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jeudi 16 novembre 2017

PAKISTAN - Manifestation d’islamiques radicaux réclamant l’exécution d’Asia Bibi

PAKISTAN - Manifestation d’islamiques radicaux réclamant l’exécution d’Asia Bibi


Islamabad (Agence Fides) – Exécution capitale pour Asia Bibi, la chrétienne condamnée à mort pour blasphème et en attente d’une décision de la Cour Suprême ; démission du Ministre de la Justice, Zahid Hamid ; libération de responsables religieux islamiques détenus : telles sont quelques-unes des requêtes avancées par les groupes islamiques radicaux Tehreek-i-Labbaik Ya Rasool Allah Pakistan et Sunni Tehreek qui ont, depuis des jours, lancé une protestation publique contre le gouvernement pakistanais dans les rues d’Islamabad. Selon ce qu’a appris l’Agence Fides, dans le prêche de vendredi dernier des imams proches des groupes radicaux, devant quelques 3.000 manifestants, ont été envisagés des attaques violentes, y compris contre les membres de la famille du Ministre de la Justice ou envers ceux qui sont accusés de blasphème. L’an dernier déjà, rappelle à Fides Maître Sardar Mushtaq Gill, avocat chrétien lui aussi victime de menaces, « quelques 150 chefs religieux radicaux avaient invité le gouvernement à exécuter Asia Bibi à l’occasion de l’audience relatif à son cas. L’extrémisme islamique se représente sur la scène politique » relève-t-il.

Au cours de ces jours derniers, la police a intimé aux activistes de libérer immédiatement l’Avenue Jinnah, grande artère d’Islamabad où les manifestants avaient organisé un rassemblement non autorisé.
Suite aux attaques terroristes enregistrées ces dernières années, les grandes assemblées publiques au Pakistan sont interdites par la loi. Les manifestants se sont alors transférés dans d’autres zones de la ville, dont un parc destiné à accueillir des protestations légitimes et pacifiques. La protestation a éclaté suite à la controverse dérivant de l’approbation de la loi électorale 2017, qui prévoit de modifier la formule de prestation de serment des candidats à des charges publiques. Dans une formule citant le prophète Mahomet, l’expression « je jure solennellement » devient « je crois » pour préserver la présence et le credo de candidats non musulmans. La controverse, à caractère spécifiquement politique, a été immédiatement prise par les groupes radicaux comme une offense à la religion islamique et au caractère islamique de la République du Pakistan. Aux vues de la présentation d’un recours devant la Haute Cour d’Islamabad, la mesure a été suspendue par la Cour. (PA) (Agence Fides 14/11/2017)

mercredi 8 juin 2016

Deux sœurs luttent contre la radicalisation au Liban

 Emmanuel Haddad (à Beyrouth), le 08/06/2016 à 8h59
En prison et dans les quartiers sensibles, les sœurs Yamout utilisent une approche psychosociale pour prévenir ou guérir la radicalisation des jeunes.

Depuis 2009, les sœurs Nancy et Maya Yamout fouillent les racines psychosociales de l’extrémisme. / Emmanuel Haddad
« Au Liban, le Hezbollah veut détruire les sunnites. C’est pourquoi nous combattons l’armée, qui est aux mains du parti chiite. On vise d’abord à défendre notre quartier, Bab el-Tebbaneh, et si Dieu le veut, à établir un califat islamique. » Quand il prononce ces mots, Oussama Mansour, pistolet à la ceinture, assis sous un drapeau noir salafiste dans son quartier sunnite paupérisé de Tripoli, est l’ennemi public numéro un du Liban.
Un mois plus tard, en avril 2015, il était abattu par les forces de police libanaises engloutissant son rêve de califat. Des jeunes radicalisés comme Oussama, le Liban, du fait de la proximité de la guerre en Syrie, en compte de plus en plus.

« Un cycle de haine que nous avons voulu briser »

Depuis 2009, les sœurs Nancy et Maya Yamout fouillent les racines psychosociales de l’extrémisme. Leur terrain ? La prison centrale de Roumieh, où elles multiplient les entretiens avec des individus accusés de terrorisme.
« Un ancien élève de notre école est parti combattre en Syrie et s’est fait tuer. Puis, un autre s’y est rendu pour le venger. C’est un cycle de haine que nous avons voulu briser », expliquent-elles, en insistant sur un point : « Le terrorisme n’a pas de nationalité, ni de religion. »

Les différents profils psychologiques des terroristes

Au sein de leur ONG Rescue Me, elles offrent un soutien psycho-social aux détenus extrémistes de Roumieh et préviennent la radicalisation des jeunes à risque hors de prison. Inspirées par Raymond Hamden, le psychologue médico-légal qui a supervisé leur recherche universitaire, elles reprennent son travail sur les différents profils psychologiques des terroristes : « Il en définit quatre. Le psychopathe, l’ethno-géographique, qui se divise en deux, celui qui combat soit pour une idéologie religieuse, soit politique, et le terroriste en quête de rétribution. Ce dernier type peut être réinséré. L’an dernier, nous avons réussi à en faire sortir un de Roumieh. Aujourd’hui, il est chauffeur pour une ONG », se félicitent-elles.
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Oussama Mansour s’était fait le héraut des sunnites opprimés. « Un profil plus dur à désamorcer », avouent-elles. Complexe, son parcours illustrait aussi la tendance de certains terroristes à adopter une identité négative pour combler un échec personnel.
À 18 ans, bien avant de tirer sur l’armée, il a failli devenir soldat. « Il trouvait l’officier en charge de son instruction cruel et injuste. Il a quitté l’armée sans finir sa formation, empli de colère », rappelle Hachem Dalati, un journaliste local. Peu après, il rencontre deux personnes qui vont changer sa vie : Hussein Sabbagh, cheikh salafiste, fait son éducation religieuse. Le cheikh radical syrien Omar Bakri le formera au djihad armé.

Les « pêcheurs » du recrutement

Un classique dans le parcours de radicalisation : « Les ’’pêcheurs’’, ces cheikhs qui recrutent pour le djihad, jouent sur les émotions des jeunes en perte de repères », assurent Maya et Nancy, qui se rendent souvent dans le quartier défavorisé Hayet el-Gharbi de Beyrouth pour donner aux jeunes les outils psychosociaux pour éviter l’embrigadement.
Ahmed, jeune Tripolitain de classe moyenne, en a été la victime : « Un cheikh jordanien, rencontré à la mosquée, m’a dit que les gens mourraient en Syrie et qu’on devait les défendre. Je me suis senti coupable de ne rien faire, alors j’ai suivi une formation au combat et je me suis rendu à la frontière », témoigne-t-il trois ans après. Finalement, il n’a pas pris part au combat et tente de reprendre sa vie là où il l’avait laissée.

Le laisser-faire de l’autorité religieuse

Derrière ce recrutement, le laisser-faire de Dar el-Fatwa, l’autorité religieuse sunnite, est pointé du doigt. Malek el-Chaar, mufti du Nord, récuse : « Quand un politicien paye un cheikh radical pour manipuler les habitants d’un quartier pauvre et les recruter pour le djihad, Dar el-Fatwa est impuissant », dit-il.
Farouche opposant aux cheikhs radicaux de Tripoli, le cheikh Majd el-Anjar croit savoir comment les désarmer : « Ils profitent de l’émotion des jeunes face aux violences du régime de Bachar Al Assad contre sa population. Ce qu’il faut, c’est mettre fin à cette injustice et à la crise en Syrie : la radicalisation des jeunes cessera aussitôt. »
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Le terrorisme au Liban vient principalement de Daech
« Au Liban, nous sommes dans une période de transition politique, sans président depuis deux ans. Ce qui accroît les risques de déstabilisation », explique le ministre de l’intérieur, Nouhad Machnouk. Le terrorisme, précise-t-il, vient principalement de Daech. Et aussi, selon lui, du camp palestinien de Eïn El-Helweh, près de Saïda, au sud du pays où les djihadistes se sont infiltrés. « Les terroristes fonctionnent d’une façon jusque-là inédite au Liban. Ils n’ont pas de réseaux, ils travaillent à plusieurs, sans se connaître, ce qui rend plus difficile le travail des services de renseignement. »
Emmanuel Haddad (à Beyrouth)

http://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Deux-soeurs-luttent-contre-la-radicalisation-au-Liban-2016-06-08-1200767164

dimanche 22 novembre 2015

Que prêchent les mosquées radicales que Bernard Cazeneuve veut "dissoudre" ?

Que prêchent les mosquées radicales que Bernard Cazeneuve veut "dissoudre" ?

Que prêchent les mosquées radicales que Bernard Cazeneuve veut "dissoudre" ?



Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Un fidèle prie à la mosquée de Cherbourg (illustration)

par Clémence Bauduin
Bernard Cazeneuve a annoncé dimanche 15 novembre, dans le 20 heures de France 2, qu'il voulait "dissoudre" les mosquées qui prêchent un discours radical. Ces mosquées radicales se trouvent sur le territoire français, elles se distinguent des mosquées traditionnelles par leurs pratiques et rendent certains jeunes plus vulnérables à la radicalisation.
"Il y aura une délibération en conseil des ministres, la dissolution des mosquées dans lesquelles des acteurs appellent ou profèrent la haine. Tout cela doit être mis en oeuvre dans la plus grande fermeté", a déclaré le ministre de l'Intérieur.

Combien de mosquées radicales en France ?

Selon Le Figaro, le ministère de l'Intérieur en recensait 89 sur le sol français il y a quelques mois. Ces mosquées se trouvent "surtout dans les zones défavorisées où des ghettos se sont créés : les quartiers nord de Marseille, Vénissieux, certaines villes de banlieue parisienne", détaille l'imam d'Alfortville, Abdelali Mamoun, qui mène un combat total contre l'islam radical. "La cible des mosquées radicales est un terreau qui subit la discrimination et qui est facilement enrôlable".

Que prônent-elles ?

Les mosquées radicales prônent un discours fondamentaliste. "Elles considèrent comme hérétique toute idéologie d'intégration théologique qui impliquerait de la démocratie. Leur idée théocratique est fondée sur la charia qui implique notamment prohibition des sources de loisirs et tenues vestimentaires drastiques", explique l'imam.
Un discours très simpliste de la religion qui parle aux plus ignares
Abdelali Mamoun, imam d'Alfortville
"C'est de ce discours que découle un repli communautariste, lequel rend les jeunes vulnérables à la radicalisation". Car les mosquées radicales, salafistes, ne sont qu'une étape intermédiaire vers le terrorisme. "Les salafistes ne sont pas violents, ils sont pacifistes. Ce qu'ils désavouent, c'est l'Occident. Les salafistes ne sont pas des terroristes", tient à préciser Abdelali Mamoun. Ces mosquées salafistes constituent ainsi une menace à moyen terme.

"Le vrai danger, l'étape ultime, c'est le takfirisme (idéologie selon laquelle l'affaiblissement de la communauté des croyants provoque l'éloignement de la religion, ndlr), qui permet aux jeunes de basculer vers la violence", indique l'imam. Le takfirisme pousse le jeune à jeter l'anathème : le jeune désavoue alors les nations, leurs armées et les accords passés avec l'Occident. C'est l'idéologie de Boko Haram, AQMI, Daesh ou encore AQPA (Al-Qaïda dans la péninsule arabique), bien qu'ils n'aient pas les même commanditaires.

Renforcées au fil du temps

"Depuis plus de dix ans, on a laissé se développer une communauté salafiste islamique radicale en France, en Europe, en considérant qu'à partir du moment où il n'y avait pas de jihad, il n'y avait pas de danger. Cette communauté s'est développée, elle est extrêmement solide et très bien organisée avec des mouvements comme Sharia for Pakistan, Sharia for Holland, etc. Tout cela est devenu plus secret, plus souterrain mais se renforce", exposait Samuel Laurent, consultant international, auteur de L'État islamique (Ed. Seuil) dans La Dépêche.

Les mosquées radicalisées, plus fortes qu'internet ?

"On a l'impression qu'on essaie de découpler les deux : à la mosquée, on apprend l'islam modéré et sur internet l'islam radical. C'est faux. Aujourd'hui, les mosquées sont responsables car dans toutes, on trouve des noyaux durs. La mosquée n'a pas besoin d'un imam salafiste pour contenir des salafistes. Ces derniers sont honnis par les fidèles modérés mais ils prospèrent. Le recrutement n'est donc pas virtuel. Il est dans nos villes, dans nos cités. Il y a véritablement des cellules, des mouvances qui favorisent cette éclosion", poursuit Samuel Laurent auprès de La Dépêche.

Le danger des "mosquées radicales passives"

Les mosquées radicales ne sont pas la seule étape favorable à la radicalisation. L'imam d'Alfortville insiste sur le danger que représentent ce qu'il appelle "les mosquées radicales passives" et qui sont, selon lui, les plus dangereuses. Les imams de ces mosquées consulaires "sont des bledards qui n'ont rien en commun avec les jeunes", décrit Abelali Mamoun. Ainsi, en ne les intégrant pas, elles contribuent à leur repli. Alors le jeune se tourne vers ceux que l'imam qualifie de "prédateurs" : des hommes qui l'orientent vers des milieux plus radicaux. Dans ces zones de confort, "on lui lit tout ce qu'on veut, on lui interprète ce qu'on veut" à lui, qui, le plus souvent, ne parle pas l'arabe. Le discours employé dans les mosquées radicales est "un discours très simplistes de la religion qui parle aux plus ignares", selon Abdelali Mamoun.

"Dépourvu de conscience", le jeune se radicalise

Ainsi, si le salafisme ne plonge pas le jeune dans la violence, il le rend vulnérable. "Comme il aime le risque et éprouve le besoin de se venger de la société, alors le jeune trouve l'islam comme étendard pour se venger" dans les lieux de cultes tenus par ces "prédateurs". "Il devient dépourvu de conscience". Ce nettoyage spirituel passe par une instruction "très structurée" : "Le jeune a accès a des livres qui lui donnent une idée très précise du bien et du mal". Pour eux, impossible d'être Français et musulman en même temps. "On leur dit alors "si vous choisissez d'être Français, vous subirez la punition divine et la damnation. Si vous choisissez la religion vous atteindrez le paradis. Pour cela, je vais vous faciliter le chemin : le martyr. Vous aurez droit à 70 ou 1.000 vierges selon votre bravoure". En fait, le mal est l'Occident, le bien est l'islam. Voilà ce qu'on leur inculque". 

Quels sont les profils des individus qui les fréquentent ?

Essentiellement la jeunesse. "Il n'y a pas de personnes qui ont un minimum de savoir dans ces mosquées. Pour se faire enrôler dans ce genre de doctrine, il y a souvent un passif familial chaotique, des difficultés scolaires, puis professionnelles. L'individu n'obtient aucune réussite professionnelle, il n'a pas forcément de logement, ne peut donc pas se marier, il devient un paria de la société. À la fin, la seule porte qui lui est ouverte est celle des prédateurs qui guettent à l'arrière des mosquées". 

Les solutions

"Malheureusement, nos instances (religieuses, ndlr) ne sont pas françaises mais étrangères, gérées par Rabat, Alger et Istanbul. Il est important que l'État nous aide à mettre en place des organismes, nous immunise de cette ingérence extérieure et nous laisse organiser le culte à la sauce française et qu'on ait un islam de France", développait le 16 novembre Abdelali Mamoun à l'antenne de RTL.

"Il faut donner un grand coup dans la fourmilière", préconise Abdelali Mamoun. "Il faut d'une part que l'État accueille ses enfants de manière égale. Mais cela ne se fait pas sans effort : il faut, d'autre part, que le jeune comprenne qu'on n'obtient rien sans effort et qu'il faut travailler pour réussir". Sur les quelque 2.400 mosquées que compte la France métropolitaine, "toutes ne sont pas forcément bien organisées", déplore l'imam. "Il faut faire un travail en amont dans les mosquées radicales passives qui s'occupent mal des jeunes".

L'imam relaie "le sentiment d'indignation de l'ensemble de la composante musulmane. Ces actes odieux ont été commis sur nos compatriotes mais surtout au nom de notre religion. On nous prend en otage. Il règne une division au sein de notre composante religieuse qui entraîne à cette radicalisation". Pour se désolidariser définitivement des actes commis par Daesh le 13 novembre, les musulmans de France se rassembleront vendredi 20 novembre à 14 heures, devant la Grande Mosquée de Paris.

Jtk