Affichage des articles dont le libellé est vatican. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vatican. Afficher tous les articles

vendredi 20 avril 2018

En Arabie saoudite, le discours clair du cardinal Tauran

, le 

À cette occasion, le cardinal français a rencontré, samedi 14 avril, le cheikh Mohammed Al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, qui avait effectué une visite au Vatican en septembre 2017
« Ce qui nous menace c’est le choc des ignorances et des radicalismes »
Le pape François reçoit le secrétaire de la Ligue islamique mondiale

« La religion peut être proposée mais jamais imposée »
Ouverture réciproque des lieux de culte

Le prince héritier d’Arabie saoudite veut « retourner à un islam modéré »



« Toutes les religions doivent être traitées de la même manière, sans discrimination, parce que leurs fidèles, tout comme des citoyens qui ne professent aucune religion, doivent être traités de la même manière », a fait remarquer le cardinal Tauran, selon des propos rapportés par L’Osservatore romano, dans une allusion au sujet toujours actuel de la « pleine citoyenneté » pour tous.
Le cardinal, qui a aussi rencontré dans une structure diplomatique des chrétiens travaillant sur place qu’il a encouragés, a également plaidé pour « des règles communes pour la construction des lieux de culte », estimant que « si nous n’éliminons pas le système de deux poids deux mesures de notre comportement en tant que croyants et qu’institutions et organisations religieuses, nous alimenterons l’islamophobie et la christianophobie ».
Un discours, certes habituel dans la bouche du président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, mais porté haut et fort pour la première fois dans la patrie du wahhabisme, l’un des courants les plus rigoristes de l’islam, où la construction d’églises demeure rigoureusement interdite.
« Ce qui nous menace tous, ce n’est pas le choc des civilisations mais plutôt le choc des ignorances et des radicalismes, a-t-il rappelé. Ce qui menace le vivre-ensemble c’est avant tout l’ignorance ; donc, se rencontrer, se parler et construire quelque chose ensemble sont autant d’invitations à rencontrer l’autre et cela signifie également nous rencontrer nous-mêmes. »
« Les leaders spirituels ont un devoir : celui d’éviter que les religions soient au service d’une idéologie et être capable de reconnaître que certains de nos coreligionnaires, comme les terroristes, ne se comportent pas correctement, a également déclaré le cardinal Tauran. Le terrorisme représente une menace constante, c’est pourquoi nous devons être clairs et ne jamais le justifier. Les terrorismes veulent démontrer l’impossibilité du vivre-ensemble. Nous croyons exactement le contraire. Nous devons éviter l’agression et le dénigrement. »
Il a aussi rappelé que « tout dialogue interreligieux authentique commence par la proclamation de sa propre foi ».
« Nous ne disons pas que toutes les religions se valent, a-t-il précisé, mais que tous les croyants ceux qui cherchent Dieu et toutes les personnes de bonne volonté qui n’ont pas d’affiliation religieuse, sont d’égale dignité. Chacun doit être laissé libre d’embrasser la religion qu’il veut. »
« La religion peut être proposée mais jamais imposée, et ensuite acceptée ou refusée », a-t-il aussi souligné, rappelant qu’« il y a des radicalismes dans toutes les religions ».
« Les fondamentalistes et les extrémistes sont sans doute des personnes zélées mais qui ont malheureusement dévié d’une compréhension solide et sage de la religion, a-t-il développé. De plus, elles considèrent ceux qui ne partagent pas leur vision comme des mécréants qui doivent se convertir ou être éliminés afin de maintenir la pureté. »
« Ce sont des personnes égarées qui peuvent facilement tomber dans la violence au nom de la religion, y compris dans le terrorisme, a-t-il continué. Elles sont convaincues, par un lavage de cerveau, qu’elles sont en train de servir Dieu. La vérité c’est qu’elles se font seulement du mal à elles-mêmes, en détruisant les autres et en ruinant l’image de leur religion et de leurs coreligionnaires. C’est pourquoi ils ont besoin de notre prière et de notre aide. »
Le cardinal Tauran a également plaidé pour l’ouverture réciproque des lieux de culte, rappelant que les Lieux saints chrétiens « en Terre sainte, à Rome ou ailleurs ainsi que les nombreux sanctuaires aux quatre coins du monde » étaient « toujours ouverts à vous, nos frères et sœurs musulmans, aux croyants des autres religions et également à toutes les personnes de bonne volonté qui ne professent aucune religion ».
« Dans de nombreux pays, même les mosquées sont ouvertes aux visiteurs (et) cela est le genre d’hospitalité spirituelle qui aide à promouvoir la connaissance et l’amitié mutuelle et à combattre les idées reçues », a-t-il précisé, dans un pays où les non-musulmans sont bannis des Lieux saints de l’islam.

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/En-Arabie-saoudite-discours-clair-cardinal-Tauran-2018-04-17-1200932291

jeudi 23 mars 2017

«Le terrorisme est signe d’une perte des valeurs en Europe », déclare le bras droit du pape - La Croix

«Le terrorisme est signe d'une perte des valeurs en Europe », déclare le bras droit du pape - La Croix
«Le terrorisme est signe d'une perte des valeurs en Europe », déclare le bras droit du pape

Alors que le pape François reçoit vendredi 24 mars les chefs d'État et de gouvernement des États membres de l'Union européenne, réunis dans la capitale italienne à l'occasion du 60e anniversaire du traité de Rome, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, a accordé un entretien au quotidien italien La Stampa le 22 mars.
Dans cet entretien, le cardinal Parolin suggère de se référer aux discours des protagonistes du 25 mars 1957, date de la signature à Rome de deux traités (1) pour créer la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA ou Euratom).
L'esprit des pères fondateurs, souligne-t-il encore, n'était pas tant de « créer une nouvelle structure supranationale », que de donner vie à une communauté partageant ses ressources. « Aujourd'hui, il est nécessaire de repenser l'Union européenne comme une communauté en chemin et non comme une entité statique et bureaucratique. »

Rome, symbole du christianisme

Les discours de 1957 aident aussi à comprendre « à quel point le patrimoine chrétien était perçu alors comme un élément fondamental sur lequel construire la Communauté économique européenne. »
À lire :En 1957, une Italie heureuse signe le traité de Rome
« Le cœur du projet européen, selon les pères fondateurs, était la vie culturelle, religieuse, juridique, politique et humaine sur laquelle l'Europe s'est construite au cours des siècles, rappelle le cardinal Parolin. Rome a été choisie comme lieu de signature précisément pour cette raison. »

Plus de politique

Pour retrouver l'esprit des pères fondateurs, le secrétaire d'État du Saint-Siège prône « plus de politique, au vrai sens du mot. Malheureusement, aujourd'hui, la politique est réduite à des réactions, à des recherches de soutien électoral. »
Interrogé sur la montée des populismes en Europe, il considère que le populisme est « le signe d'un malaise profond en Europe, aggravé par les effets persistants de la crise économique et la question de la migration. Les populismes sont une réponse partielle à des problèmes complexes. »

« Reléguer toujours plus le christianisme dans la sphère privée »

Par ailleurs, depuis soixante ans, selon le secrétaire d'État du Saint-Siège, on a cherché à « reléguer toujours plus le christianisme dans la sphère privée ». Du coup, il a fallu rechercher « d'autres dénominateurs communs, plus concrets en apparence, mais qui ont conduit à des sociétés de plus en plus fragmentées et à une perte des valeurs ».
À lire : François Hollande rencontrera le pape François vendredi 24 mars au Vatican
Cette perte des valeurs a largement contribué, selon le « numéro 2 » du Saint-Siège, à l'apparition du terrorisme fondamentaliste. « Les jeunes pâtissent dramatiquement des conséquences de ce vide : ne trouvant pas de réponses à leurs quêtes légitimes du sens de la vie, ils cherchent des substituts », déplore-t-il. Avant d'ajouter que le terrorisme doit être combattu « pour rendre à l'Europe et à l'Occident en général, cette âme perdue dans les fastes de la société de consommation ».
(1) Ces deux traités, entrés en vigueur le 14 janvier 1958, furent signés entre l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.