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vendredi 20 avril 2018

En Arabie saoudite, le discours clair du cardinal Tauran

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À cette occasion, le cardinal français a rencontré, samedi 14 avril, le cheikh Mohammed Al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, qui avait effectué une visite au Vatican en septembre 2017
« Ce qui nous menace c’est le choc des ignorances et des radicalismes »
Le pape François reçoit le secrétaire de la Ligue islamique mondiale

« La religion peut être proposée mais jamais imposée »
Ouverture réciproque des lieux de culte

Le prince héritier d’Arabie saoudite veut « retourner à un islam modéré »



« Toutes les religions doivent être traitées de la même manière, sans discrimination, parce que leurs fidèles, tout comme des citoyens qui ne professent aucune religion, doivent être traités de la même manière », a fait remarquer le cardinal Tauran, selon des propos rapportés par L’Osservatore romano, dans une allusion au sujet toujours actuel de la « pleine citoyenneté » pour tous.
Le cardinal, qui a aussi rencontré dans une structure diplomatique des chrétiens travaillant sur place qu’il a encouragés, a également plaidé pour « des règles communes pour la construction des lieux de culte », estimant que « si nous n’éliminons pas le système de deux poids deux mesures de notre comportement en tant que croyants et qu’institutions et organisations religieuses, nous alimenterons l’islamophobie et la christianophobie ».
Un discours, certes habituel dans la bouche du président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, mais porté haut et fort pour la première fois dans la patrie du wahhabisme, l’un des courants les plus rigoristes de l’islam, où la construction d’églises demeure rigoureusement interdite.
« Ce qui nous menace tous, ce n’est pas le choc des civilisations mais plutôt le choc des ignorances et des radicalismes, a-t-il rappelé. Ce qui menace le vivre-ensemble c’est avant tout l’ignorance ; donc, se rencontrer, se parler et construire quelque chose ensemble sont autant d’invitations à rencontrer l’autre et cela signifie également nous rencontrer nous-mêmes. »
« Les leaders spirituels ont un devoir : celui d’éviter que les religions soient au service d’une idéologie et être capable de reconnaître que certains de nos coreligionnaires, comme les terroristes, ne se comportent pas correctement, a également déclaré le cardinal Tauran. Le terrorisme représente une menace constante, c’est pourquoi nous devons être clairs et ne jamais le justifier. Les terrorismes veulent démontrer l’impossibilité du vivre-ensemble. Nous croyons exactement le contraire. Nous devons éviter l’agression et le dénigrement. »
Il a aussi rappelé que « tout dialogue interreligieux authentique commence par la proclamation de sa propre foi ».
« Nous ne disons pas que toutes les religions se valent, a-t-il précisé, mais que tous les croyants ceux qui cherchent Dieu et toutes les personnes de bonne volonté qui n’ont pas d’affiliation religieuse, sont d’égale dignité. Chacun doit être laissé libre d’embrasser la religion qu’il veut. »
« La religion peut être proposée mais jamais imposée, et ensuite acceptée ou refusée », a-t-il aussi souligné, rappelant qu’« il y a des radicalismes dans toutes les religions ».
« Les fondamentalistes et les extrémistes sont sans doute des personnes zélées mais qui ont malheureusement dévié d’une compréhension solide et sage de la religion, a-t-il développé. De plus, elles considèrent ceux qui ne partagent pas leur vision comme des mécréants qui doivent se convertir ou être éliminés afin de maintenir la pureté. »
« Ce sont des personnes égarées qui peuvent facilement tomber dans la violence au nom de la religion, y compris dans le terrorisme, a-t-il continué. Elles sont convaincues, par un lavage de cerveau, qu’elles sont en train de servir Dieu. La vérité c’est qu’elles se font seulement du mal à elles-mêmes, en détruisant les autres et en ruinant l’image de leur religion et de leurs coreligionnaires. C’est pourquoi ils ont besoin de notre prière et de notre aide. »
Le cardinal Tauran a également plaidé pour l’ouverture réciproque des lieux de culte, rappelant que les Lieux saints chrétiens « en Terre sainte, à Rome ou ailleurs ainsi que les nombreux sanctuaires aux quatre coins du monde » étaient « toujours ouverts à vous, nos frères et sœurs musulmans, aux croyants des autres religions et également à toutes les personnes de bonne volonté qui ne professent aucune religion ».
« Dans de nombreux pays, même les mosquées sont ouvertes aux visiteurs (et) cela est le genre d’hospitalité spirituelle qui aide à promouvoir la connaissance et l’amitié mutuelle et à combattre les idées reçues », a-t-il précisé, dans un pays où les non-musulmans sont bannis des Lieux saints de l’islam.

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/En-Arabie-saoudite-discours-clair-cardinal-Tauran-2018-04-17-1200932291

samedi 10 mars 2018

L’ARABIE SAOUDITE DANS LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME

L’ARABIE SAOUDITE DANS LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME 
ARTICLE PUBLIÉ LE 05/03/2018

Par Camille Lons

Mohammed bin Salman a officiellement lancé en novembre 2017 dernier la coalition islamique antiterroriste qu’il avait annoncée deux ans auparavant. Dans un contexte régional agité, sur fond de bouleversements internes majeurs, l’Arabie saoudite a fait de la lutte contre le terrorisme un instrument clé de sa politique, au croisement entre stabilité interne du régime et hégémonie régionale.
L’Arabie saoudite, champion de la lutte anti-terroriste ?
Une relation ambiguë avec certains groupes islamistes
La lutte contre le terrorisme, outil de politique étrangère et domestique
Conclusion
Le royaume saoudien est engagé depuis plus de trente ans dans une politique d’identification et de répression des groupes radicaux violents, aussi bien sur son propre territoire qu’à l’extérieur de ses frontières. Il a développé une collaboration étroite avec les Etats-Unis en termes d’échange de renseignements, a fortement renforcé sa législation contre le financement du terrorisme, et a ouvert un centre de déradicalisation dont les programmes ont servi de modèles pour de nombreux autres pays.
Victime depuis les années 1990 d’attaques terroristes sur son territoire, et conscient que sa population jeune et fortement touchée par le chômage constitue une cible potentielle de radicalisation, le royaume perçoit le terrorisme comme une menace sécuritaire réelle. Plusieurs milliers de Saoudiens se battraient aujourd’hui en Syrie, en Irak et au Yémen, et la question de leur retour en Arabie saoudite se pose de manière toute aussi problématique que le retour des combattants partis en Afghanistan l’avait été dans les années 90.
L’engagement de l’Arabie saoudite en termes de lutte contre le terrorisme prédate les attentats de 2001. Le royaume fut en effet le premier pays membre de l’Organisation de la Conférence Islamique à signer le Traité de Lutte contre le Terrorisme International en juillet 2000. Mais les attentats du 11 septembre 2001 – dans lesquels une majorité de Saoudiens était impliquée – et les pressions de la communauté internationale, ont poussé le royaume à renforcer son engagement dans ce domaine. La vague d’arrestations et de condamnations à mort de cadres d’Al Qaida qui suivirent le 11 septembre ne suffirent pas à empêcher l’attaque de Riyadh par le groupe djihadiste en 2003. Cet attentat, vécu comme un véritable traumatisme pour les Saoudiens, marqua un tournant dans la stratégie saoudienne de lutte contre le terrorisme.
Le royaume a en effet considérablement renforcé les moyens alloués à la lutte contre le terrorisme. Les services secrets saoudiens ont aussi enquêté ces dernières années sur plusieurs milliers de dossiers de suspects, et ont arrêtés des centaines de collaborateurs suspectés d’Al Qaida. Il a aussi renforcé sa législation visant à combattre le financement du terrorisme, et a introduit une nouvelle approche dénommée PRAC (Prevention, Rehabilitation and After-care) visant à prévenir les risques de radicalisation chez les jeunes, déradicaliser les détenus djihadistes et accompagner leur réinsertion dans la société. Si cette politique n’a rien de nouveau, l’Arabie saoudite est le premier pays à l’avoir réellement développé et financé à cette échelle. Son centre de déradicalisation a servi de modèle pour de nombreux autres pays.
A l’extérieur de ses frontières, le royaume coopère de manière bilatérale avec de nombreux pays de la région, l’Union européenne, mais aussi et surtout les Etats-Unis. Les deux pays ont en effet créé dès 2003 une « joint task force » ayant pour objectif de combattre le financement des groupes terroristes, et ont signé en 2008 un accord bilatéral de coopération dans le domaine du contre-terrorisme.
A l’échelle internationale, l’Arabie saoudite a joué un rôle majeur auprès du G20 dans l’adoption du plan d’action contre le financement terroriste, et est l’un des principaux financeurs du Centre des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme (UNCCT).
La coalition islamique de lutte contre le terrorisme, lancée officiellement par Mohammed bin Salman en décembre 2017, vise à prolonger ces efforts et à permettre une coopération renforcée entre les pays musulmans de la région. Basée à Riyad et rassemblant 34 pays musulmans, la coalition doit encore définir ses objectifs et moyens d’opération.
L’État saoudien continue cependant d’apparaître aux yeux de certains comme la source du problème qu’il prétend combattre. Suite aux attaques du 11 septembre 2001, les pays occidentaux ont en effet pointé du doigt le fait que 11 des 19 djihadistes impliqués étaient d’origine saoudienne. Le soutien financier à certains groupes radicaux dans la région, mais aussi l’exportation même de la doctrine ultra-conservatrice wahhabite dans le monde, ont été pointés du doigt comme ayant joué un rôle dans le développement de certains réseaux terroristes.
Cette relation pour le moins ambiguë du pouvoir saoudien avec certaines mouvances radicales tient au fait que celles-ci jouent un rôle clé dans la politique étrangère du royaume et la préservation de ses intérêts dans la région. A partir des années 1950-60, le royaume a utilisé l’aide aux musulmans en détresse à travers le monde et la rhétorique panislamique pour consolider sa légitimité en tant que leader du monde musulman, par opposition notamment au nationalisme arabe de l’Egypte. Lors de la persécution des Frères musulmans en Egypte par Nasser, le royaume a accueilli plusieurs milliers d’entre eux et leur a fourni une plateforme d’expression, avec pour objectif principal de déstabiliser l’Egypte qui constituait alors son principal rival dans la région.
Le royaume a aussi fourni une aide humanitaire importante dans les principaux conflits de la région. Bien qu’il soit difficile de connaître avec précision la nature et l’ampleur de ces soutiens, de nombreux rapports déclarent que cette aide s’est parfois convertie en aide logistique et militaire envers des groupes impliqués dans les combats, avec pour objectif de faire peser la balance dans le sens des intérêts saoudiens. Le royaume aurait ainsi soutenu financièrement des groupes armés et mouvements de résistance en Palestine, Bosnie Herzégovine ou Tchétchénie dès les années 1980, ou encore aux Talibans en Afghanistan, avec la complicité des Etats-Unis dont l’objectif était de contrer l’expansion Russe. Ce soutien à la communauté musulmane étrangère s’est d’autant plus renforcé dans les années 1980 que le pays était confronté à une première baisse des prix du pétrole et à une crise économique interne qui remettait en cause sa capacité à subvenir aux besoins de sa population et menaçait ainsi la légitimité du régime.
Outre la solidarité panislamique, l’Arabie saoudite aurait utilisé ce soutien à des groupes armés pour contrecarrer les intérêts de l’Iran, son principal rival. En Irak en 2005, alors que les Etats-Unis encourageaient l’élection d’un gouvernement chiite à la tête du pays, l’Arabie saoudite a soutenu des groupes de l’opposition sunnite, dont certains auraient par la suite contribué à la création de Daech. De la même manière, en Syrie, l’Arabie saoudite a soutenu pendant les Printemps arabes l’opposition au régime de Bachar al-Assad, parfois sans distinguer l’opposition modérée aux groupes djihadistes. Le soutien aux groupes radicaux en Syrie avait avant tout pour objectif de faire tomber Bachar al-Assad, allié clé de l’Iran dans la région, qui permettait le transit d’armements destinés au Hezbollah sur son territoire et accueillait le quartier général du Hamas palestinien. Plus récemment, l’implication de l’Arabie saoudite dans le conflit yéménite a pour principal objectif de bloquer l’avancée des Houthis, groupe chiite proche de l’Iran, au risque de favoriser la montée de mouvances radicales telles qu’Al Qaida ou Daesh.
Cette stratégie de soutien à certains groupes armés s’est cependant rapidement retournée contre le royaume. Le retour au pays de près de 12 000 djihadistes partis se battre en Afghanistan dans les années 90, et aujourd’hui la question du retour des combattants saoudiens partis en Syrie ou au Yémen, posent des problèmes sécuritaires majeurs pour le royaume. De plus, certains groupes salafistes, qui n’ont pas pardonné à l’Arabie saoudite d’avoir accueilli les troupes américaines sur son sol pendant la guerre du Golfe, considèrent désormais le royaume comme leur ennemi numéro un. Celui-ci est ainsi devenu la cible d’attaques sur son propre territoire dès les années 1970-80, avec notamment la prise de la mosquée de La Mecque par un groupe d’extrémistes en 1979, puis les attaques à la bombe de Riyadh en 1995 puis de Khodar en 1996. L’attaque de Riyadh par Al Qaida en 2003, qui fit 27 victimes, marque cependant une réelle prise de conscience au sein de la sphère politique saoudienne.
Il est aujourd’hui difficile de savoir dans quelle mesure l’Arabie saoudite continue de financer ou non certains groupes, dans la mesure où ces financements se font souvent de manière privée et non officielle. Certains observateurs considèrent que le financement saoudien de l’expansion à l’international de la doctrine wahabbite, contribuerait à nourrir l’idéologie djihadiste. Cependant, le lien direct entre conservatisme religieux et djihadisme est largement questionnable.
Les pressions de la communauté internationale et les risques sécuritaires internes posés par la menace terroriste ont fortement encouragé le royaume à encadrer l’aide envoyée à certains groupes armés et à ainsi décroître le risque de financement du terrorisme. Mais c’est paradoxalement aujourd’hui la lutte contre le terrorisme elle-même qui constitue un outil de politique étrangère et intérieure pour le royaume.
Depuis les attaques du 11 septembre 2001, la notion de « terrorisme » s’est chargée d’une dimension émotionnelle forte, sans avoir jamais pour autant été définie par la communauté internationale de manière claire et consensuelle. Elle a ainsi été l’objet de toutes formes d’instrumentalisation politique par divers pays et pour divers intérêts. L’Arabie saoudite s’en est largement servie dans ses discours visant à justifier son opposition à l’Iran ou au Qatar, qu’elle accuse de financer le terrorisme, légitimant ainsi ce qui constitue avant tout une lutte de pouvoir.
La logique est la même dans sa politique intérieure. La frontière est fine entre la lutte contre le terrorisme et la répression des opposants politiques, et celle-là inclut souvent la répression de groupes armés violents, que de réseaux islamistes modérés et d’opposants politiques non-islamistes, comme le montre la purge effectuée par Mohammed ben Salman en septembre 2017. Les lois antiterroristes de 2014 et 2017 maintiennent un flou volontaire autour des crimes terroristes, incluant notamment le fait de critiquer ouvertement le régime ou de menacer la paix sociale. De nombreux activistes des droits de l’homme ont été arrêtés sous ces lois, dont notamment Waleed Abu Al Khair, Mohammed al Bajadi ou encore Abdulaziz al Shubaily. Ce lien entre stabilité du régime et lutte anti-terroriste s’est encore renforcé avec la création par Mohammed Ben Salman de la Sécurité de l’Etat, un nouvel organe en charge du renseignement antiterroriste et national, directement dépendant du roi.
L’Arabie saoudite fait face à de nombreux défis, aussi bien internes, avec la chute du prix du pétrole et les profondes réformes économiques et sociales entamées par Mohammed Ben Salman, qu’extérieures, avec le retrait relatif des Etats-Unis de la région, la montée en puissance de l’Iran et les rivalités intra-CCG. La crise du CCG laisse présager une possible redéfinition des alliances et de l’architecture sécuritaire du Golfe dont l’impact reste encore à définir. La question de la lutte contre le terrorisme se retrouve à nouveau au cœur de ces enjeux. A l’heure où les pays européens s’interrogent sur la façon d’améliorer leur coopération dans ce domaine avec les pays de la région, et notamment l’Arabie saoudite, comprendre en profondeur les enjeux que cette notion englobe est essentiel.

https://www.lesclesdumoyenorient.com/L-Arabie-saoudite-dans-la-lutte-contre-le-terrorisme.html

lundi 27 novembre 2017

La Ligue islamique mondiale veut "annihiler" l'extrémisme

OLJ 27-11-2017-"Ce que nous faisons et voulons faire est de purifier l'islam, de le débarrasser de cet extrémisme, de ces interprétations fausses, et de transmettre des interprétations correctes de l'islam", explique Mohammad al-Issa, secrétaire général de la Ligue.
OLJ/Reuters







La Ligue islamique mondiale (LIM), bras religieux du wahhabisme qui professe depuis des décennies un islam rigoriste à travers le monde, va désormais concentrer ses efforts sur la lutte contre l'extrémisme, déclare son secrétaire général à Reuters.
"Le passé est le passé. (...) C'est par notre travail que nous devons anéantir l'idéologie extrémiste. Nous devons annihiler l'ultra-rigorisme et l'extrémisme religieux qui sont le point d'entrée du terrorisme. C'est la mission de la Ligue islamique mondiale", souligne Mohammad al-Issa, qui a fait étape à Paris dans le cadre d'une tournée européenne
Les propos peuvent surprendre de la part de cette organisation, fondée en 1962 à La Mecque, que ses détracteurs accusent d'avoir exporté le salafisme dans le monde et un dogme mortifère dont l'organisation Etat islamique se réclame.
Cette démarche de "pacification" intervient alors que le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammad ben Salmane, a entrepris de moderniser le royaume et d'assouplir des règles religieuses et sociales ultra-conservatrices. Le tour de vis contre l'institution religieuse avait commencé en avril dernier, quand le Conseil des ministres s'en était pris à la police religieuse, limitant ostensiblement son pouvoir. Enfonçant le clou, MBS avait appelé récemment à "détruire maintenant et tout de suite les idées extrémistes", et d'ajouter : "L'Arabie saoudite n'était pas ainsi avant 1979. L'Arabie saoudite et la région entière ont été marquées par le mouvement d'éveil (Sahwa). (...) Nous souhaitons seulement revenir à ce que nous étions : un islam modéré ouvert au monde, ouvert à toutes les religions."
La mission de Ligue islamique mondiale, qui bénéficie de financements du gouvernement saoudien, est de favoriser l'enseignement islamique à travers la construction d'écoles et d'instituts culturels musulmans.

"Ce que nous faisons et voulons faire est de purifier l'islam, de le débarrasser de cet extrémisme, de ces interprétations fausses, et de transmettre des interprétations correctes de l'islam", explique Mohammad al-Issa, ancien ministre de la Justice qui a été nommé en 2016 à la tête de l'organisation. "Seule la vérité peut vaincre, et nous représentons la vérité".



"Apporter des réponses"

La Ligue, qui dit rejeter toutes les manifestations du jihadisme, entend les débusquer dans les institutions qu'elle gère mais aussi dans les écoles, centres, mosquées qui lui seraient signalés comme suspects.
"Dès que nous repérerons ce type de messages, nous ne resterons pas les bras croisés, nous mettrons tout en œuvre pour annihiler cette idéologie", dit le secrétaire général, dont les propos étaient traduits de l'arabe.

La semaine dernière en Suisse - l'entretien a été réalisé jeudi soir à Paris -, Mohammad al-Issa s'est engagé à réformer la principale mosquée de Genève, que les autorités suisses et françaises considèrent comme un creuset d'extrémistes. La mosquée est sous la responsabilité de la LIM.
L'émissaire explique que l'organisation veut notamment axer son travail sur les conditions de vie des musulmans dans les pays non-musulmans, sur les difficultés d'intégration qu'ils peuvent rencontrer.

"Nous essayons d'apporter des réponses pour contrer ces messages qui changent la réalité de l'islam. Nous voulons proposer l'interprétation réelle des textes sacrés qui ont été pris en otages et interprétés de façon erronée", insiste-t-il.

La Ligue islamique mondiale coopère avec les représentants des autres religions. Mohammed al-Issa a notamment rencontré le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qui avait effectué une visite historique le 14 novembre à Riyad, et a eu des entretiens à Paris avec des responsables catholiques et juifs.

"Nous avons un objectif commun : mettre fin à la haine. La Ligue islamique mondiale pense vraiment qu'on peut y parvenir, et toutes les religions ont une grande influence à cet égard".


Lire aussi



https://www.lorientlejour.com/article/1086023/la-ligue-islamique-mondiale-veut-annihiler-lextremisme.html


samedi 10 septembre 2016

Le Qatar du soft power et de l'appui aux Frères musulmans au financement du djihadisme


Atlantico -Alexandre Del Valle

Atlantico - Publié le 

Après l'Arabie saoudite, le Koweït et le Maroc, l'auteur poursuit son feuilleton, "avec des amis comme ceux-là, pas besoin d'ennemis", concernant les pays qui appuient ou encadrent l'expansion de l'islam chez nous mais persécutent les convertis au christianisme chez eux..







Depuis des décennies, le Qatar, à la fois allié au sein du Conseil de Coopération du Golfe et rival de Riyad dans la promotion du fanatisme islamiste, est devenu un pôle majeur de l'islamisme mondial, malgré sa petite taille mais grâce à ses énormes moyens financiers, à sa diplomatie offensive et à son soft power médiatique. Le Qatar, monarchie wahhabite comme l'Arabie saoudite, mais à l'image plus moderne, est dirigée depuis 150 ans par la dynastie des Al-Thani, forte de 3000 membres et tiraillée par d'âpres rivalités entre tendances "modernistes" pro-Occidentaux (concept relatif dans ce pays) et wahhabites ou pro-Frères musulmans. Peuplé de 2 millions d'habitants, dont seulement 200 000 Qataris (80% de la population est étrangère), le Qatar est un tout petit pays de 11400 km² mais dont la puissance sans commune mesure avec le territoire vient du fait qu'il est le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) devant la Russie et l'Iran.


La pénétration des démocraties occidentales

Afin de préparer l'après-hydrocarbures, le pays des Al-Thani a investi dans une cinquantaine de pays dans les domaines suivants : finance, industrie, énergie, hôtellerie, produits de luxe, médias, mode, immobilier, etc. En Occident, le Qatar est profondément implanté, notamment à Paris, Barcelone et bien sûr Londres (il possède les magasins Harrods, le Hyde Park, le complexe résidentiel le plus cher de Londres, ou encore le Shard, l’immeuble le plus haut de la ville). En échange d'avantage fiscaux exceptionnels, le Qatar a particulièrement visé ces dernières années la France, notamment sous les présidences de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Le processus s'est toutefois poursuivi sous François Hollande, bien que celui-ci ait un fort prisme pro-saoudien. Dans le cadre de cette stratégie de diversification économique vers l'étranger, l'outil principal a été le Qatar Investment Authority (QIA), le fond souverain officiel qatari. Celui-ci a investi dans l'hôtellerie de luxe. Le QIA, qui arrive en dixième position au niveau mondial, possède outre le Virgin et 35 000 mètres carrés sur les Champs-Élysées : 27% de la Société des casinos de Cannes (Barrière Croisette et Les Princes, hôtel Majestic et Gray d'Albion), 13% du groupe Lagardère, 8% d'EADS, 6% de Vinci, 5% de Veolia, 3% de Total, 2% de Vivendi, 1% de LVMH, sans parler du soft power que constitue l'achat du PSG ou le partenariat avec le club de foot de Barcelone (Barça). Sous la présidence de François Hollande, le phénomène trop souvent attribué au seul Nicolas Sarkozy s'est poursuivi : un Fond d'Investissement Commun a été créé en Juillet 2014 par la Caisse des dépôts et la Qatar Holding LLC afin de constituer un fonds de 300 millions d'euros destiné à investir principalement dans des PME françaises.
Alors qu'il a une main dans les affaires au sein de l'économie mondiale et des démocraties occidentales, ainsi qu'une image pacifique de pays dont la seule arme serait le soft power des médias et du foot ("religion de l'Occident" qui permet d'endormir les méfiances des "mécréants"), le Qatar a une autre main dans le djihad et la promotion du fanatisme islamiste tous azimuts. Il a notamment envoyé des avions entiers chargés d’armes à des mouvements islamistes djihadistes tant en Irak, en Somalie, à Gaza qu'en Syrie, au Soudan ou au Mali. En Libye, la coalition islamiste (Salafistes et Frères musulmans) appelée "Aube libyenne" (Fajr Libya), a été l'un des principaux bénéficiaires de cette aide. Les services occidentaux savent que le Qatar a livré des armements en Syrie, au Mali ou en Libye, en violation des embargos sur les armes, notamment en direction de Misrata, près de Tripoli, non loin des bases de Fajr Libya et de la coalition des milices islamistes.


Soutien aux Frères musulmans et aux djihadistes du monde entier
Le Qatar héberge de nombreux leaders et propagandistes islamistes. Il fournit refuge, aide financière, travail, soutien logistique, politique et médiatique à moult partis et groupes combattants islamistes en Afrique, au Proche-Orient, en Occident et jusqu'en Asie. De façon officielle, Doha appuie depuis des décennies les Frères musulmans dans le monde entier. La stratégie qatarie de soutien à la puissante Confrérie a fini par irriter d'autres Etats arabes, y compris l'Arabie saoudite, qui craint que la "démocratie musulmane" et donc la soif de pouvoir prônée par les Frères musulmans se retournent un jour contre leurs régimes clanico-féodaux. C'est pourquoi, après l'avoir appuyée pendant des décennies, l'Arabie combat chez elle la Confrérie depuis les années 1990, date à laquelle le Qatar et le Koweït ont pris le relais. De leur côté, l'Egypte du Maréchal Al-Sissi et son allié des Emirats arabes Unis, tous deux en guerre contre les Frères et irrités par la diplomatie intrusive pro-frériste du Qatar, sont entrés en guerre contre l'islam politique, tant en Egypte qu'en Libye.
A contrario, Doha estime avoir beaucoup à gagner de la relation étroite avec les Frères, car cela lui permet tout d'abord de garantir qu'ils ne tenteront pas de faire de la politique dans ce pays tout en contribuant à l'extérieur à élargir la "profondeur" stratégique de ce petit pays via l'accession de pouvoirs fréristes susceptibles d'être reconnaissants par la suite envers leur riche parrain. Les autorités du Qatar escomptent ainsi être prépositionnées dans plusieurs pays arabes sur le plan économique et politique à la faveur d'une alternance démocratique-islamiste qu'ils auront favorisée tout en la contenant chez eux. Enfin, le Qatar entend, tout comme la Turquie, se positionner comme intermédiaire incontournable entre les islamistes et leurs ennemis, dont l’Occident, ce qui leur procure un atout géopolitique. Dans ce contexte, une partie des "frères" qataris a accepté ces dernières années une mutation tactique. Celle-ci a consisté à s'adapter, à changer le discours dans un sens plus consensuel, et à promouvoir une image douce en misant beaucoup sur le soft power et l'idée que les Frères représenteraient la tendance "modérée" et "démocratique" de la famille islamiste, par opposition à la tendance radicale, anti-démocratique et djihadiste.
C'est dans ce contexte que le Qatar a hébergé nombre d'activistes et de fanatiques, leur fournissant refuge, sponsoring, travail et soutien logistique et médiatique. A cet égard, le cas du célèbre téléprédicateur islamiste égyptien Youssef Al-Qaradhaoui, naturalisé qatari, est plus que révélateur puisque cet homme qui dirige l’International Union of Muslim Scholars (IUMS) et co-préside nombre de structures liées aux Frères en Europe et le Centre pour la Prédication et la Fatwa, est devenu mondialement célèbre depuis le Qatar grâce à son émission de télévision, La charià et la vie, diffusée sur Al-Jazira et qui a fait de lui une vedette planétaire. Un autre exemple de liens personnels entre des éminences fréristes et le Qatar est représenté par le cas de Rafiq Abdulsalaam, ex-ministre tunisien des Affaires étrangères, gendre de Rachid Ghannouchi (le leader de Ennahda, version locale des Frères), qui a été le responsable de la section des études et de la recherche au centre d’Al-Jazira à Doha. On peut également citer Ali Sallabi, l'un des leaders des Frères musulmans en Libye, plus que lié aux autorités du Qatar. Autre exemple de soutien à la Confrérie, le Qatar accueille Jassim Sultan, l'une des figures des Frères musulmans dans le monde arabe.
Lire aussi :



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vendredi 6 mai 2016

ARABIE SAOUDITE ENTRE ÉVOLUTIONS ET RÉVOLUTION(S)

COMPTE RENDU DE LA REVUE ORIENTS STRATÉGIQUES NUMÉRO 3, ANNÉE 2016, « ARABIE SAOUDITE ENTRE ÉVOLUTIONS ET RÉVOLUTION(S) ? » 
ARTICLE PUBLIÉ LE 05/05/2016

Compte rendu de Ines Zebdi

Ce numéro d’Orients Stratégiques, sous la direction de Sébastien Wesser, docteur en études anglophones et consultant en relations internationales, présente une analyse des relations du royaume avec des pays clés comme le Yémen, le Pakistan ou encore Israël, et aborde ses relations historiques avec la France et les États-Unis. Dans un deuxième temps, la revue se penche sur les enjeux économiques et confessionnels auxquels les autorités sont également confrontées. Le présent article, compte rendu de la revue Orients Stratégiques, a ainsi pour but d’apporter un éclairage sur les enjeux régionaux et internationaux actuels auxquels le royaume est confronté.
L’Arabie saoudite, monarchie pétrolière, donne souvent une image d’abondance et d’influence, économique mais aussi religieuse avec la présence, sur son territoire, des deux villes saintes de Médine et de La Mecque. Vu d’Occident, le pays est également souvent perçu comme le pays des excès : religieux, avec la pratique d’un islam rigoriste, excès de répression d’une jeunesse qui souhaite s’émanciper, excès dans son jeu d’alliance internationales et dans ses luttes politiques internes. L’Arabie saoudite a, dans l’imaginaire collectif, une image qui la réduit souvent à ses puits de pétrole et ses pétrodollars dans une région instable, mais cette vision caricaturale d’un royaume mal connu des Occidentaux reflète mal la ré

http://www.lesclesdumoyenorient.com/Compte-rendu-de-la-revue-Orients-Strategiques-numero-3-annee-2016-Arabie.html

mercredi 27 avril 2016

L’Arabie saoudite et le Qatar : rôle réel ou rôle fictif dans la lutte contre le terrorisme et Daech ? | Investig'Action

L'Arabie saoudite et le Qatar : rôle réel ou rôle fictif dans la lutte contre le terrorisme et Daech ? | Investig'Action

L'Arabie saoudite et le Qatar : rôle réel ou rôle fictif dans la lutte contre le terrorisme et Daech ?

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Pour combattre le terrorisme, il est primordial de maintenir le dialogue avec les pétromonarchies du Golfe. C'est ce que répètent les dirigeants occidentaux qui multiplient les contrats juteux avec l'Arabie saoudite et le Qatar. Mais quel rôle ces deux pays ont-ils joué dans l'émergence de mouvements comme Al-Qaida et Daech ? Faut-il considérer l'action des institutions saoudiennes et qatariotes ou plutôt se pencher sur les conglomérats de familles et de clans aux intérêts parfois contradictoires ? Quel rôle idéologique a joué le wahhabisme dans la formation des groupes terroristes ? La mainmise des Etats-Unis sur l'or noir du Golfe a-t-il influencé ce courant religieux pour donner lieu à un islamisme anglo-saxon sanctifiant la violence et le culte de l'argent ? Comment le monde arabe et musulman pourra-t-il renouer avec le progrès scientifique, culturel et social ? Maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales, Bruno Drewski examine le rôle des pétromonarchies dans cette guerre contre le terrorisme qui déchire le globe avec en trame de fond, un soi-disant choc des civilisations. (IGA)


N'étant pas spécialiste des pétromonarchies arabes, c'est en tant que chercheur géopolitiste et analyste des questions géo-culturelles dans un monde soumis désormais au pilonnage de l'idéologie du clash des civilisations que je vais intervenir ici.
Si, au départ, l'idéologie politique proclamée par Abd el Wahhab constituait une réaction de repli compréhensible face à la décadence de l'islam ottoman et à l'influence en expansion des pays colonisateurs, très vite la montée du royaume des Saoud puis la création du Qatar et d'autres monarchies dans la péninsule arabique fut gérée par le colonialisme anglais puis son successeur anglo-américain. Ce qui entraîna le fait que ces entités s'engagèrent avec les moyens grandissant que leur procuraient les revenus pétroliers placés dans les circuits du capitalisme planétaire dans la lutte contre les mouvements arabes favorables à la renaissance d'une dynamique de développement autocentré. Acceptant depuis la guerre d'Afghanistan de 1979 de devenir le financeur des mouvements de diversion chargés d'affaiblir le militantisme patriotique arabe concentré sur le drame palestinien.
Ces terrorismes successifs de diversion, tous en partie financés à partir des États du Golfe, touchant Afghanistan, Algérie, Yougoslavie, Irak, etc. connurent une accélération avec le mal nommé « printemps arabe » qui démultiplia les actions de terreur d'abord dans le monde arabe et en Afrique (Libye, Mali, Nigeria, Cameroun, Syrie, Irak, Yémen, etc.). Conflits alimentés par l'afflux d'armes et de combattants financés par des princes du Golfe, en premier lieu d'Arabie saoudite et du Qatar. Deux monarchies par ailleurs rivales et voulant chacune jouer un rôle clef dans la refonte du « Grand-Moyen Orient » bushien puis post-bushien, en s'appuyant d'un côté sur la puissance nord-américaine en crise et d'un autre sur la masse de jeunes plus ou moins musulmans, précarisés par la généralisation des politiques de démantèlement des acquis sociaux et de développement national. Face à la dégradation des services publics et éducatifs, une masse d'argent s'est déversée pour créer jusque dans les banlieues du monde occidental, des réseaux où l'idéologie au pouvoir à Riyad et à Doha s'est répandue. Une idéologie déconnectée de perspectives de progrès social et offrant une vision individualiste, simpliste, faite d'interdits et de fascination pour une consommation et une convoitise morbides, fussent-elles repoussées dans un au delà pour lesquels leurs promoteurs n'ont pas de compte immédiat à rendre.
Qui rendre responsable des financements terroristes ?
Tous les réseaux éducatifs, informatiques, médiatiques et politiques financés à partir des pétromonarchies ont été mis en branle pour lancer vers les Etats arabes encore indépendants des masses de jeunes souvent désoeuvrés et sans avenir sur terre. Deux royaumes du désert ont entretenu, avec l'appui tacite voire actif de leurs protecteurs occidentaux et alliés, les départs de ces jeunes désespérés, mal éduqués ou peu éduqués de plusieurs dizaines de pays vers la Syrie dans le but de mettre à bas, coûte que coûte, un Etat qui avait maintenu, malgré quelques hésitations au début des années 2000 et quoiqu'on pense de son fonctionnement, une politique d'indépendance, de non endettement et de développement auto-centré. Etat qui refusait en plus de devenir le corridor gazier vers l'Europe au service des pétromonarchies et de Tel Aviv. La multiplication des fonds privés et publics en provenance du Golfe finançant les guerres de Libye, de Syrie, d'Irak, du Yémen, etc. a donné naissance à une nébuleuse takfiriste dont Daech est le produit le plus visible. Danger qui menace désormais aussi l'équilibre des trônes pétromonarchiques.
Mais il faut savoir que ces monarchies ne constituent pas en fait de vrais États mais un conglomérat de cercles familiaux et tribaux en concurrence permanente les uns avec les autres et ayant tous accès à des richesses immenses quoique désormais menacées et contrôlant des réseaux de charité, de formation et donc de recrutement qu'ils utilisent tant pour combattre des gouvernements qu'ils jugent « impies », car refusant en fait le culte de l'argent-roi, que pour se concurrencer les uns les autres. Dans ce contexte là, il est inutile de chercher les responsabilités au niveau des seules institutions officielles de ces monarchies mais il faut les chercher au niveau des réseaux auxquels elles ont donné naissance, avec la bénédiction de la puissance nord-américaine qui a accordé par le traité de Quincy sa protection non pas à l'État saoudien, une fiction, mais à la famille des Saoud, dans ses multiples clans et sous clans. Puissance qui, avec son relai britannique constitue le lieu de dépôt des avoirs des princes du pétrole et des pétromonarchies dont l'indépendance budgétaire, et donc nationale, devient du coup purement fictive.
Question à poser sur les origines du terrorisme dans sa version « islamiste »
Si le terrorisme est un phénomène universel qui s'est développé dans le monde entier, entre l'attentat de la gare de Bologne commis par l'extrême droite italienne aux attentats suicides inventés par les Tigres tamouls à Sri Lanka1, il trouve toujours ses justifications dans un terreau social et culturel spécifique. Dans le cas du monde musulman, on remonte souvent pour l'analyser aux origines de ce qu'on appelle le wahabisme d'un côté, les manipulations coloniales d'un autre. C'est ainsi que certains auteurs arabes n'hésitent pas à considérer Abdul Wahab comme un espion anglais qui aurait été démasqué par le contre-espionnage ottoman et la famille Saoud comme les descendants de juifs expulsés de Médine par le prophète de l'islam pour avoir trahi le pacte d'alliance qu'ils avaient signé et qui se vengeraient aujourd'hui de leur humiliation en pervertissant l'islam de l'intérieur2. Ces hypothèses n'ont pas été soutenues par des recherches scientifiques incontestables et ne peuvent donc être retenues jusqu'à preuve du contraire, mais elles témoignent de la profonde division du monde musulman à l'égard du phénomène que constitue les monarchies pétrolières puritaines d'Arabie. Nous devons donc bien analyser les éléments idéologiques au pouvoir dans ces entités si nous voulons comprendre l'éventuelle tolérance qui se manifeste en leur sein, et pas seulement au niveau des pouvoirs officiels, envers les activités terroristes.
Ce qu'on appelle le wahhabisme, que d'autres appellent salafisme, ou islam cherchant un retour aux bons comportements des premiers musulmans, et ce que d'autres encore appellent takfirisme ou islam excommunisateur, a incontestablement d'abord constitué une réaction face à la dégénérescence du monde islamique sunnite et de sa dynamique culturelle, sociale, politique, philosophique et scientifique depuis au moins les Almohades et la destruction de Bagdad par les Mongols. Réaction a priori logique, voire légitime, apparue dans la province tout à fait éloignée et périphérique du Nedj, en Arabie orientale où l'on a observé l'émergence de cet islam à la fois de repli identitaire et de simplicité bédouine mais contenant en lui également ce qui allait devenir dangereux avec son expansion et son enrichissement matériel :
  • Clanisme et tribalisme de type ethnocentrique pouvant déboucher sur un opportunisme politique sans principes,
  • Simplisme philosophique et artistique pouvant favoriser les tendances à l'éradication de tout facteur de culture, de science, de civilisation et de progrès.
Une sorte de tendance à la vengeance du monde nomade face au monde sédentaire, comparable au comportement des nomades mongols au moyen-âge devant toutes les civilisations établies sur leurs pourtours. La conquête des territoires arabiques plus évolués que le Nedj, le Hasa, les terres des Chammar, le Hedjaz et finalement l'Asir yéménite allait donner aux Saoud l'occasion de multiplier les razzias, les massacres de civils dans le but de terroriser les populations qu'ils intégraient à leur nouveau royaume, avec l'accord du colon anglais qui, dans le même temps, utilisait voire créait sur les bords du Golfe persique un chapelet de monarchies de pacotille qui lui étaient inféodées, entre autre celle du Qatar3. Ces nouvelles entités sans véritable lien avec l'histoire politique arabe et musulmane antérieure éprouvaient sans doute plus qu'une ignorance envers l'histoire et la culture mais une véritable haine qui a commencé à surgir dès les années 1930 à l'égard des habitudes, des écrits et des monuments de la première ère islamique, et de tout ce qui l'avait précédé depuis la haute Antiquité. Le respect à l'égard du savoir accumulé et des monuments historiques manifesté depuis 1400 ans par tous les musulmans a soulevé la haine de ces nouveaux puritains des déserts arabiques qui ressemblaient au puritanisme de leurs épigones néo-chrétiens du Far West américain décidés à éradiquer toute trace de culture et de religiosité antérieure, amérindienne comme européenne. On peut donc considérer que la première vague de vandalisme qui a succédé à la conquête de La Mecque par les Saoud dans les années 1930 constitue, même si elle a semblé s'assagir ensuite jusque dans les années 1990, un des fondements récurrents existant au sein des courants musulmans liés aux monarchies du Golfe. Ce dont Daech ou An Nosra mais aussi tous les mouvements du même type répandus aujourd'hui dans le Sahel constituent une réémergence techniquement modernisée.
Comme nous l'avons indiqué plus haut, il ne faut pas forcément voir dans les gouvernements des pétromonarchies un agent d'exécution systématique des politiques terroristes car nous avons affaire à des réseaux familiaux et claniques démultipliés et en concurrence permanente. Il y a bien entendu tout d'abord la concurrence entre la très nombreuse famille des Saoud et la grenouille qatariote qui, assis sur une immense bulle de gaz, souhaite en profiter pour devenir plus grosse que le bœuf de Riyad, mais il y a aussi en-dessous, les rivalités entre princes nés de mères différentes et donc ayant des allégeances tribales différentes et qui vont puiser dans l'islam qu'ils croient « salafiste » ce qui leur permet de mieux excommunier, « takfiriser », leurs adversaires, « mécréants » comme « apostats » mais aussi leurs concurrents, en s'appuyant sur leurs propres réseaux de complicités au sein des puissances de l'OTAN dont les élites ont eu tendance à verser dans l'affairisme à courte vue depuis le triomphe du « libéralisme sans frontières » d'après guerre froide.
Islamisme anglo-saxon ?
Si le takfirisme puise ses sources dans une certaine interprétation réductrice de l'islam, il est, comme tout phénomène historique et social, avant tout le fruit de son temps, c'est-à-dire de l'ère de l'hégémonie culturelle du cercle anglo-américain qui a pénétré le monde arabe autant par le biais de l'ARAMCO et des nombreuses bases militaires occupées par l'US Army que par le biais de Hollywood et de sa culture binaire et violente. Culture née de la réforme néo-protestante puritaine qui a été à la source du capitalisme le plus radical, par sa pleine réhabilitation de l'usure, son culte du salut individuel ne devant plus dépendre des œuvres mais de la seule foi, d'une pratique purement ritualiste et aussi de la réinterprétation d'une vision du peuple élu par simple caprice divin en faveur d'âmes, de tribus et d'un peuple choisi bénéficiant de mannes célestes apportant un bien-être matériel justifié aux élus de ce dieu là. Cette lecture pragmatique et terre-à-terre de la Bible dont on trouvait les prémices dans l'interprétation messianique active et proto-sioniste4 élaborée au sein du judaïsme depuis le Moyen-âge européen a donné naissance à la puissance coloniale britannique puis à la Manifest Destiny anglo-américaine, ensuite au sionisme moderne et enfin à la conviction que la distribution des richesses, en particulier celle des hydrocarbures dans le monde arabe, était le signe d'une bénédiction divine en faveur de « croyants » qui auraient tiré le gros lot dans un islam désormais perçu comme un grand casino au main d'un dieu sévère, arbitraire, capricieux et paternaliste.
Cette évolution utilitariste et opportuniste de la religion qui n'était pas forcément inéluctable dans le discours puriste wahhabite originel a rejoint l'opportunisme bourgeois, mercantile et pragmatique exporté d'Amérique du nord. Complété d'ailleurs souvent par l'errance d'une partie des chefs des Frères musulmans qui, renonçant à leur combat anticolonial et donc anti-impérialiste, avaient concentré à partir du milieu des années 1950 leur activités contre leurs concurrents directs, les régimes progressistes tiers-mondistes plus indépendants qu'eux à l'égard des métropoles du monde.
Ceux qu'on allait nommer les « islamistes », les promoteurs d'une renaissance politique de l'islam, s'engluèrent donc, sauf dans le cas iranien, libanais et pour une grande part palestinien5, dans un conservatisme social qui allait être exploité par les grandes puissances conservatrices d'Occident6. Décidées à mettre un terme aux tentatives de révolutions sociales et socialistes, à la mobilisation palestinienne, à la résistance visant l'entité coloniale créée en 1948 pour couper en deux le monde arabe, musulman et tout le tiers-monde et aussi au dynamisme nouveau né de la révolution islamique en Iran.
Formation et désinformation
Les rapports de wikileaks7 ont démontré que des sommes colossales ont été dépensées par le royaume des Saoud pour le financement de milliers d'organisations, mosquées, écoles, rencontres, conférences à travers le monde entier, le Qatar n'étant pas en reste, en particulier, par exemple, dans les banlieues françaises. C'est ainsi que le Conseil de la Sharia de Grande-Bretagne a été financé par les Saoud tandis que le trésor US a découvert que l'argent du Qatar avait permis à de nombreuses recrues takfiristes de rejoindre la Syrie en guerre8. A une époque où un ministre français pouvait d'ailleurs annoncer à ses jeunes compatriotes et urbi et orbique son président « ne méritait pas de vivre sur terre » et que « An Nosra faisait du bon boulot en Syrie »9 !
Alors que ces royaumes n'avaient rien contre le chiisme conservateur du Shah d'Iran ou de l'ancien souverain du Yémen qu'ils préféraient aux républicains, fussent-ils sunnites, la révolution islamique en Iran, partie des bases de la société, a provoqué chez eux un tel choc et un sentiment de menace que c'en est devenu une obsession qui se prétend anti-chiite mais qui vise en fait toute tendance révolutionnaire optant pour le développement autonome des peuples du monde musulman. Le conflit chiite-sunnite a été inventé ou réinventé en fait pour couvrir et légitimer les politiques contre-révolutionnaires, laïques ou religieuses.
L'objectif étant de créer un « cordon sanitaire » visant à préserver au moins les sunnites de toute tentative d'imaginer une théologie de la libération islamique ou un mouvement d'émancipation laïc remettant en cause les structures sociales nées de l'économie rentière centrée sur les hydrocarbures et favorisant la tertiarisation d'une économie soumise de fait à l'économie usuraire mondialisée contraire à l'esprit et à la lettre de l'islam.
Tous les investissements éducatifs faits de par le monde par les pétromonarchies ne visent en revanche pas forcément à la promotion de ce qu'on appelle injustement l'« islam radical », car il s'agit bien au contraire de promouvoir un islam socialement conservateur. Beaucoup d'élèves de ces écoles soutiennent l'idée d'une soumission à l'égard des pouvoirs et d'une séparation stricte mais passive d'avec la société environnante si celle-ci n'est pas soumise aux stricts dogmes en vigueur en Arabie saoudite ou au Qatar. Tous ceux qui s'appellent des salafistes ne sont donc pas décidés à mener un combat armé, c'est parfois tout le contraire. Mais, comme dans le cas des « Ikhwans », les partisans les plus extrémistes du wahhabisme des premières années du royaume des Saoud, il existe dans les pays du Golfe et chez leurs protégés, de façon récurrente au sein des mouvances politiques, claniques, tribales et familiales, des partisans d'une résurgence de l'esprit de ce qu'ils considèrent à tort comme le « jihad » et qui vise à détruire physiquement toute forme de « corruption sur terre », dans une logique binaire très proche de la vision du monde qui se dégage des Westernd'origine et des séries télévisées hollywoodiennes.
On doit donc d'abord, avant de parler de double-jeu de la part des pétromonarchies, prendre conscience du fait que celles-ci ne constituent pas des véritables structures étatiques mais un réseau de familles ayant un accès plus ou moins direct au pouvoir et qui jouissent de leur propre autonomie et de moyens économiques importants. Réseaux qui ne s'étendent pas seulement aux Etats dont ils sont les sujets et/ou les gestionnaires mais qui débordent souvent vers l'ancienne métropole coloniale britannique, vers la City, d'où, par ce biais, ils ont atteint les rivages d'Amérique où ils ont aussi étendu leurs réseaux de complaisances, de liens d'affaire et d'affairisme, et désormais d'affinités idéologiques, par-dessus les différences formelles entre religions monothéistes. Beaucoup de princes du Golfe sont actionnaires des grands groupes financiers ou du secteur militaro-industriel transnational basés dans les pays anglo-saxons, ce qui conditionne leurs intérêts et donc aussi beaucoup de leurs décisions politiques10. Ce qui explique les convergences visibles qu'ils ont avec les USA et désormais avec Tel Aviv11, autre base d'exportation d'armes et de formations sécuritaires désormais transnationale12, visant à s'opposer à d'autres pouvoirs musulmans, en Irak, en Syrie, en Iran, en Algérie, en Mauritanie, au Yémen, en Indonésie ou au Tadjikistan.
Aujourd'hui, il est devenu clair que, pour beaucoup de dignitaires et de notables pétromonarchistes, les cercles néoconservateurs, sionistes chrétiens et sionistes tout court d'outre-Atlantique, d'Europe occidentale et du Moyen-Orient sont devenus leurs partenaires dans la lutte contre les Etats et les mouvements politiques qui souhaitent maintenir un développement économique et culturel plus auto-centré. Il ne faut donc pas forcément chercher l'ennemi et le promoteur du terrorisme au niveau des seuls Etats ni dans tous les courants qui se disent salafistes, car certains sont « pacifistes » ou tout au moins politiquement passifs, et il ne faut pas non plus se limiter à les chercher dans des réseaux qui seraient uniquement « musulmans », mais bien voir que ce que l'on considère comme une Internationale de la terreur est en fait un réseau de réseaux qui a implanté des clones et trouvé des appuis dans différents pays, dans différents systèmes étatiques, dans différents systèmes idéologiques et religieux se complétant mutuellement, s'entraidant tout en se concurrençant aussi parfois, selon la logique du marché libre, non faussé et sans frontières. Logique productrice par ailleurs à l'échelle mondiale de masses de jeunes désespérés et déscolarisés que l'on peut exploiter sur le mode du nouveau mercenariat de bandes terroristes et d'armées privées. Qu'il faut d'ailleurs dans l'intérêt du système-monde dominant prendre en main avant qu'ils n'aient envie de se rebeller contre leurs propres pouvoirs. Le monde arabe, y compris l'Arabie saoudite, sont remplis de jeunes sans avenir, à la fois fascinés par le clinquant de la société bourgeoise occidentale de la convoitise et formés dans une vision rigide d'un islam qui n'a en fait jamais existé tels qu'ils le conçoivent, ni dans ses premiers temps ni plus tard mais qui constitue une invention réactive face à la modernité et plus encore à la post-modernité constituant un phénomène réactionnaire visant les idées des Lumières et de progrès.
Depuis la première guerre d'Afghanistan, ce néo-islamisme a visé à détruire systématiquement, politiquement, idéologiquement, militairement, culturellement, tous les Etats et tous les courants politiques autochtones qui échappaient à sa logique binaire socialement conservatrice et méfiante devant l'essor du savoir et de la science dite profane …Alors même que l'islam ne fait en principe pas de différence entre sciences religieuses, sciences exactes et sciences humaines, l'une devant abreuver l'autre, ce que les télécoranistes et téléfatawistes du Golfe, qui sont le plus souvent de véritables clones du télévangélisme inventé outre-Atlantique, ne peuvent imaginer car ils se sont réduits à n'être, au moins depuis 2011, plus que des rabatteurs pour les mouvements terroristes et les armées mercenaires. Créés d'abord en Irak après l'occupation américaine de 2003, lorsque l'ancien promoteur des escadrons de la mort d'Amérique centrale, John Negroponte, fut nommé au poste d'ambassadeur US en Irak.
Le monde arabe et musulman ne pourra renouer avec le progrès culturel, scientifique et social que le jour où il aura scié les branches pétromonarchistes sur lesquelles ses élites sont assises et qui pourrissent sa culture, sa foi, sa jeunesse, son énergie et ses capacités de développement. Pour le plus grand profit de la base israélienne plantée comme un poignard au cœur du monde arabe par l'impérialisme basé aux Etats-Unis et devenu aujourd'hui culturellement et économiquement quasi-totalement destructif et stérile.
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Notes :
1 Voir < http://www.lapenseelibre.org/2016/04/n-109-sri-lanka-les-annees-rajapaksa-entre-triomphe-et-desastre.html >; < http://www.lapenseelibre.org/article-entretien-avec-jean-pierre-page-sur-le-sri-lanka-79682753.html > ; < http://www.globalresearch.ca/operation-gladio-cia-network-of-stay-behind-secret-armies/9556 > ; Daniele Ganser, Les armées secrètes de l'OTAN, Gladio et Terrorisme en Europe de l'Ouest, Éditions Demi-Lune ; Frédéric Laurent, L'Orchestre Noir, Stock, 1978.
2 Voir entre autre, < http://www.yabiladi.com/forum/saoud-rois-juifs-d-arabie-saoudite-2-5608585.html > ; < http://infomuslim.over-blog.com/les-origines-juives-de-la-famille-al-saoud > ; < https://croyancesunnite.wordpress.com/2010/09/24/pour-decouvrir-le-complot-lisez-les-confessions-de-l%E2%80%99espion-anglais-hempher-qui-avait-ete-charge-de-la-mission-de-diviser-l%E2%80%99islam-de-l%E2%80%99interieur-il-raconte-comment-il-a-infilt/ >, consultés le 01/12/2015
3 < http://www.lesclesdumoyenorient.com/Ibn-Saoud-et-la-naissance-du-1642.html > ; < https://en.wikipedia.org/wiki/Ikhwan > consultés le 01/12/2015
4 Voir Youssef Hindi, Occident et islam – Sources et Genèses messianiques du sionisme de l'Europe médiévale au choc des civilisations, Sigert, 2015. Ouvrage qui montre que l'idée sioniste a pu être formulée dès le Moyen-âge au sein du judaïsme mais qu'elle y est restée longtemps très minoritaire. Ouvrage qui ne démontre pas en revanche qu'il existe un lien automatique entre les trois phases de l'idée messianique sioniste, médiévale, néo-protestante et moderniste laïque et qui a tendance à laisser penser qu'il y a eu transmission secrète et organisée par le biais d'organisations, comme la franc-maçonnerie, qui font souvent fantasmer ceux qui négligent l'analyse des bases matérielles et sociales des processus historiques et spirituels.
5 Il s'agit du Djihad islamique palestinien et de l'aile militaire du Hamas à Gaza, Al Qassam, qui ont refusé de rompre leurs coopérations avec le Hezbollah libanais et l'Iran malgré les pressions venues de Turquie et des pétromonarchies qui veulent les amener à cesser leur résistance à l'occupation au nom d'une menace chiite fantasmée.
6 Sur l'islam comme théologie de la libération, voir Faris Esack < https://www.youtube.com/watch?v=HVIB8ftKfLs >
7 Voir < http://www.nytimes.com/2015/07/17/world/middleeast/wikileaks-saudi-arabia-iran.html?smid=fb-share&_r=3 >, consulté le 01/12/2015
8 < http://www.courrierinternational.com/article/2014/09/30/le-club-med-des-terroristes >, consulté lé 01/12/2015
9 Voir Laurent Fabius, < http://www.atlantico.fr/pepites/laurent-fabius-bachar-al-assad-ne -meriterait-pas-etre-terre-453229.html >; < http://www.comite-valmy.org/spip.php?article4542 >
10 Voir : < https://books.google.fr/books?id=mqobBAAAQBAJ&pg=PT157&lpg=PT157&dq=saoud+militaro-industriel+carlysle&source=bl&ots=1R0pj16nMv&sig=ZCMqpNisPK56pD0cADSDF4x1Bso&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiUtJ6XsY3MAhXMWRoKHdydCAYQ6AEIODAE#v=onepage&q=saoud%20militaro-industriel%20carlysle&f=false > ; < http://arretsurinfo.ch/vers-une-revision-des-priorites-saoudiennes-en-matiere-de-designation-de-lennemi-principal-liran-ou-daech/ > ; < http://secretebase.free.fr/complots/organisations/carlyle/carlyle.htm >
11 < https://blogs.mediapart.fr/patrice-coste/blog/070615/alliance-israel-saoud-contre-liran > : consulté le 01/12/2015
12 < http://www.jpost.com/Defense/Israeli-defense-exports-hit-record-high-320850 > ; < http://michelcollon.info/Israel-exporte-son-savoir-faire-en.html > ; < http://www.legrandsoir.info/guantanamo-israel-exporte-son-savoir-faire-pour-gerer-la-greve-de-la-faim.html >
Source: Le blog de la pensée libre


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