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samedi 24 mars 2018

23-3-2018
L’aviation turque aurait détruite la tombe de St Maroun, fondateur de l’Eglise Maronite, a annoncé la Direction Générale des Antiquités en Syrie ce jeudi.
Dans cette province d’Afrin, les bombardements turcs avaient déjà endommagé le site hittite d’Ein Dara en janvier dernier. Ce site, daté d’environ 3 000 ans avant Jésus Christ a été détruit à 60%.

Selon la DGA syrienne, l’aviation turque aurait ainsi pris pour cible le site archéologique de Brad, situé à 15 kilomètres de la ville d’Afrin, au Nord Ouest d’Alep. Ce site classé par l’UNESCO comme patrimoine mondial de l’Humanité depuis 2011, inclus de nombreuses églises byzantines et romaines. Le bombardement aurait fait de nombreux dégâts et aurait détruit un certain nombre de structures dont la fameuse tombe de St Maroun, découverte par une équipe française seulement en 2002.
Moine chrétien syriaque ayant vécu à la fin du IVe et au début du Ve siècle, Saint Maroun est un saint des Églises « chalcédoniennes », fêté le 9 février par l’Église maronite et le 14 février par l’Église orthodoxe. Le 9 février est fête nationale chômée au Liban.
La patrimoine syrien a connu d’innombrables dommages en ces années de guerre civile, notamment avec la destruction de plusieurs centaines de sites historiques par différences millices dont Daesh, certaines pour des raisons idéologiques comme Palmyre, d’autres en raison des pillages en faveur de la contrebande.
Ces destructions interviennent alors que l’Armée Turque et ses milices supplétives donc certaines comportent d’anciens éléments de Daesh ou encore des unités paramilitaires d’extrême droite des Loups Gris turcs poursuivent leurs offensives militaires contre la milice kurde des YPG dans la province d’Afrin.
https://libnanews.com/syrie-laviation-turque-detruit-la-tombe-du-saint-fondateur-de-leglise-maronite/

lundi 12 février 2018

Pour avoir profané une statue de la Vierge, deux jeunes Libanais sont condamnés à... lire le Coran

Une juge du Liban-Nord décide d’administrer à deux jeunes musulmans une leçon de religion islamique, la considérant plus efficace que l’emprisonnement.
Claude ASSAF | OLJ
12/02/2018
L’emprisonnement n’est pas toujours la peine optimale propre à sanctionner un délit, ou à convaincre son auteur de la gravité de son infraction, ou encore à le dissuader de récidiver. C’est du moins ce qui semble être l’avis de Jocelyne Matta, juge d’instruction du Liban-Nord, qui a été chargée jeudi de se prononcer sur une affaire de profanation d’une statue de la Vierge Marie perpétrée par deux jeunes habitants du Akkar.
La magistrate a choisi d’administrer à ces derniers une leçon de religion et de morale plutôt que de recourir à la mesure conventionnelle de l’incarcération, jugeant que pour lutter contre l’atteinte aux croyances religieuses, les mesures alternatives d’instruction et de rééducation sont plus efficaces que la privation de liberté.
Dans les faits, et selon des avocats présents jeudi à l’audience, « deux garçons (de confession musulmane) de 17 et 18 ans, élèves de l’école technique de Mounjez (un village chrétien du Akkar), se sont introduits, il y a une dizaine de jours, dans l’église de leur établissement. Ils ont entrepris d’y arracher une statue de la Vierge avant de l’embrasser sur les lèvres, adoptant à son encontre des comportements obscènes ». Les deux adolescents ne se sont pas contentés de se filmer pendant qu’ils s’adonnaient à leurs agissements, mais au moyen de leurs comptes WhatsApp, ils ont diffusé la vidéo auprès de leurs camarades de classe.
Appréhendés par la police, les profanateurs ont été déférés au parquet, qui, à son tour, les a transférés devant la juge d’instruction. 

Lire, retenir et réciter
Voulant faire prendre conscience aux jeunes garçons de la faute commise, la juge a eu recours à un exemplaire du Coran qu’elle conserve toujours dans son bureau, sur lequel prêtent serment des témoins qu’elle convoque lors de l’instruction d’affaires. Afin de leur montrer l’importance de la place que tient Marie dans l’islam, la juge Matta a recherché dans le recueil la sourate intitulée al Omrane, selon laquelle la mère de Jésus est l’une des créatures de Dieu les plus pures. La magistrate juge leur a lu les versets en question et leur a enjoint de les lire, les retenir et les lui réciter. Les élèves ont par la suite été vus à la porte du bureau de la juge d’instruction, au Palais de justice de Tripoli, s’appliquant à apprendre par cœur les passages sacrés, aidés en cela par une personne en charge des prévenus mineurs, et surveillés étroitement par la police. Une fois leur « peine » purgée, ils ont exprimé leurs regrets avant d’être relâchés par la juge. 

Une première
Cette décision pédagogique plutôt qu’une mesure conservatrice d’arrestation pure et simple constitue une première dans la pratique de la justice libanaise, affirme-t-on de source judiciaire. Pourtant, le code de procédure pénale, dans son article 111, autorise le juge d’instruction à remplacer l’incarcération d’un prévenu par toute autre mesure qu’il estime adéquate. Forte de ce texte, Mme Matta a entendu s’en servir. 
Elle a aussi décidé d’écarter l’arrestation pour une autre raison évidente : ne souhaitant pas que les jeunes accusés s’imaginent que la décision qu’elle allait rendre aurait une dimension confessionnelle et serait motivée par des considérations religieuses – sachant que la juge d’instruction est elle-même de confession chrétienne, elle a choisi la méthode didactique en utilisant les enseignements de leur propre religion, leur faisant ainsi réaliser que leurs agissements constituent une offense autant à l’islam qu’au christianisme.
La décision inédite de la magistrate a été favorablement accueillie dans les différents milieux politiques et religieux. Le Premier ministre, Saad Hariri, l’a décrite, dans un tweet, comme constituant « le summum de la justice et un moyen de transmettre les concepts que musulmans et chrétiens ont en commun ». L’ancien Premier ministre Nagib Mikati l’a considérée, pour sa part, comme « un exemple à suivre, construit sur la tolérance, l’instruction religieuse juste et le respect des autres ».

Contacté par L’OLJ, Mgr Georges Abou Jaoudé, évêque maronite de Tripoli, s’est félicité de la décision rendue, estimant qu’ « elle privilégie la conscientisation des jeunes, dont le comportement démontre souvent l’ignorance ». Il indique, à cette occasion, qu’en collaboration avec le mufti de Tripoli, le cheikh Malek Chaar, il a créé une commission composée de différents responsables de son évêché et de dignitaires musulmans, chargés d’éveiller les jeunes de la région sur l’importance du dialogue entre eux.

Le cheikh Chaar, joint également par L’OLJ, affirme une fois de plus que « l’islam condamne toute atteinte aux croyances religieuses ». « Les religions célestes doivent être protégées », affirme-t-il, ajoutant que, pour lui, « un musulman n’a pas le droit d’exercer de pression contre des personnes ayant une croyance différente de la sienne ni contre les éléments sacrés de toutes les religions ».

Pour en revenir à l’application des peines alternatives, on rappelle que l’avant-projet de la réforme du code pénal, présenté en mai dernier par le président de la commission de l’Administration et la Justice, Robert Ghanem, préconise, pour les délits passibles de moins d’un an de prison, de substituer à la mesure d’emprisonnement un travail social et d’intérêt commun. Une manière d’éviter la désocialisation de l’individu et de le dissuader de nuire à nouveau.


Pour mémoire


https://www.lorientlejour.com/article/1099532/pour-avoir-profane-une-statue-de-la-vierge-ils-sont-condamnes-a-lire-le-coran.html

dimanche 28 mai 2017

Pourquoi Daech s'en prend aux Chretiens Coptes

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Mis à jour le 28/05/2017 

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué samedi 27 mai l’attaque perpétrée la veille dans le centre de l’Égypte contre des chrétiens qui a fait 29 morts dont de nombreux enfants.
Vendredi, des assaillants armés et masqués à bord de trois pick-up avaient attaqué deux bus qui conduisaient leurs passagers au monastère de Saint-Samuel, dans la province de Minya, à plus de 200 km au sud du Caire. Ils ont ensuite pris la fuite.
La branche égyptienne de Daech, implantée dans la péninsule du Sinaï et en Libye voisine, mène depuis plusieurs mois une campagne contre la minorité copte. Elle avait déjà revendiqué des attentats suicide contre deux églises coptes qui avaient fait 45 morts au nord du Caire début avril. Une autre attaque suicide contre une église en plein cœur de la capitale avaient fait 29 morts en décembre.

Daech rejette toute autre religion que l’islam sunnite

Les coptes sont la communauté chrétienne la plus importante et l’une des plus anciennes du Moyen-Orient. Ils représentent entre 7 % et 10 % des 90 millions d’Égyptiens. Ils se prévalent avec raison d’une existence antérieure à celle de l’Islam, sur les bords du Nil.
En s’attaquant directement à cette population, Daech manifeste son rejet de toute religion autre que l’islam sunnite, une hostilité déjà manifestée en Irak. Les djihadistes cherchent aussi à désolidariser les chrétiens du reste de la communauté nationale.
Ils veulent en outre affaiblir le régime en soulignant son incapacité à assurer la sécurité sur son territoire. Depuis trois ans, la communauté copte soutient en effet explicitement le président Abdel Fattah al Sissi, y compris dans sa lutte contre les Frères musulmans et contre le djihadisme.

Les premières funérailles


L’attaque de vendredi est survenue en outre dans un pauvre où la coexistence entre musulmans et chrétiens est plutôt conflictuelle. Les tensions religieuses peuvent recouvrir des conflits d’ordre économique, foncier et social.

Dès vendredi 26 et samedi 27 mai, des milliers de personnes ont assisté aux funérailles de huit victimes de l’attaque dans le village de Deir El Jernous. Selon des témoins, lors de l’attaque, une dizaine d’hommes ont mitraillé les deux bus qui conduisaient leurs passagers au monastère de Saint-Samuel, dont l’un transportait presque exclusivement des enfants.
L’attaque a fait 28 morts selon le ministère de la santé, cité par la télévision d’État, dont un « grand nombre » d’enfants. D’autres sources parlent de 35 morts.
En réponse, les forces égyptiennes ont frappé des camps d’entraînement djihadiste à Derna, en Libye voisine, a annoncé la télévision d’État. Des témoins sur place ont parlé de quatre frappes ou de huit frappes sur cette ville, aux mains d’une milice proche d’Al-Qaida.
« L’Égypte n’hésitera pas à frapper les camps d’entraînement terroristes partout, sur son sol comme à l’étranger », a assuré le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Mais de nombreux chrétiens de la région de Minya ne se sentent plus en sécurité.

Le pape dénonce une « attaque barbare »

Al-Azhar, prestigieuse institution de l’islam sunnite basée au Caire, a condamné l’attaque qui a eu lieu à la veille du début du Ramadan, le mois de jeûne musulman. Le grand imam Ahmed Al Tayyeb l’a qualifiée d'« inacceptable » et affirmé qu’elle visait à déstabiliser l’Égypte. L’Église copte a, elle, appelé « à prendre des mesures pour prévenir ces incidents qui ternissent l’image de l’Égypte ».
Quelques heures après l’attentat, le Pape a adressé un télégramme au président Al-Sissi, signé comme toujours par le cardinal Pietro Parolin. Selon le Secrétaire d’État du Saint-Siège, le Pape a été profondément affligé par cette « attaque barbare », « un acte de haine insensé » qui a provoqué la mort de nombreux Égyptiens. Le Pape y exprime d’ailleurs sa sincère solidarité avec tous ceux qui ont été touchés par cette « atrocité ». Il promet enfin « de continuer à intercéder pour la paix et la réconciliation dans tout le pays ».
François s’était rendu il y a un mois au Caire, notamment pour manifester sa solidarité aux coptes d’Égypte.
Jean-Christophe Ploquin



À SUIVRE : Daech s’attaque une nouvelle fois aux coptes d’Égypte
http://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Pourquoi-Daech-sen-prend-chretiens-dEgypte-2017-05-27-1200850590
Pourquoi Daech s'en prend aux Coptes