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jeudi 24 novembre 2016

Condamner la violence est « notre responsabilité », affirme le pape aux responsables interreligieux

La Croix -Nicolas Senèze, à Rome, le 03/11/2016 à 12h33
Le pape François recevait jeudi 3 novembre au Vatican 200 responsables interreligieux, dont une délégation du Conseil français du culte musulman.
Le pape François a rappelé jeudi 3 novembre sa ferme opposition à ce que « le nom d’une religion ou de Dieu lui-même soit invoqué » pour justifier la violence.
« Que les religions, à cause du comportement de certains de leurs fidèles, ne transmettent plus un message faux, dissonant de celui de la miséricorde »,a insisté le pape devant environ 200 responsables de différentes religions réunis dans la Salle Clémentine du Vatican, dont une délégation du Conseil français du culte musulman (CFCM) conduite par son président Anouar Kbibech.
Ces responsables chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes ou hindouistes participent actuellement à un colloque interreligieux organisé à l’Université pontificale grégorienne dans le cadre de l’Année de la miséricorde.

« Que les religions soient “entrailles de vie” »

Dans son long discours, le pape a d’ailleurs rappelé que « le thème de la miséricorde est familier à beaucoup de traditions religieuses et culturelles où la compassion et la non-violence sont essentielles et rappellent le chemin de la vie ».
« Dans un monde troublé et avec peu de mémoire, qui file en en laissant beaucoup derrière lui sans s’apercevoir qu’ils errent le souffle coupé et sans but, nous avons aujourd’hui, comme l’oxygène, de cet amour gratuit qui renouvelle la vie, a souligné François. Il est très important que, face à la peur, aujourd’hui diffuse, qu’on ne puisse être pardonné, réhabilité et sauvé de sa fragilité. »
« Hélas, il ne se passe pas un jour sans qu’on entende parler de violences, de conflits, d’enlèvements, d’attaques terroristes, de victimes et de destructions. Et il est terrible que pour justifier de telles barbaries soit parfois invoqué le nom d’une religion ou de Dieu lui-même, a continué le pape. Que soient clairement condamnées ces attitudes iniques qui profanent le nom de Dieu et qui polluent la recherche religieuse de l’homme. Que soit au contraire favorisées, partout, la rencontre pacifique entre les croyants et une réelle liberté religieuse. »
« Notre responsabilité devant Dieu, l’humanité et l’avenir est grande et exige tous les efforts, sans aucune prétention, a martelé François. C’est un appel qui nous implique, un chemin à parcourir ensemble pour le bien de tous, avec espérance. Que les religions soient “entrailles de vie”, conduisant la tendresse miséricordieuse de Dieu pour l’humanité blessée et nécessiteuse ; qu’elles soient des portes d’espérance qui aident à traverser les murs érigés par l’orgueil et la peur. »
Nicolas Senèze, à Rome


http://www.la-croix.com/Religion/Pape/Condamner-la-violence-est-notre-responsabilite-affirme-le-pape-aux-responsables-interreligieux-2016-11-03-1200800501

dimanche 22 novembre 2015

En harmonie avec le Jubile de la misericorde l'Imam de Rome a choisi comme thème “La qualité de la miséricorde”

http://www.zenit.org/fr/articles/italie-precher-la-misericorde-a-la-mosquee-en-echo-au-jubile?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+zenit%2Ffrench+%28ZENIT+French%29
21-11-2015

Pour la prédication du vendredi, 20 novembre, l’imam de la grande mosquée de Rome, Muhammad Hassan Abdulghaffar, a choisi comme thème “La qualité de la miséricorde”, de façon déclarée en harmonie « avec le pape François » et « le Jubilé de la miséricorde » : c’est ce qu’avait annoncé à la télévision italienne (RAI News 24) le président du Centre culturel musulman d’Italie, Abdellah Redouane.
Les musulmans d'Italie ont organisé, à Rome et à Milan, une manifestation intitulée "Pas en mon nom" ("NotInMyName") pour exprimer, explique Abdellah Redouane, leur "consternation", et leur "horreur" du terrorisme qui réduit l'islam à une "idéologie" pour "l'utiliser" à leurs fins.
Par ailleurs, sur Internet, une interview de l’imam de Monfalcone (dans le Golfe de Trieste, en Italie du nord) fait le buzz : « il ne suffit plus de simplement condamner ».
“Frères et soeurs, dit l’imam à Rome, dans sa prédication postée en italien sur facebook, le sujet d’aujourd’hui est la qualité innée de la miséricorde”: “Le fidèle est miséricordieux et c’est une de ses caractéristiques fondée sur la pureté et la sérénité de l’âme et sur l’intégrité de l’esprit. Le fidèle, en accomplissant le bien, et en agissant correctement et donc en s’abstenant du mal et en s’éloignant d’actes immoraux, est toujours dans un état de purification de l’âme et son esprit est bon et aimable.”
L’imam continue son invitation à agir en conséquence : “La miséricorde, la compassion et la clémence n’abandonnent pas le coeur de celui qui est dans cet état, c’est pourquoi il désire avoir un comportement dicté par ces dons.”
Plus loin, l’imam condamne le terrorisme: “Le croyant est miséricordieux, plein de compassion et bienveillant avec son frère, mais aussi avec tous ceux qui ne le sont pas. Notre religion est une religion à l’enseigne de la miséricorde et non une religion à l’enseigne de la cruauté et de la violence. Notre religion est une religion à l’enseigne de l’indulgence et non une religion de la vengeance. Notre religion est la religion de la vie et non une religion de la mort, c’est pourquoi le Centre culturel musulman d’Italie condamne fermement tout acte terroriste qui frappe la vie humaine parce que toute vie est sacrée.”
Il conclut par “l’exhortation à être miséricordieux, pleins de compassion, et bienveillants”.
Pour sa part l’imam de Monfalcone a déclaré, dans une interview du « Gazzettino », le 16 novembre, que « la condamnation simple ne suffit pas. Le moment est venu pour nous que nous faisons notre part pour démontrer que l’islam n’a rien à voir avec ces faits. Ces faits ne font pas partie de l’islam (..). Ce sont des choses barbares, des assassins qui pour moi ne sont pas des musulmans. Qui va contre les enseignements de l’islam n’est pas musulman. Tuer des personnes innocentes ainsi, de sang froid, n’est pas de l’islam. Ces jeunes (…) ont été utilisés par d’autres cerveaux qui n’ont aucun objectif religieux, seulement le but de fomenter une guerre entre les religions. »
Après une pause, un soupir, cherchant ses mots en italiens et en secouant la tête l’imam ajoute : « Je ne suis pas arrivé à dormir de toute la nuit à cause de ce qui est arrivé. Je me mets à la place des personnes qui ont subi cette cruauté… »
Le 14 novembre, le Centre culturel musulman d’Italie  a “invité tous à se faire proches, dans la douleur, des familles des victimes des actes terroristes survenus à Paris, dans la nuit du 13 novembre, uniques pour leur aveuglement et leur brutalité”. Le  Centre culturel musulman d’Italie “invite tous à prier pour elles et à invoquer Allah le Très-Haut et le Tout-Puissant afin qu’il répande sur la terre Sa grâce et Sa paix”.