, mieux à même d’entretenir le chaos.

Contre la Russie 
Mais cette politique est surtout dirigée contre la Russie instaurée en ennemie historique quand bien même elle n'est plus communiste ; une Russie plus vulnérable à l'islamisme par sa proximité et la présence de  15 % de musulmans sur son sol, alors que, malgré les Twin Towers et Orlando, la menace islamique est beaucoup plus lointaine  en  Amérique. Que l'islamisme qu'elle nourrit doive pourrir  la vie aux Russes et aux Européens  lui importe peu.  Bien que menacée en première ligne, l'Europe  s'est laissé  entraîner avec une rare inconscience  à soutenir les États-Unis dans cette entreprise de déstabilisation contraire à ses intérêts. La France  l'a fait au mépris d' alliés historiques qui avaient toujours bénéficié de sa protection comme les chrétiens d’Orient, premières victimes de l'appui apporté aux islamistes. La question proche-orientale est un moyen d'arrimer l'Europe occidentale  au char américain, contre la Russie. Que le terrorisme et les flux de migrants déstabilisent les États d'Europe est plutôt bien vu dans certains cercles  washingtoniens,  où l'on compte que ces États, une fois affaiblis par le multiculturalisme, seront plus dociles à l'instauration d'un espace euro-atlantique unifié.
Au vu de ces collusions , nous ne cèderons pas à la tentation de dire des  attentats : "les Américains les ont bien cherchés". Ce  serait indécent : les victimes d'Orlando ne sont pas les mêmes que ceux qui élaborent à  Washington les politiques de déstabilisation. D'ailleurs, il ne faut pas imaginer  que le terrorisme soit tenu pour un grave problème par les grands qui dirigent le monde. Malgré la rhétorique dont ils usent à l'usage du peuple, les attentats terroristes sont d'abord pour eux un moyen de déstabiliser l'adversaire  (le seul qui compte, la Russie) ou  de coaliser les opinions publiques autour d'eux , éventuellement de  restreindre les libertés. Orlando, à cette échelle, est un non-évènement.
Aujourd'hui alliée à l'islamisme contre la Russie, l 'Amérique aurait l'option alternative de s'allier à la Russie contre l'islamisme. C'est plus ou moins le programme de Trump. Le laissera-t-on faire ? En tous les cas ce serait là une rupture avec 70 ans de politique pro-islamiste :  on comprend qu’elle suscite des inquiétudes à Washington.
[1]  Le  Monde, 20/06/2016
[2] Al Qaida ( dont la branche syrienne s'appelle Al Nosra)  est désignée  comme une organisation terroriste à combattre dans   la Résolution  de l'ONU du 18 décembre 2015  et a  sinon revendiqué, du moins approuvé l'attentat du Bataclan, ce qui n'est pas le cas d'Ahrar-el-Sham.  Voilà ce que les forces spéciales françaises continuent à soutenir ! 

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/L-alliance-de-l-Amerique-et-de-l-islamisme

jeudi 16 juin 2016

Les catholiques americains contre les armes a feu

La Croix - Alexis Buisson- 16-6-2016
À l’occasion de la tuerie d’Orlando, de plus en plus de leaders catholiques font entendre leur voix pour dénoncer la violence liée aux armes à feu. Mais leur marge de manœuvre est limitée.
« Il est plus que temps d’interdire les fusils d’assaut. » Au lendemain du massacre d’Orlando, l’évêque de Saint-Petersburg (Floride) Robert Lynch, faisait partie des nombreux leaders catholiques américains à critiquer l’inaction du Congrès sur la régulation des armes à feu.
Voix respectée chez les anti-armes, Mgr Blase Cupich, archevêque de Chicago, a pour sa part appelé à « s’attaquer aux causes d’une telle tragédie, notamment l’accès aux armes », ajoutant « nous ne pouvons pas rester sans rien faire ». Tandis que l’archevêque Joseph Kurtz, président de la conférence des évêques américains, a condamné « la violence inexplicable » de l’acte perpétré le 12 juin à Orlando.
Depuis la tragédie de Newtown en 2012, l’Église catholique américaine a abandonné sa réserve sur la question du contrôle des armes à feu. À travers le pays, des associations catholiques se mobilisent pour réclamer l’interdiction des fusils d’assaut, fréquemment utilisés lors des fusillades, et la généralisation des contrôles sur les acheteurs d’armes.
« Il y a une prise de conscience », confirme John Gehring, de l’Église catholique américaine. « De plus en plus de leaders catholiques parlent des armes comme d’une question de droit à la vie, comme pour l’avortement. »

Une lettre envoyée par 60 prêtres au Vatican en 2013

Cette prise de conscience ne date pas d’hier. La conférence des évêques catholiques des États-Unis avait participé en 1994 au débat sur l’interdiction fédérale des fusils d’assaut en publiant une lettre pastorale pour « affronter la culture de la violence ».
Dans sa missive, elle regrettait le quadruplement du nombre d’armes à feu en circulation (54 à 201 millions), aux États-Unis entre 1950 et 1990. Une position réitérée en 2000 dans un communiqué appelant à « une régulation de bon sens des armes de poing », qui « devraient être éliminées de notre société », sauf pour les officiers de police et les militaires.
Pourtant, elle n’est pas suffisante pour certains catholiques. En 2013, soixante prêtres, religieuses et théologiens ont ainsi envoyé une lettre au Vatican affirmant que tout défenseur du droit à la vie devait logiquement soutenir « des réformes de bon sens pour affronter l’épidémie de violence des armes à feu ».
« L’Église catholique américaine s’est penchée sur la question des armes à feu bien après le Vatican, qui en parle depuis plusieurs décennies », avance ainsi Tobias Winright, professeur associé à l’université catholique Saint Louis.

Une marge de manœuvre limitée

En 2012, 62 % des catholiques américains se disaient favorables à des lois sur les armes plus strictes. Au niveau local, plusieurs responsables catholiques sont passés à l’action en interdisant le port d’armes dans les églises et les institutions catholiques.
C’est le cas de Mgr Kevin Farrell évêque de Dallas, qui a critiqué en janvier « la mentalité de cow-boy » qui régnait au Texas. Mais, selon Sœur Carol Keehan, la marge de manœuvre de l’Église catholique reste limitée.
« Je suis pessimiste, lance la responsable de Catholic Health Association of the USA, une agence de l’Église impliquée dans le combat contre la violence des armes à feu. Si la mort de 20 enfants à Newtown ne change rien, je ne sais pas ce qui le pourra. Je constate le pouvoir important du lobby des armes sur le Congrès. Mais il faut continuer à se faire entendre jusqu’au jour où nous ferons une différence. »
Alexis Buisson, à New York

http://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Le-difficile-combat-des-catholiques-americains-contre-les-armes-a-feu-2016-06-15-1200768813?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20160615&utm_campaign=newsletter__crx_urbi&PMID=bb494601670887f92d5d4c8bfcd0ef06

mercredi 20 avril 2016

Entre USA et Arabie Saoudite des relations compliquees




dimanche 20 septembre 2015

Les Etats-Unis et l'islamisme en guerre contre l'Europe - CHRONIQUES EN LIBERTE

Les Etats-Unis et l'islamisme en guerre contre l'Europe - CHRONIQUES EN LIBERTE

Les Etats-Unis et l'islamisme en guerre contre l'Europe

Les Etats-Unis pro-musulmans afin de conserver leur suprématie
L'histoire récente l'a montré : les Etats-Unis, un pays non musulman, ont souvent essayé, à leur détriment et celui de la paix mondiale, de promouvoir les intérêts musulmans. Et ceci dans le cadre d'une politique géostratégique ayant pour objectif premier d'assurer leur imperium, leur leadership dans le monde entier. Dans cette optique, les pays musulmans sont destinés à servir leurs intérêts impérialistes.
Comme l'écrit Alexandre del Valle : "La politique étrangère des Etats-Unis vise essentiellement à pérenniser l'hégémonie américaine (...) et à empêcher l'apparition de concurrents géoéconomiques, principalement en Asie et en Europe occidentale." (Guerres contre l'Europe, Editions des Syrtes, p. 8).
A l'époque de l'URSS, favoriser l'expansion islamique servait à contenir, endiguer (politique du containment) celle du communisme, notamment par la mise en place d'une "ceinture verte" autour de la Russie soviétique. De nos jours, elle est destinée à affaiblir l'Europe, tout en maintenant sur elle la domination américaine, à la découpler de la Russie, stratégie devant permettre d'assurer la domination mondiale des Etats-Unis face à la montée en puissance de deux blocs rivaux, la  Chine et l'Inde.  
Nous prendrons trois exemples de cette politique pro-musulmane des Etats-Unis :

1/le choix d'implanter en Iran, après la chute du shah, une théocratie islamique, plutôt que de favoriser une voie démocratique en soutenant Chapour Bakhtiar, héritier de Mossadegh (Clairvaux, Iran La contre-révolution islamique, L'Harmattan, pp. 83-99).
2/Le soutien apporté aux moudjahidines afghans et notamment à Ben Laden, luttant contre les envahisseurs soviétiques,en alliance avec le Pakistan et l'Arabie saoudite. Et après 1995, l'aide apportée aux fondamentalistes talibans.
3/ Le soutien apporté aux musulmans bosniaques dans la guerre de Bosnie-Herzégovine : il s'agissait de favoriser un Etat musulman, la Bosnie, pouvant servir de bastion contre le bloc russo-orthodoxe, dans le cadre de la stratégie de la "ceinture verte"  (favoriser un glacis d'états musulmans contre la Russie), la Serbie symbolisant le vieux rempart historique européen à abattre.     

 Les "zones dures" et les "zones molles"
Après la chute de l'empire soviétique, les Etats-Unis sont restés seuls en lice et ont gagné la bataille idéologique, la vision libérale et capitaliste dans une économie mondialisée ayant triomphé en apparence dans un monde unipolaire. En réalité, le monde est devenu multipolaire, dans la mesure où émergent grâce à la mondialisation des blocs concurrents comme la Chine et l'Inde, ces dernières nations étant susceptibles de contrecarrer l'hégémonie américaine.
Toute la stratégie des Etats-Unis consiste à maintenir coûte que coûte cette hégémonie. Les stratèges américains ont divisé les aires géo-civilisationnelles de l'après-guerre froide en deux zones : les "zones dures" et les "zones molles". D'après Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter, les "zones dures" représentent les Etats d'une puissance telle qu'ils sont en mesure de modifier les relations internationales et d'affecter les intérêts américains. Les Etats-Unis doivent donc empêcher que ces Etats n'atteignent une position régionale ou mondiale dominante.
Au contraire,les "zones molles" ne possèdent pas les attributs de la puissance ou recoupent de vieilles civilisations ayant abdiqué une partie de leur souveraineté pour la sauvegarde de leur sécurité entre les mains de l'Amérique, par OTAN interposé, à l'instar de l'Europe occidentale. Ces zones concernent aussi l'Afrique et les pays islamiques.
Les Etats-Unis ne voient,  pour leur disputer l'hégémonie, que des nations en pleine ascension comme la Chine ou l'Inde, ou encore l'Europe si elle manifeste des velléités d'indépendance, ou si elle s'allie avec la Russie dans une coalition anti-hégémonique. Sur ce dernier point, il importe de s'opposer à une alliance entre l'Europe et la Russie.
En conclusion, les Etats-Unis comptent adosser leur leadership mondial à l'Occident, l'Afrique et au monde islamique.
                                                                                                                                                        Afin de consolider leur suprématie impérialiste, les Etats-Unis poursuivent une stratégie mondiale suivant quatre vecteurs principaux : 

1/Maintenir l'Amérique du Nord et l'Amérique latine comme chasses gardées.
 2/ Contrebalancer l'émergence des "zones dures" comme l'Asie ou l'Inde en renforçant l'influence de l'Amérique dans les "zones molles" que sont l'Europe, l'Afrique et les pays musulmans.
3/ Empêcher les "Etats pivots" de l'UE comme la France ou l'Allemagne, ou encore la Russie, de rendre l'Europe continentale indépendante des Etats-Unis, et la maintenir comme tête de pont en Eurasie.

4/ Renforcer la dépendance et l'alliance des pays musulmans, tout en poursuivant la politique d'endiguement de la Russie et le contrôle des matières énergétiques.
                                                                                                                                           


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