lundi 7 juillet 2014

Des musulmans rejettent le nouveau « calife » autoproclamé | La-Croix.com

Des musulmans rejettent le nouveau « calife » autoproclamé | La-Croix.com

Le « calife » Abou Bakr Al-Baghdadi prêche dans une mosquée de Mossoul dans une vidéo de propagande diffusée samedi 5 juillet.

Le chef de l'État islamique en Irak au Levant (EIIL), Abou Bakr Al-Baghdadi, désigné par son groupe « calife », est apparu samedi 5 juillet pour la première fois dans une vidéo postée sur des sites djihadistes, appelant tous les musulmans à lui « obéir ».

Son appel a été filmé vendredi, lors d'un prêche dans une mosquée de Mossoul, deuxième ville d'Irak (nord) conquise lors de l'offensive lancée par ses combattants le 9 juin en Irak.

« Je suis le wali (le chef, le guide, NDLR) désigné pour vous diriger, mais je ne suis pas meilleur que vous ; si vous pensez que j'ai raison, aidez-moi et si vous pensez que j'ai tort conseillez-moi et mettez-moi sur le droit chemin », dit-il, turban noir sur la tête et vêtu d'une abaya noire. « Obéissez-moi tant que vous obéissez à Dieu en vous ».

Monde sunnite divisé

Le « calife » est le titre donné aux successeurs du Prophète de l'islam, Mohammed, chargé de diriger le monde musulman. Toujours issus de familles arabes proches de la famille ou de la tribu de Mohammed, les califes sont progressivement marginalisés à partir du XIe siècle au profit des sultans. Alors que le dernier calife est encore en vie, Mustapha Kémal, premier président turc, abolit le califat en 1924.

Mais la légitimité du nouveau « calife » autoproclamé est largement contestée. Pour l'heure, seuls quelques groupes de combattants en Syrie lui ont manifesté leur soutien.

En Irak, l'association des oulémas a indiqué que l'État islamique n'avait « consulté ni les habitants d'Irak, ni ceux de Syrie » en proclamant le califat. Et en Arabie saoudite, le quotidien Al-Riyadh, proche du pouvoir, a écrit que le califat était « réduit à une personne à la tête d'une organisation terroriste ».

Désormais, c'est au tour de l'influent prédicateur qatarien d'origine égyptienne, Youssef Al-Qaradaoui, grande figure de la confrérie des Frères musulmans, de condamner l'initiative.

« La démarche viole la charia »

« Nous souhaitons l'avènement du califat le plus tôt possible, mais la démarche de l'État islamique viole la charia et a des conséquences dangereuses sur les sunnites en Irak et sur la révolte en Syrie », a-t-il déclaré au nom de l'Union mondiale des oulémas musulmans qu'il préside, rapporte l'AFP.

Le titre du calife doit être « accordé par la nation musulmane entière », rappelle le prédicateur dont la confrérie revendique, elle aussi, le leadership sur le monde sunnite…

Interrogé par Radio Vatican, le chef de cabinet du mufti du Liban et directeur de Dar-el-Fatwa, Mohamed Nokari estime lui aussi que le chef de l'EEIL n'est pas « habilité à exercer cette fonction ».

« C'est un groupe fermé, venu pour faire la guerre, dont la majorité des membres vient peut-être de l'Europe et qui n'est pas en contact avec les autorités religieuses », avance ce spécialiste du droit islamique, par ailleurs très investi dans le dialogue islamo-chrétien au Liban.

Semer le trouble

« Un système califal fondé sur le terrorisme ne peut être reconnu par les musulmans. 99 % d'entre eux ne sont pas d'accord avec ce système. Même des mouvements salafistes et djihadistes sont opposés à l'EEIL », assure Mohamed Nokari, en s'interrogeant sur l'avenir de cet « État islamique » qui ne sera reconnu « ni par les pays arabes ni par les pays occidentaux ».

« Peut-être leur intention est-elle de semer le trouble dans les pays arabes et de casser leurs frontières ? Mais je ne crois pas qu'ils vont atteindre leurs objectifs ».

Le responsable libanais qualifie par ailleurs de « déviations très graves de l'islam » les atteintes commises contre plusieurs églises chrétiennes à Mossoul - démontage des croix notamment. « Ceci est contraire au traité (dhimma en arabe, d'où le nom de dhimmis donné entre autres aux chrétiens dans le monde musulman, NDLR) conclu par le Prophète avec les chrétiens », souligne-t-il.



Envoyé de mon Ipad 

dimanche 6 juillet 2014

Le Liban vit au rythme des menaces jihadistes - Jeanine JALKH - L'Orient-Le Jour 4/7/2014

Le Liban vit au rythme des menaces jihadistes - Jeanine JALKH - L'Orient-Le Jour

Le Liban vit au rythme des menaces jihadistes

Entre la menace brandie contre les églises du Liban, la promesse de libération imminente faite aux prisonniers islamistes de Roumieh par leurs « frères » du Front al-Nosra et la perspective d'autres cellules dormantes ou en activité, le Liban frissonne et s'attend au pire.

Le renforcement des mesures sécuritaires autour de plusieurs bâtiments considérés comme « vulnérables » – les QG des FSI et de la Sûreté générale, ainsi que le ministère de l'Intérieur – reflète on ne peut mieux la tension et la peur qui règnent depuis quelques mois dans le pays.

Alors que nombre d'observateurs croyaient que la menace jihadiste était exclusivement dirigée contre les chiites et les milieux proches du Hezbollah, les convictions ont basculé hier après la menace formulée par les «Brigades des sunnites libres de Baalbeck » de s'en prendre aux églises du Liban si leurs cloches venaient à sonner.
Même si l'on hésite encore dans certains milieux à prendre au sérieux cette menace, surtout que personne ne détient à ce jour des informations précises sur ce groupuscule, les instances sécuritaires n'écartent pas la possibilité de voir les membres de cette formation passer à l'action.

(Lire aussi: Les menaces des Brigades des sunnites libres de Baalbeck contre les chrétiens « ne sont pas sérieuses », estime une source sécuritaire)


Une source sécuritaire autorisée reconnaît qu'à ce jour, les seules informations que les autorités détiennent sont les multiples revendications faites par ces brigades qu'aucun autre groupuscule n'est venu démentir à ce jour, ce qui laisse croire qu'ils pourraient réellement exister et que la brigade, dont aucun membre n'a été arrêté à ce jour, n'est pas nécessairement fictive.
« Ils ont déjà revendiqué plusieurs attentats à la voiture piégée et tirs de roquettes. Rien ne les retiendra et ils pourraient bien s'en prendre aux églises », relève la source.
Selon un responsable haut placé, les soupçons sont dirigés vers les « Brigades de Ziyad Jarrah », mais l'enquête se poursuit et l'alerte est de mise.

En menaçant pour la première fois les lieux de culte chrétiens, ce groupuscule ne vise pas nécessairement une communauté précise, croit savoir le responsable. Il cherche tout simplement à saper les fondements de l'État là où il le peut afin de renflouer sa puissance en vue de maîtriser le terrain dès que possible.
Le terrorisme par définition ne peut prospérer que dans des États en faillite, comme c'est le cas en Syrie et en Irak, rappelle-t-il. Il s'en prend en premier et dernier lieu à l'État et à ses symboles qu'il veut anéantir pour pouvoir réaliser ses ambitions propres.

(Lire aussi: Une mobilisation tous azimuts des forces des l'ordre)


À ce jour, près de 20 personnes ont été arrêtées dans le cadre de la lutte antiterroriste renforcée depuis près de deux mois. Soit plus de cinq réseaux, dont quatre ont été démantelés par l'armée libanaise et plusieurs de leurs membres arrêtés, en plus de cinq commandants importants des Brigades de Abdallah déjà sous les verrous.
Hier, l'armée a de nouveau mis la main sur des charges explosives enterrées dans un terrain à Fnaydek, sur base d'informations recueillies auprès de Mahmoud Khaled, l'une des personnes arrêtées dans le cadre du réseau dirigé par Mounzer el-Hassan, toujours en fuite.

À ce jour, personne ne sait exactement combien de groupuscules ce dernier dirige et quelle est l'envergure des mouvements auxquels il fournissait armes, explosifs et soutien logistique.
« C'est la méthode israélienne des maillons télécommandés. Chacun exécute une mission sans pour autant savoir ce que fait l'autre maillon de la chaîne et qui est exactement aux commandes supérieures », confie une source sécuritaire.

(Pour mémoire : L'armée saisit des explosifs au Akkar ; les forces de l'ordre sur le qui-vive pour le ramadan)


La question qui reste toutefois posée est de savoir quelle est l'ampleur exact de ce phénomène au Liban. Une interrogation à laquelle personne ne peut répondre à ce stade.
Selon l'expert militaire, il faut examiner le phénomène dans sa globalité et dans ses caractéristiques propres pour comprendre son importance. Il y a actuellement tout un climat social, politique et géostratégique qui le favorise, de l'Irak jusqu'au Liban, en passant par la Syrie et l'Arabie saoudite.
« Toute autorité qui utilise l'élément sécuritaire pour opprimer le peuple finit par en payer le prix », dit-il, en allusion aux méthodes utilisées par Nouri al-Maliki, notamment, qui s'est aliéné la majorité des sunnites, y compris les chefs de tribu et une bonne partie des chiites. Allusion également faite à Bachar el-Assad.

(Lire aussi: L'État islamique accusé d'avoir volé la cause du califat)



Selon ce spécialiste, la stratégie des jihadistes est la terreur couplée à la propagande. C'est la raison pour laquelle ils ne tardent jamais à signer leurs opérations en les revendiquant haut et fort. La propagande et le tapage médiatique auxquels ils recourent servent à leur conférer une plus grande envergure que celle qu'ils ont en réalité.
Ils cherchent en outre à faire parvenir à leur adversaire un message sanguinaire pour montrer leur puissance et faire pencher la balance en leur faveur, dit-il.

C'est sous cet angle qu'il faudrait peut-être comprendre l'appel lancé mercredi par l'émir du Front al-Nosra au Qalamoun, en Syrie, Abou Malek Chami, qui, dans un enregistrement sonore, a défié ouvertement l'État libanais, promettant aux prisonniers islamistes de Roumieh une « libération imminente ». Des menaces qui expliquent les mesures sécuritaires draconiennes imposées autour de ce lieu de détention depuis deux jours.
Selon une source sécuritaire, les mesures ont été prises non seulement à la lumière des récentes menaces d'al-Nosra, mais également à cause d'informations faisant état de la complicité de plusieurs prisonniers islamistes avec des jihadistes de l'extérieur. Les détenus, munis de téléphones mobiles à l'instar de la majorité des prisonniers, ont commandité plusieurs attentats et orchestré des vols et des rapts à partir de leurs cellules.

En soirée, les lumières devaient être braquées sur la manifestation à laquelle ont appelé des chefs religieux islamistes à Tripoli, une ville qui paye, depuis deux jours, le prix de son insoumission aux lois que tentent d'imposer les extrémistes. Lâchées par leurs représentants politiques sunnites au gouvernement et au Parlement depuis l'expansion du phénomène jihadiste dans le pays, les figures de proue islamistes tentent de remobiliser l'opinion publique sunnite par le biais de la rue. L'arrestation par les services de renseignements de l'armée il y a quelques jours de Abou Obeida Zahraman, accusé de terrorisme – un proche de cheikh Salem Raféi – risque d'alimenter, une fois de plus, le ressentiment contre la troupe, sans grand succès. Les Tripolitains sont d'autant plus blindés aujourd'hui qu'ils ne sont pas prêts à renoncer à la stabilité qu'ils viennent enfin de savourer. Ils ne sont pas prêts non plus à abandonner la ville aux mains des extrémistes, si l'on en croit un responsable sécuritaire.

Lire aussi
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Envoyé de mon Ipad 

jeudi 3 juillet 2014

كلام جميل في العيش المشترك اللبناني



كلام جميل في العيش المشترك اللبناني 

في مَتل بيردِّدوه إخوتنا المسلمين
وسامعو أكتَر مِن مَرَّه
وكان يستَرعي إنتباهي وهوِّ:

" الله يكَبِّر الصَّليب بهالبَلَد"!

أكيد بيقصد المَتَل إنو الصّليب ضمانِه للمَسيحيين والمسلِمين سَوا.
الخلطَه السِّحريِّه اللي خَلِّت بَلَدنا حِصرمِه بعيون المتطرّفين،
واللي لَحَدّ هَلَّق جَنّبتنا ويلات أيمَن الظّواهِريوأوساما بِن لادِن وأبو مِصعَب الزِّرقاوي ومؤخّراً أبو بَكر البَغدادي،
هَيي إنو المسيحي والمِسلِم بلبنان عايشين سَوا بفَرد بيت وفَرد مَكتَب وفَرِد مدرَسِه وَفَرد جامعَه وفَرد شارِع وفَرِد حَقلِه..

بلبنان بيتزَوَّج المَسيحي من مسلِمِه والمسلِم من مَسيحي وما بيتغَيَّرشي بِحَياتُن،
لأنو في كتير إشيا مشتَرَكِه حتّى بين الدّيانتَين.

نَحنا بزَمن رَمَضان هالشَّهر الفَضيل.
صَدّقوني بَعرِف مِسيحيّي ماسكين واجِب مَع المسلِمين وصايمين مَتلُن وهالشّي بينطِبَق كَمان عا صيام المَسيحيي وياما شايف مَسيحيي عَميِفطَرو عا ضَرب المَدفَع وياما شايِف مسلِمين بالطّابِق الأوَّل من البنايِه عَميبعَتو صَحن قَواطِع لجَيرانن المَسيحيي عالطّابِق التاني.

المَسيحي بيقول "رَمَضان كَريم" مِن كِلّ قَلبو
متل ما المِسلِم بيقول "ميلاد مَجيد" مِن كِلّ قَلبو.
لَمّا بيجينا وَلَد منفرَح سَوا
ولمّا منفقد غالي منِنعيه سَوا.

بلبنان مِنهَنّي بَعضنا بأعيادنا الدينيِّه
وياما فايت عا بيوت أصدِقاء مسلِمين وشايِف فيها شَجرِة الميلاد خَمس متورا مَع مَغارِة بيت لَحم والعَدرا ومار يوسف السلام عا إسمُن.
بتِفتَح القرآن الكَريم وبتِقرا عن مَريَم العَدرا بسِورِة مَريَم كلام بِغايِة الألوهَة بالإنجيل المقدّس نَفسو مَ بِتقراه!

طْلَعو بِالويك أند عا حيالله مَزار أو دَير أو صَومَعَه خصوصاً بالجبال بِتشوفو نِسوان مَحَجِّبِه خاشعَه أمام القِدّيسين عا مَدبَح الكنيسِه وبتشوفو المَسيحّيين مِتل المِسلِمين عَميضَوّو شموع عا نيِّة أهلُن ومَرضاهُن ومَوتاهُن.

أنا شايِف صُوَر وتَماثيل لَقدّيسين ببيوت مسلِمين أكتَر ما شايِف منها ببيوت مَسيحيِّه.
مارون عَبّود المَسيحي سَمّى إبنو محَمَّد ومسلمين كتار سّموهُن أهاليهُن أسماء مَسيحيِّه.
فوتو عا مَدارِس الرّهبان والرّاهبات والإرساليّات بلبنان وعِدّو فيها التلاميذ المسلِمين بتتفاجَأو.
لبنان بَلَد عِلماني للعَضِم رغم طائفيِّة نِظامو السياسي عَكس كِلّ الدّوَل المُحيطَه.
لبنان البَلَد الوَحيد اللي بتسمَع فيه جَرَس الكنيسِه وصَوت الأذان بعاد مِترَين عَن بَعضُن.

ميشان هَيك أنا مِش خايِف من داعِش على لبنان
ولا خايِف من أبو بَكر البَغدادي على لبنان.

هَودي كِلُّن فقّاعات صابون
ولبنان وَحدو باقي!
أروني ألفا 
المصدر :
٣/٧/٢٠١٤
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Envoyé de mon Ipad 

lundi 23 juin 2014

Les djihadistes édictent leur terrifiante loi à Mossoul

Les djihadistes édictent leur terrifiante loi à Mossoul

23/6/2014-Les djihadistes édictent leur terrifiante loi à Mossoul

VIDÉO - Depuis la prise de la ville le 11 juin dernier, l'État islamique en Irak et au Levant a instauré de nouvelles règles basées sur une interprétation très restrictive de la charia.

Le document a force de loi. Le 11 juin dernier, seulement deux jours après la prise de Mossoul, l'État islamique en Irak et au Levant a fait distribuer dans les rues de la ville une charte régissant désormais la vie d'un million et demi d'habitants. Cette «charte» tient sur une simple page recto-verso, mais les 16 articles terrifiants qui la composent en disent long sur le régime de terreur imposé par les islamistes. Cette interprétation rigoriste de la charia était déjà en cours dans le fief syrien d'EIIL, Rakka.

Dans ce bref texte, les djihadistes se présentent comme des soldats de l'islam souhaitant restaurer la gloire du califat islamique. L'argent saisi au gouvernement est désormais bien public, annonce l'un des articles. Il est désormais à la disposition des imams musulmans qui sont les seuls habilités à en disposer. La drogue, l'alcool et les cigarettes sont interdits. Les femmes sont appelées à revêtir «une tenue modeste», c'est-à-dire le niqab qui ne laisse entrevoir que leurs yeux. Elles n'ont l'autorisation de sortir qu'en cas d'extrême nécessité. Ce déplacement doit être autorisé par le père, le frère ou le mari qui l'accompagnera.

Le texte prévoit également toute une série de peines pour ceux qui dérogeraient à la nouvelle loi. Ceux qui volent ou pillent risquent ainsi l'amputation. Quiconque exerce des menaces ou se rend l'auteur d'un chantage sera lui aussi sévèrement puni. Cet article s'appuie sur un verset du Coran (Sourate 5, verset 33) selon lequel les criminels doivent être tués ou crucifiés. Quant aux apostats, ils seront exécutés en public. À ce titre, chaque musulman devra à présent effectuer les cinq prières quotidiennes à la mosquée.

Aucune contestation n'est désormais tolérée. Les manifestations publiques sont interdites au nom de l'islam. L'usage de drapeaux autres que l'emblème d'EIIL est prohibé. Les policiers et les militaires ayant servis l'ancien régime peuvent se repentir. Enfin, le texte scelle également le sort des tombes et mausolées «hérétiques». Ces derniers seront tout simplement détruits. Cette menace laisse craindre la disparition du site archéologique de Ninive, l'un des plus beaux du Moyen-Orient.



Envoyé de mon Ipad 

dimanche 22 juin 2014

Congrès sur "La liberté religieuse selon le droit international"


Congrès sur "La liberté religieuse selon le droit international"

Pape François

ROME, 21 juin 2014 (Zenit.org) - « Il est incompréhensible et préoccupant que perdurent aujourd'hui dans le monde des discriminations pour le seul fait d'appartenir à une religion précise et de la professer publiquement. Il est inacceptable que subsistent encore de véritables persécutions pour des raisons d'appartenance religieuse » : c'est la protestation du pape François devant les participants au Congrès international « La liberté religieuse selon le droit international et le conflit mondial des valeurs » ce 20 juin 2014.

Il exprime sa « douleur » de « constater que les chrétiens dans le monde subissent la majorité de ces discriminations », notant que « les persécutions contre les chrétiens sont encore plus fortes aujourd'hui que dans les premiers siècles de l'Église et qu'il y a davantage de martyrs qu'à cette époque », plus de 1700 ans après l'édit de Constantin.

Le pape François a reçu les participants au Congrès organisé à Rome par le département de droit de l'université romaine LUMSA et l'École de droit de St John's University, les 20 et 21 juin 2014.

« La raison reconnaît dans la liberté religieuse un droit fondamental de l'homme qui reflète sa plus haute dignité, celle de pouvoir rechercher la vérité et y adhérer », a-t-il souligné : « les systèmes juridiques, étatiques ou internationaux sont appelés à reconnaître, garantir et protéger la liberté religieuse qui est un droit intrinsèquement inhérent à la nature humaine et qui est aussi un indicateur d'une saine démocratie ».

Le pape a aussi précisé que « la liberté religieuse n'est pas simplement celle d'une pensée ou d'un culte privé. C'est la liberté de vivre selon les principes éthiques qui découlent de la vérité trouvée, que ce soit sur le plan privé ou public ».

A.K.

Discours du pape François

Je vous accueille à l'occasion de votre Congrès international, chers frères et sœurs. Je remercie le professeur Giuseppe Della Torre pour ses paroles courtoises.

Récemment, le débat autour de la liberté religieuse s'est fait plus intense, interpellant les gouvernements comme les confessions religieuses. L'Église catholique à ce sujet se réfère à la Déclaration Dignitatis humanae, un des documents les plus importants du concile œcuménique Vatican II.

En effet, tout être humain est un « chercheur » de la vérité sur son origine et sur son destin. Dans son esprit et dans son « cœur », jaillissent des interrogations et des pensées qui ne peuvent pas être réprimées ni étouffées, puisqu'elles émergent du plus profond de lui-même et qu'elles sont connaturelles à l'essence intime de la personne. Ce sont des questions religieuses et elles ont besoin de la liberté religieuse pour se manifester pleinement. Elles cherchent à faire la lumière sur la signification authentique de l'existence, sur ce qui la lie au cosmos et à l'histoire, et elles veulent percer l'obscurité qui entourerait l'aventure humaine si de tels problèmes n'étaient pas soulevés et restaient sans réponse. Le psalmiste dit : « A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? » (Ps 8,4-5).

La raison reconnaît dans la liberté religieuse un droit fondamental de l'homme qui reflète sa plus haute dignité, celle de pouvoir rechercher la vérité et y adhérer, et elle reconnaît en elle une condition indispensable pour pouvoir déployer toutes ses potentialités. La liberté religieuse n'est pas simplement celle d'une pensée ou d'un culte privé. C'est la liberté de vivre selon les principes éthiques qui découlent de la vérité trouvée, que ce soit sur le plan privé ou public. Ceci est un grand défi dans nos sociétés mondialisées où une pensée faible – telle une maladie – abaisse le niveau éthique général et où, au nom d'un concept erroné de la tolérance, on finit par poursuivre ceux qui défendent la vérité sur l'homme et ses conséquences éthiques.

C'est pourquoi les systèmes juridiques, étatiques ou internationaux sont appelés à reconnaître, garantir et protéger la liberté religieuse qui est un droit intrinsèquement inhérent à la nature humaine, à sa dignité d'être libre et qui est aussi un indicateur d'une saine démocratie et une des sources principales de la légitimité de l'État.

La liberté religieuse, intégrée dans les constitutions et dans les lois et traduite dans des comportements cohérents, favorise le développement de rapports de respect mutuel entre les diverses confessions et leur saine collaboration avec l'État et la société politique, sans confusion de rôles et sans antagonismes. Au lieu du conflit mondial des valeurs, devient ainsi possible, à partir d'un noyau de valeurs universellement partagées, une collaboration mondiale en vue du bien commun.

À la lumière des acquis de la raison, confirmés et perfectionnés par la Révélation, et du progrès civil des peuples, il est incompréhensible et préoccupant que perdurent aujourd'hui dans le monde des discriminations et des restrictions des droits, pour le seul fait d'appartenir à une religion précise et de la professer publiquement. Il est inacceptable que subsistent encore de véritables persécutions pour des raisons d'appartenance religieuse ! Et même des guerres ! Cela blesse la raison, menace la paix et humilie la dignité de l'homme.

C'est pour moi un grand motif de douleur de constater que les chrétiens dans le monde subissent la majorité de ces discriminations. Les persécutions contre les chrétiens sont encore plus fortes aujourd'hui que dans les premiers siècles de l'Église et il y a davantage de martyrs qu'à cette époque. Ceci se passe plus de 1700 ans après l'édit de Constantin qui accordait aux chrétiens la liberté de professer publiquement leur foi.

Je souhaite vivement que votre congrès illustre avec profondeur et rigueur scientifique les raisons qui obligent tous les systèmes juridiques à respecter et à défendre la liberté religieuse. Je vous remercie pour cette contribution. Je vous demande de prier pour moi. De tout cœur je vous souhaite le meilleur et je demande à Dieu qu'il vous bénisse. Merci.

Traduction de Zenit, Constance Roques

samedi 21 juin 2014

Les chrétiens sont-ils des bisounours ? - GARRIGUES ET SENTIERS

Les chrétiens sont-ils des bisounours ? - GARRIGUES ET SENTIERS

Les chrétiens sont-ils des bisounours ?

L'invocation pour la paix organisée par François et réunissant Mahmoud Abbas et Shimon Peres dans les jardins du Vatican n'en finit pas de faire polémique. Un verset du coran récité par un imam, membre de la délégation musulmane, a créé un vif débat entre catholiques français.

Les chrétiens sont-ils des bisounours ?

Après une première polémique lancée par le grand rabbin de Rome sur le sens de la prière au Vatican, un autre débat agite aujourd'hui la « cathosphère » française. En cause ce verset du Coran prononcé au micro par un imam de la délégation musulmane : « Tu es Notre Maître, accorde-nous donc la victoire sur les peuples infidèles ».

Le site Aleteia raconte ainsi : « Un événement en marge de la prière pour la paix dans les jardins du Vatican, en présence des présidents d'Israël et de Palestine, crée après coup quelque agitation. En ce dimanche de Pentecôte, ces deux personnalités, venant de nations hostiles l'une envers l'autre, ont répondu à l'invitation du Pape François ; les prières se sont élevées l'une après l'autre, tout d'abord juive, puis chrétienne, et enfin musulmane. Un imam, membre de la délégation musulmane, récita – sans que cela soit programmé – en arabe les trois derniers versets de la deuxième sourate du Coran. En voici les dernières phrases retranscrites en français : "Pardonne-nous (Allah), pardonne-nous et prends pitié de nous ! Tu es notre maître et notre protecteur. Soutiens-nous contre le peuple des incroyants ! " »

Le 10 juin dernier, c'est le très traditionaliste Bernard Antony, qui avait le premier signalé sur son blog le verset incriminé assorti du commentaire suivant : « Toujours est-il que l'imam, lui, aura pu en effet se glorifier d'avoir, à l'intérieur même du Vatican, récité une prière coranique sans ambiguïté à l'égard des chrétiens et autres mécréants ».

Un premier débat se fait jour sur la réalité du prononcé. Le blog des Cahiers Libres dénonce d'abord un hoax, persuadé que le verset mentionné n'a pas été dit.

Mais voilà, comme le souligne le blogueur Fiskmonskov, la phrase a bien été prononcée dans les jardins du Vatican. Pour lui, c'est clair, les catholiques se voilent la face, et il le dit violemment : « La vérité ne se trouve pas en faisant l'autruche. L'autruche n'est pas libre. (et en plus elle se fait quand même bouffer par le prédateur qu'elle ne voulait pas voir.) Et si vous préférez vous cacher les yeux pour ne pas voir et vous boucher les oreilles pour ne pas entendre, alors ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Allez au bout de la sagesse : fermez aussi vos gueules ».

Réponse des Cahiers Libres : Oui, nous nous sommes trompés, mais le fond du problème est entier : « C'est un mensonge de prétendre que cet imam s'en prend aux chrétiens. Pensez-vous vraiment que Mgr Twal, présent, aurait laissé passer ça ? Il n'a pas été interrogé à ce sujet car il n'y a pas de sujet. Il est toujours possible de donner une interprétation négative ».

C'est maintenant sur le sens que s'écharpent les catholiques. Dans le verset mentionné, à qui est vraiment adressé le terme de « kafir », traduit par « infidèle » ou « incroyant » ? Faut-il penser que l'imam a exporté « le djihad au Vatican » comme clament de conserve les sites d'extrême'droite islamophobes et la ligue de défense juive, pas vraiment connue pour sa modération ? Ou alors que sa prière rituelle ne s'adresse pas aux chrétiens et par conséquent n'avait rien de déplacé ?

Pour Pierre Madros, prêtre du Patriarcat latin de Jérusalem, le terme de kafir est bien adressé aux chrétiens. Selon lui « dans le monde contemporain, notamment depuis le sixième siècle après Jésus-Christ, les polythéistes (ou les païens) n'existaient presque plus, pas même en Arabie. Les seuls kafirin possibles ou imaginables pour beaucoup de musulmans sont les chrétiens pour lesquels, d'après le Coran, Allah " serait l'un de Trois " gens qui auraient " fait de leurs évêques et de Issa fils de Maryam des seigneurs à la place de Dieu " ». Il estime carrément que « la joie islamique d'entendre et de voir le Coran récité au Vatican se mêla chez beaucoup d'entre les musulmans, pour ne pas dire la plupart, de sentiments de triomphe, de victoire, de triomphalisme. D'aucuns y ont vu le début de la réalisation d'un hadith : " Comme nous avons conquis Constantinople (aujourd'hui Istanbul si peu chrétienne) nous allons conquérir Rome " »

Estimant les occidentaux bien naïfs dans leur rapport à l'islam, il conseille : « Quand il s'agit d'islam et de musulmans, il convient, comme le souhaite le P. Gallez dans son ouvrage (lui-même controversé, ndlr) Le malentendu islamo-chrétien, de " mieux écouter ou d'écouter tout court les chrétiens du Moyen-Orient ", surtout ceux qui non seulement connaissent les textes fondateurs de l'islam mais aussi les langues sémitiques, en particulier le syriaque et l'arabe ».

La contradiction vient d'un autre oriental, lui-même musulman, Adnan Al Mokrani, professeur au sein de l'Université pontificale Grégorienne et à l'Institut Pontifical d'Études Arabes et d'Islamologie. « Pour le professeur Al Mokrani, explique le site Aleteia qui l'a interviewé, dans un sens purement religieux, le mot veut dire " celui qui cache, dissimule et nie la foi bien que son cœur lui ait assuré qu'il s'agit de quelque chose de bon. " En d'autres termes, il qualifie celui qui s'oppose à la foi par intérêt personnel ou par égoïsme. Pour Adnan Al Mokrani, " un musulman peut être également considéré comme infidèle lorsqu'il nie la grâce de la miséricorde divine pour servir ses propres fins et passions " ».

Il ajoute : « Il est tout à fait inacceptable d'accorder à ce verset plus d'importance qu'il ne mérite. L'imam a choisi des versets récités d'ordinaire sans avoir pour autant l'intention de viser quiconque ou n'importe quelle partie participant à la prière. Il est à noter que le début de ces deux versets met en exergue la foi musulmane révélée par tous les prophètes sans distinction aucune. L'imam a choisi ces versets puisqu'ils regorgent de termes et mots unificateurs. Notons également que le verset 191 susmentionné ne vise pas les chrétiens, mais les arabes de Quraish, qui avaient perpétré des crimes de guerre contre le prophète Mahomet. Il est donc dangereux de lire ces versets en les extrayant de leur contexte historique. »

Il rejoint ainsi l'analyse du jésuite Felix Körner, professeur de dogmatique et de théologie des religions à l'Université pontificale grégorienne, spécialiste de l'islam. Interviewé par Radio Vatican en allemand, et traduit par les Cahiers Libres, il explique : « Un musulman comprend toujours le Coran comme les premiers croyants l'ont entendu. En l'occurrence, nous devons nous projeter aux premières heures de l'islam, nous sommes peut-être encore à La Mecque ou à Médine, dans les premières années. L'islam n'était alors qu'un petit groupe se sentant, à juste titre, pourchassé par les tribus polythéistes et païennes, qui souhaitent se débarrasser de Mahomet et ses compagnons. Incroyant désigne dans ce cas les gens qui ne reconnaissent pas le Dieu unique. Donc quand ce verset coranique parle des incroyants contre lesquels on demande l'aide divine, ce ne sont donc clairement pas les juifs ni les chrétiens qui sont visés, puisqu'ils reconnaissent l'unité de Dieu ! »

Reprenant la polémique, le bloggeur Koz souligne lui non pas la naïveté, mais la lucidité que suppose l'adhésion à la prière pour la paix au Vatican : « Elle suppose de la lucidité sur les forces en présence. Forces physiques et forces psychiques. Lucidité sur les obstacles que rencontrera toujours un processus de paix. Lucidité sur le fait qu'en tout temps, en tout lieu, il se heurtera toujours aux mêmes oppositions, sous des noms différents. Lucidité sur le fait qu'il n'y a pas d'autre chemin de paix : ceux qui annoncent l'affrontement ne font que le susciter. Ils donnent à leurs adversaires l'occasion de pointer votre double discours supposé, et réciproquement. Valider l'interprétation agressive d'une sourate est un beau renvoi d'ascenseurs entre intégristes. Je veux retenir ce moment historique de prière pour la paix au jardin d'Éden. Retenir ces images qui, par leur seule existence, portent un démenti et un espoir ».

Laurence Desjoyaux
pour Lavie.fr
sous le titre : Prière au Vatican : les chrétiens sont-ils des bisounours ?



Envoyé de mon Ipad 

vendredi 20 juin 2014

Discriminations contre les chrétiens: la douleur du pape François

La liberté religieuse selon le droit international et le conflit mondial des valeurs

Anne Kurian

ROME, 20 juin 2014 (Zenit.org) - Le pape François fait part de sa « douleur » face aux discriminations contre les chrétiens dans le monde : « la raison reconnaît dans la liberté religieuse un droit fondamental de l'homme qui reflète sa plus haute dignité », rappelle-t-il.

Le pape a reçu les participants au Congrès international organisé par le département de droit de l'université romaine LUMSA et l'École de droit de St John's University sur le thème : "La liberté religieuse selon le droit international et le conflit mondial des valeurs" (Rome, 20-21 juin 2014), ce vendredi 20 juin, dans la salle du Consistoire du Vatican.

« À la lumière des acquis de la raison, confirmés et perfectionnés par la Révélation, et du progrès civil des peuples, il est incompréhensible et préoccupant que perdurent aujourd'hui dans le monde des discriminations et des restrictions de droits, pour le seul fait d'appartenir à une religion précise et de la professer publiquement », a dénoncé le pape.

Il a insisté : « Il est inacceptable que subsistent encore de véritables persécutions pour des raisons d'appartenance religieuse ! Cela blesse la raison, menace la paix et humilie la dignité de l'homme. »

« C'est pour moi un grand motif de douleur de constater que les chrétiens dans le monde subissent la majorité de ces discriminations », a ajouté le pape qui a déploré le fait que les persécutions contre les chrétiens soient « encore plus fortes aujourd'hui que dans les premiers siècles de l'Église » et qu'il y ait actuellement « davantage de martyrs qu'à cette époque », plus de 1700 ans après l'édit de Constantin.

« La raison reconnaît dans la liberté religieuse un droit fondamental de l'homme qui reflète sa plus haute dignité, celle de pouvoir rechercher la vérité et d'y adhérer », a-t-il rappelé, exhortant « les systèmes juridiques, étatiques ou internationaux à reconnaître, garantir et protéger la liberté religieuse qui est aussi un indicateur d'une saine démocratie ».

« La liberté religieuse n'est pas simplement celle d'une pensée ou d'un culte privé. C'est la liberté de vivre selon les principes éthiques qui découlent de la vérité trouvée, que ce soit sur le plan privé ou public », a-t-il précisé.

Traduction de Zenit, Constance Roques