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vendredi 30 décembre 2016

une lettre du pape François aux chrétiens d’Orient. Extrait :


Le 23 ddécembre, le Saint-Siège a publié une lettre du pape François aux chrétiens d’Orient. Extrait :
« La plupart d’entre vous vit dans un milieu à majorité musulmane. Vous pouvez aider vos concitoyens musulmans à présenter avec discernement une image plus authentique de l’islam, comme le veulent beaucoup d’entre eux, lesquels répètent que l’islam est une religion de paix qui peut s’accommoder du respect des droits humains et favoriser la cohabitation entre tous. »
Aussi vertueux et chrétien que soit ce postulat papal, il reste comme constat que les chrétiens d’Orient discernent mal le respect des droits humains et la cohabitation entre tous en terre d’islam. Ils n’ont, aujourd’hui, le choix qu’entre la conversion, l’exil ou la mort !
Loin de moi l’idée de souhaiter que François ait repris le flambeau d’Urbain II qui avait provoqué la croisade pour porter secours aux chrétiens d’Orient maltraités par les Turcs seldjoukides. On ne peut, en effet, demander au pape de surenchérir sur l’hérésie belliqueuse et d’ajouter du mal au mal. Mais cet abandon par le chef spirituel et politique de l’Église catholique laisse à l’évidence un goût amer.
Au Moyen-Orient, ils sont aujourd’hui 11 millions parmi 320 millions de musulmans, et pour survivre, ils cherchent partout une protection que les Occidentaux, par veulerie et lâcheté, se refusent à leur apporter avec une réelle détermination.
Parmi tous les infortunés, le pape lui-même a fait le choix de ramener avec lui des réfugiés non point chrétiens mais musulmans. Une belle leçon de philosophie humaniste qu’Érasme aurait appréciée.
Pour être louable, cette démonstration de charité chrétienne laisse la chrétienté dans la perplexité et le doute sur le sort réservé aux malheureux laissés-pour-compte là-bas ou ici.
Cette amertume est d’autant plus forte que les Européens vivent de plus en plus mal l’hégémonie de l’islam en terre majoritairement chrétienne.
Veuillez excuser cette philosophie de comptoir, mais si nous inversions les rôles ?
Peut-on, aujourd’hui, imaginer un pays musulman, avec sa « religion de paix qui peut s’accommoder du respect des droits humains et favoriser la cohabitation entre tous », où les chrétiens demanderaient que les cantines servent du porc, que l’abattage ne soit pas halal, que les femmes puissent avoir les cheveux au vent et porter jupes courtes et talons hauts ?
Peut-on, aujourd’hui, imaginer un pays musulman dans lequel 10 à 15 % de la population serait chrétienne et que, dans cette minorité, certains assassinent, égorgent, décapitent, immolent des musulmans au nom de la sainte Bible et du Christ, sans que cela ne se traduise par une révolte et du sang ?
Tel n’est pas le cas des chrétiens d’Orient qui n’égorgent personne, ne réclament rien, si ce n’est de vivre en paix dans les pays dans lesquels ils résident depuis l’origine du christianisme.
Hélas, cette espèce en voie de disparition sera comptabilisée dans les dommages collatéraux des méandres de l’histoire des religions.
Pardonnez ce syllogisme, mais les Européens ne réclament rien d’autre chez eux, si ce n’est le respect de leurs mœurs et religion issues d’une civilisation helléno-judéo-chrétienne que beaucoup vomissent désormais, comme si elle était évacuée d’une cloaca maxima.
« Pater dimitte illis non enim sciunt quid faciunt » 1
Notes:
  1. Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. ↩
http://www.bvoltaire.fr/richardpascal/le-pape-et-les-chretiens-dorient-chronique-dun-renoncement,302468

lundi 26 septembre 2016

En Jordanie, un écrivain chrétien a été assassiné - La Croix

En Jordanie, un écrivain chrétien a été assassiné - La Croix

En Jordanie, un écrivain chrétien a été assassiné


L'écrivain-journaliste Nahed Hattar a été assassiné à Amman alors qu'il devait comparaître devant un tribunal pour avoir publié sur son compte Facebook une caricature moquant Daech et sa vision de Dieu. Bien avant, l'homme suscitait la controverse. Décryptage.


ZOOM
 Des manifestants brandissent le portrait de Nahed Hatter, à Fuheis en Jordanie, le 25 septembre 2016. / Khalil Mazraawi/AFP

Les faits

La Jordanie, pays arabe plutôt modéré, n'est pas épargnée par l'extrémisme religieux. C'est ce que démontre l'assassinat dimanche 25 septembre de l'écrivain jordanien Nahed Hattar, 56 ans. Il a été tué alors qu'il montait les marches d'un tribunal d'Amman où il était jugé pour avoir publié une caricature considérée comme offensante envers l'islam. Gravement blessé à la tête, il est décédé à l'hôpital.
Selon des témoins, l'assassin présumé, un homme barbu, portant une thobe (tunique traditionnelle) de couleur grise a tiré sur la victime avant de se rendre aux policiers présents devant le tribunal.
> À Lire : Pour le roi de Jordanie les chrétiens sont une composante constitutive du pays
De religion chrétienne, le chroniqueur avait été arrêté le 13 août après avoir relayé sur son compte Facebook une caricature – dont l'auteur est inconnu – montrant un djihadiste barbu sur un lit au paradis entouré de deux femmes s'adressant à Dieu comme à un simple serviteur. Il lui demandait d'apporter un verre de vin et des noix de cajou et lui ordonnait d'amener quelqu'un pour nettoyer la chambre, avant de lui faire remarquer qu'il devait frapper à la porte avant d'entrer.
La caricature avait pour titre : « Dieu des Dawaech », en allusion aux djihadistes de Daech. Mais au vu des réactions violentes sur les réseaux sociaux, l'écrivain avait retiré la caricature peu de temps après, tout en expliquant « qu'elle moquait les terroristes et leur conception de dieu et du paradis. Elle ne porte en aucun cas atteinte à la divinité de dieu. »
Nahed Hattar avait cependant été accusé par les autorités jordaniennes d'« incitation aux dissensions confessionnelles » et d'« insulte » à l'égard de l'islam, qui interdit toute représentation de Dieu.
> À lire : Jordanie : les islamistes reviennent au Parlement

Qui est Nahed Hattar ?

L'écrivain assassiné était un opposant de gauche au régime jordanien, connu aussi pour son soutien au régime syrien de Bachar Al Assad. Après son arrestation en août, il avait été libéré début septembre sous caution et le procureur général avait imposé un black-out sur cette affaire. Ce n'était pas la première fois que Nahed Hattar avait maille à partir avec la justice. Il avait déjà été emprisonné dans le passé pour avoir critiqué le roi de Jordanie, dans des articles publiés sur Internet.
Peu après la publication de la caricature sur le Web, le journaliste avait été violemment pris à partie pour son athéisme, alors qu'il est chrétien.
Dans une région où les tensions religieuses sont exacerbées, la Jordanie est un pays où les chrétiens sont bien intégrés et où la liberté de culte est assurée. Par ailleurs, le royaume se veut à la pointe du dialogue islamo-chrétien.
Les chrétiens jordaniens seraient entre 3,5 à 4 % de la population du royaume. Ils disposent de neuf sièges réservés, sur 80, au Parlement. Deux chrétiens sont appointés par le roi pour siéger au Sénat. Nombre d'entre eux occupent des postes de ministres, depuis 1947.
Ils sont essentiellement établis à Amman, Salt (nord) et Madaba (sud), où une université catholique a ouvert ses portes en 2011. Une communauté ancienne subsiste également à Karak. Au nord, Shatana est un village intégralement catholique.

Un assassinat plutôt motivé par des raisons politiques

Nahed Hattar était un personnage très controversé en Jordanie. Selon l'écrivain Fahad al Khitan, interrogé sur la télévision qatarienne Al Jazeera juste après son arrestation en août, ses adversaires auraient profité de l'affaire de la caricature « pour se venger de ses déclarations politiques souvent offensantes et controversées. »
En effet, il affichait ouvertement ses sympathies pour le président syrien Al Assad et décrivait ceux qui critiquaient le gouvernement syrien de « terroristes » ou de « sympathisants terroristes ».
Plus grave, il se faisait le porte-parole de ceux qui veulent priver les Jordaniens d'origine palestinienne de leurs droits légaux et civiques en Jordanie – la population d'origine palestinienne représente près de 70 % de la population du pays. Hussein de Jordanie – père de l'actuel roi Abdallah –, aura été le seul dirigeant arabe à accorder la nationalité de son pays aux Palestiniens. Nahed Hattar se faisait l'avocat d'une citoyenneté jordanienne exclusive, sans sa composante palestinienne.
Agnès Rotivel



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