jeudi 21 juillet 2016

« Combattre le salafisme par la connaissance et le savoir » - La Croix

« Combattre le salafisme par la connaissance et le savoir » - La Croix

« Combattre le salafisme par la connaissance et le savoir »


Réagissant aux propos de Manuel Valls sur le salafisme, mercredi 20 juillet à l'Assemblée, le recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, reconnaît que les musulmans ont leur rôle à jouer pour combattre le salafisme. Il soulève également le nécessaire soutien de l'État pour les y aider.


Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon.
ZOOM
Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon. / Romain Lafabregue/AFP
ENTRETIEN
Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon
La Croix : En récusant la proposition de Nathalie Kosciusko-Morizet de mettre hors-la-loi le salafisme en tant que dérive sectaire, le premier ministre, Manuel Valls, a déclaré, mercredi 20 juillet, à l'Assemblée nationale, qu'il appartenait aux musulmans de France de mener ce combat partout « dans les mosquées, dans les quartiers, dans les familles ». Comment réagissez-vous à ces propos ?
Kamel Kabtane : Les musulmans français doivent en effet lutter contre le salafisme. Mais l'État doit leur donner les moyens de le faire, les moyens d'agir. Le salafisme est souvent le fait de ceux qui se raccrochent à ce qui est le plus facile à comprendre. C'est pour cela qu'il est nécessaire de faire accéder ces personnes à la connaissance, leur permettre de comprendre ce qu'est, véritablement, leur religion. La seule façon de lutter contre le salafisme est d'apporter la connaissance, le savoir. Et de faire en sorte que les musulmans se sentent pleinement Français, et non pas rejetés. Car le salafisme est aussi la religion de ceux qui se sentent mis de côté, marginalisés.
> À lire Le salafisme cherche à s'imposer dans l'islam
Quels sont les moyens actuels mis en œuvre pour lutter contre ce mouvement extrémiste ?
K. K. : Ils ne sont pas assez nombreux, actuellement. Nous manquons ainsi d'institutions qui peuvent aider les gens à se former, s'éduquer. Il y a bien ces formations dispensées en France destinées aux imams de France. Mais les musulmans doivent encore se prendre en charge pour les former et se former, pour approfondir leur connaissance des textes par rapport au contexte.
Les parents, à leur échelle, essaient aussi de transmettre leurs connaissances mais dans bien des cas, beaucoup n'ont pas les compétences et les moyens de le faire. Originaires de pays étrangers, ils se sont souvent employés en priorité à faire vivre leur famille. C'est pour cela qu'il est nécessaire de les aider à évoluer et créer des centres culturels, comme celui de l'Institut français de civilisation musulmane (IFCM), à Lyon, pour les accompagner dans leurs tâches et faire évoluer les esprits, pour enseigner, éduquer. Il y a un vrai travail de fond à mener.
> À lire À Lyon, le projet d'Institut français de civilisation musulmane fait débat
Pourquoi est-ce important de lutter contre le salafisme ?
K. K. : Pour éviter des violences telles qu'on les connaît en Irak ou en Syrie par exemple. Ces salafistes utilisent la religion à des fins de violence. Je dis ces salafistes parce que d'autres n'ont pas la même vision de l'islam qu'eux. Je pense notamment aux salafistes quiétistes qui ont, uniquement, choisi de vouer leur vie à Dieu et qui se sont consacrés à la prière. Ils existent en France et je pense qu'il est important de le souligner.
Recueilli par Isabelle Demangeat




JTK

mardi 19 juillet 2016

Europe : A-t-on le droit de critiquer l’islam ?


Europe : A-t-on le droit de critiquer l’islam ?
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) est appelée à se prononcer sur l’étendue du droit de critiquer l’islam à l’occasion de la condamnation pour blasphème d’une conférencière ayant mis en cause les mœurs de Mahomet, dans l'affaire E. S. c. Autriche, n°38450/12.
 
La conférencière qui saisit la Cour de Strasbourg a été reconnue coupable d’avoir publiquement « dénigré une personne qui est un objet de vénération », à savoir « Mahomet, le prophète de l’islam », d’une manière « susceptible de susciter une indignation justifiée », en violation de l’article 188 du Code pénal autrichien.
 
Les propos litigieux ont été tenus durant un cycle de conférences intitulé « Connaissances de base sur l’Islam » à l’Institut d’éducation du Parti autrichien de la liberté (FPÖ) devant une trentaine de participants.
 
Il est reproché en substance à la conférencière d’avoir dit que Mahomet avait des tendances pédophiles (il « aimait le faire avec des enfants ») car il s’est marié avec une fille de six ans (Aïcha) et a consommé ce mariage lorsqu’elle n’avait que neuf ans. La conférencière notait que cela posait problème dans la mesure où « le plus haut commandement pour un homme musulman est d’imiter Mahomet », ajoutant plus généralement que « les musulmans entrent en conflit avec la démocratie et notre système de valeurs ».
 
Suite à une plainte de journalistes, la conférencière fut condamnée à payer 480 euros ou à purger une peine de soixante jours d’emprisonnement en cas de défaut de paiement. Les juridictions autrichiennes avait jugé ainsi dans le but de protéger la sensibilité religieuse des fidèles musulmans ainsi que « la paix religieuse » en Autriche.
La conférencière a porté l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme qui devra juger si la liberté d’expression peut céder le pas devant le respect de Mahomet et de la « sensibilité religieuse » des musulmans.
 

L’ECLJ a été autorisé à soumettre des observations écrites à la Cour.
 
Pour l’ECLJ, seule la diffusion d’obscénités gratuitement offensantes et inutiles au débat ainsi que les propos incitant à la violence immédiate peuvent être restreints. Tout autre propos –surtout lorsqu’il est appuyé sur des faits réels- devrait être garanti au titre de la liberté d’expression.
 
Dans son mémoire, l’ECLJ expose notamment la tentative menée au plan international par l’Organisation de la Conférence Islamique pour intégrer au sein du droit international un délit de blasphème sous l’appellation de « diffamation de l’islam ». L’ECLJ s’est opposé à cette initiative au sein des Nations Unies depuis plusieurs années, estimant que les libertés de religion et d’expression sont complémentaires et qu’il n’existe pas de droit pour des croyants (pas plus que pour des non-croyants) à ne pas faire l’objet de critiques. Plus généralement, la recherche sincère de la vérité devrait toujours être encouragée et bénéficier de la liberté d’expression.
 
En l’espèce, pour l’ECLJ, le droit à la liberté d’expression de la conférencière a été violé, celle-ci ayant été condamnée pour avoir dénigré une croyance en elle-même, c'est-à-dire pour blasphème, alors même que ses propos s’appuyaient sur des faits historiques avérés dont la diffusion, dans un contexte politique, participe au débat public.
https://mail.google.com/mail/ca/u/0/#all/1560272893ad13a0

Sarkozy : «La guerre est totale, ça sera eux ou nous»

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉOS - Invité du 20H de TF1 ce dimanche soir, le président des Républicains et ancien chef de l'État a fustigé l'exécutif et estimé que «tout ce qui aurait dû être fait depuis 18 mois ne l'a pas été».
Il était déjà intervenu sur ce même plateau au lendemain des attentats du 13 novembre. Invité du 20H de TF1 ce dimanche soir, le président des Républicains (LR), Nicolas Sarkozy, est revenu sur la terrible attaque terroriste qui a fait 84 morts à Nice jeudi soir. Et l'ancien chef de l'État a décidé de montrer un visageencore plus ferme qSarkozy : «La guerre est totale, ça sera eux ou nous»
  • Le Figaro -Par 
  • Mis à jour 
  • u'il ne l'avait fait il y a huit mois: «Nous sommes en guerre,une guerre totale. Nos ennemis n'ont pas de tabous, pas de frontières, pas de principes. Donc, je vais employer des mots forts: ça sera eux ou nous», a-t-il lancé, estimant que «la France ne peut pas laisser ses enfants se faire assassiner comme cela».
    Pour gagner la guerre, le chef de l'opposition a donc invité l'exécutif et les médias à «désigner l'ennemi»: «Cet homme a agi selon un mode opératoire qui a été très précisément recommandé par Daech sur Internet. Il faut donc arrêter de dire que ce sont des “déséquilibrés”: nous sommes face à un terrorisme islamique, et il faut être déterminé à le combattre», a-t-il exhorté, répétant à plusieurs reprises qu'il ne souhaitait pas «polémiquer» mais bien «débattre pour savoir ce qui a marché ou n'a pas marché». «Tout ce qui aurait dû être fait depuis 18 mois n'a pas été fait», a clairement jugé le patron de Vaugirard.

    «Je n'ai pas l'intention de venir commémorer tous les trois mois»

    Il a ainsi rappelé les propositions qu'il martèle depuis plusieurs mois déjà: sanctionner la consultation de sites djihadistes comme un délit; expulser les «fichés S» étrangers et assigner les Français à résidence avec bracelet électronique; créer des centres de déradicalisation et des équipes de renseignements dans les prisons; et isoler tous les détenus condamnés pour des délis islamistes. Ultime proposition de Nicolas Sarkozy, enfin: «autoriser les préfets à fermer immédiatement tout lieu de culte qui aurait des rapports de près ou de loin avec le salafisme, et explulser immédiatement tout imam qui y prêcherait».
    Visiblement très remonté contre l'exécutif, l'ex-président de la République a balayé le principe de l'union nationale et assuré qu'«une autre politique est possible». «Va-t-on se faire des risettes, se sourire, se tendre la main? Je n'ai pas l'intention de venir tous les trois mois commenter de telles tragédies», a-t-il sèchement lâché, s'agaçant de voir qu'il y a eu «sept attentats et près de 250 morts» en France depuis le mois de janvier 2015. «Personne ne pense qu'on va résoudre le problème du terrorisme avec» la réserve citoyenne rappelée cette semaine par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, a-t-il finalement jugé.
    Dans un communiqué commun publié tard dans la soirée, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve ont répliqué aux critiques de l'ancien président, en assurant qu'«aucun gouvernement n'a fait autant jusqu'à présent pour lutter contre le terrorisme
    http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2016/07/17/25002-20160717ARTFIG00199-sarkozy-la-guerre-est-totale-ca-sera-eux-ou-nous.php?a3=763-3926535-893335&een=197ec60227781c490e5f147c1975ad4f&seen=6&m_i=7YU7c8QNZWvNh138NOliCq2JV561ABYdI656X6YCeZs9MvmGxfoTW5859XwdthfmkzRAfZdfD86Gp6cLCd_auabgay%2BjoE#xtor=EPR-300-[actualites]-20160718

    EGYPTE - Copte tué dans le village d’Akoris suite à la dégénération d’une rixe entre jeunes

     
    Akoris (Agence Fides) – Une banale dispute entre jeunes dans l’après-midi d’hier, 17 juillet, s’est transformée en rixe à matrice sectaire dans le village d’Akoris, à 12 Km au nord de Minya, provoquant la mort d’un jeune copte et trois blessés – deux hommes chrétiens parents de deux prêtres et une femme musulmane. Selon des sources locales, le tout aurait été provoqué par une altercation entre un certain nombre de jeunes musulmans transitant dans la rue sur une charrette tirée par un âne et des jeunes coptes de leur âge. Rapidement, parents et amis des jeunes musulmans se sont rassemblés autour des maisons des parents des prêtres. Ont ensuite fait leur apparition des battes de baseball et des couteaux, la rixe finissant ainsi dans le sang.
    Après que la nouvelle de l’attaque et de ses conséquences se soit répandue, une multitude de chrétiens s’est rassemblée autour des maisons ayant fait l’objet de l’assaut pour dénoncer l’inaction des forces de sécurité face aux violences et aux intimidations à l’encontre des chrétiens égyptiens. Voici quelques jours seulement (voir Fides 11/07/2016), l’Archevêque copte orthodoxe de Minya, Makarios, avait adressé un appel aux forces politiques et de sécurité suite à une série de violences subies en particulier par les chrétiens égyptiens. Désormais – avait-il fait remarquer – de telles attaques violentes de différentes natures, allant de l’attaque aux maisons aux enlèvements ciblés dans un but d’extorsion, se succèdent à raison d’un tout les dix jours en moyenne. (GV) (Agence Fides 18/07/2016)

    samedi 16 juillet 2016

    Attentat de Nice : la prière des musulmans de Narbonne

    "Si cet attentat est revendiqué, je crains une nouvelle fois pour l’image de l’islam. »

    La Croix -Ysis Percq (à Narbonne), le 15/07/2016
    À Narbonne (Aude), les fidèles se sont retrouvés, vendredi 15 juillet, à la mosquée pour la prière du vendredi, avec l’envie de prier pour les victimes et leurs proches.
    À l’heure où le soleil brûle les murs blancs de la mosquée de Narbonne (Aude), les fidèles rejoignent la salle de prière, comme tous les vendredis. Les hommes s’engouffrent en bas. Les femmes empruntent l’escalier. Djellaba traditionnelles et modernes se côtoient. Jeunes et moins jeunes aussi.
    L’attentat de Nice, perpétré la veille sur la promenade des Anglais, après le feu d’artifice du 14 juillet, est sur toutes les lèvres. « J’y ai pensé toute la matinée » avoue l’un d’eux. « C’est barbare et cruel », constate Mohamed El Aissi, président de l’association culturelle et éducative de la grande mosquée de Narbonne.
    Au lendemain des attentats de Paris, cette association avait organisé, avec le groupe interreligieux pour la paix de l’Aude, une marche commune et l’imam avait tenu, lors de la prière du vendredi, un prêche particulier. « C’est encore tôt pour décider de ce que nous ferons. Mais nous condamnons fermement cet attentat », précise le président.

    « Il nous faudra du temps pour cicatriser la plaie née de cette nouvelle attaque »

    À l’étage de la mosquée, une large pièce dont le sol est recouvert d’une épaisse moquette rouge à motifs, accueille une quinzaine de femmes. Sur le grand écran suspendu au mur, le prêche – en Arabe –, de l’imam qui se déroule juste en dessous, est retransmis. Les chants résonnent. Quelques fidèles ferment les yeux tout en manipulant le tasbih (chapelet musulman) entre deux doigts. Les mains jointes, ouvertes vers le ciel, les femmes prient.
    Appuyée contre un mur, dans sa longue robe noire couvrant ses pieds nus, Fatima témoigne à mi-voix. « Il nous faudra du temps pour cicatriser la plaie née de cette nouvelle attaque. Nous sommes tous concernés, toutes les communautés, tous les Français. Aujourd’hui, je prie pour les victimes et leurs proches. Pour qu’ils aient de la force pour supporter ce deuil. Quand je vois ma tristesse, je n’arrive pas à imaginer le caractère insondable de celle des proches des victimes. »
    « Je suis Française musulmane, je souffre », lâche Fatima qui, par ailleurs, regrette que l’imam habituel de la mosquée ne soit pas présent aujourd’hui [il est en congés, NDLR] car « il prêche en français, parle souvent de l’actualité, et insiste sur notre nationalité française ».

    « Ces gens qui tuent gâchent nos vies »

    Joint par téléphone, l’imam Mohamed Hanou prévoit « un prêche particulier » lors de la prochaine prière du vendredi et condamne « un attentat d’une extrême gravité qui a visé notre pays alors même que nous étions en pleine célébration de la fête nationale, symbole de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. La France a de nouveau été frappée alors que nous n’avons toujours pas digéré le 13 novembre, ni le 7 janvier. Nous sommes des musulmans mais nous sommes d’abord Français. »
    Un voile discrètement fleuri sur ses cheveux, des yeux verts, Naïma (1) est assise, robe repliée sur ses pieds. « Ma fille était malade cette nuit, j’ai donc veillé devant la télévision. Cet attentat est un choc. Malheureusement, nous ne sommes à l’abri nulle part. J’ai de plus en plus peur pour mes enfants. Si cet attentat est revendiqué, je crains une nouvelle fois pour l’image de l’islam. »
    Sophie (1), 19 ans, s’y est convertie, il y a quatre ans. Elle n’a pas dormi de la nuit. « J’ai passé des heures à regarder les informations. Nous devons nous désolidariser de cet attentat. Ces gens qui tuent gâchent nos vies. Il y a des versets du Coran sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour nous aider à prier pour les victimes. Ils portent des valeurs de protection pour tous nos frères, de toutes les religions. Je prie pour eux. »
    Ysis Percq (à Narbonne)
    (1) Les prénoms ont été changés
    http://www.la-croix.com/Religion/France/Apres-l-attentat-de-Nice-la-priere-des-musulmans-de-Narbonne-2016-07-15-1200776048?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20160715&utm_campaign=newsletter__crx_urbi&utm_term=244161&PMID=bb494601670887f92d5d4c8bfcd0ef06

    Après l’attentat de Nice, l’émotion des responsables religieux

    La Croix -Gauthier Vaillant, le 15/07/2016

    Outre les évêques catholiques, les responsables chrétiens et musulmans de France ont également condamné avec fermeté, vendredi 15 juillet, l’attentat de Nice qui a fait au moins 84 morts la veille.

    Les instances musulmanes demandent d’honorer les victimes lors de la prière du vendredi

    « La France vient d’être touchée une nouvelle fois par un attentat d’une gravité extrême », a déploré dans un communiqué le Conseil français du culte musulman (CFCM), en condamnant cette attaque « odieuse et abjecte qui vise notre pays le jour même de la Fête nationale qui célèbre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité »« Le CFCM transmet sa totale solidarité avec les habitants de Nice, exprime sa profonde compassion aux familles des nombreuses victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés », ajoute l’instance présidée par Anouar Kbibech. Il appelle également les musulmans de France à prier, vendredi 15 juillet « à la mémoire des victimes de cette attaque barbare ».
    Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, a exprimé dans un communiqué « son immense émotion et sa consternation », et il a « condamné fermement cet odieux et horrible attentat criminel de masse ». Il « appelle à l’unité de tous les citoyens dans cette nouvelle terrible épreuve qui endeuille toute la communauté nationale ».
    Mohammed Moussaoui, le président de l’Union des mosquées de France (UMF), liée au Maroc, a aussi condamné cet attentat « lâche et abject » et rappelle que la lutte contre le terrorisme doit privilégier « l’éducation et la prévention » auprès des jeunes dont « certains sont aujourd’hui transformés en instruments et armes du terrorisme ». L’UMF a également appelé les musulmans de France à faire de la prière de ce vendredi « un moment de recueillement à la mémoire des victimes ».
    Le conseil régional du culte musulman (CRCM) de Rhône-Alpes a condamné« avec la plus grande fermeté cet acte barbare et inhumain commis ce jour de fête nationale ». Appelant également à la solidarité et à « l’unité nationale », le CRCM « appelle également les Musulmans de France à saisir l’occasion de la Prière du Vendredi pour élever des prières à la mémoire des victimes de cette attaque barbare ».
    En Égypte, l’université Al-Azhar du Caire, considérée comme la plus influente autorité du monde sunnite, a également condamné l’attaque, appelant à l’unité pour « débarrasser le monde du terrorisme »« Ces attaques terroristes abominables contredisent les enseignements de l’islam », déclare l’institution dans un communiqué. « Al-Azhar affirme la nécessité d’unir les efforts pour vaincre le terrorisme ».

    Les Églises chrétiennes prieront aussi pour les victimes dimanche

    L’Assemblée des évêques Orthodoxes de France (AEOF) a condamné « avec la plus grande fermeté » cet « attentat terroriste inqualifiable », dénonçant « une violence qu’aucune cause ne peut justifier »« Les évêques orthodoxes de France saluent la continuelle mobilisation des autorités françaises et des forces de l’ordre qui apportent soutien et secours aux citoyens de notre pays. Ils prient pour les victimes blessées et pour les personnes décédées, et expriment leurs condoléances les plus fraternelles et leur solidarité à leurs familles et proches. »
    Les Églises protestantes ont également réagi. Le Conseil national des évangéliques de France (Cnef) propose « un temps de prière en faveur des familles endeuillées, des nombreux blessés, des forces de l’ordre et des autorités de notre pays » lors des cultes de dimanche 17 juillet, dans toutes les Églises évangéliques. Le Cnef « compte sur les nombreuses communautés présentes à Nice et sur la Côte d’Azur pour manifester concrètement la solidarité des protestants évangéliques ».
    « L’effroi, l’horreur, l’absurde nous assaillent », écrit dans un communiqué l’Église protestante unie de France (EPUdF), qui voit dans l’attentat de Nice« une sorte de tragique répétition qui rappelle d’autres attaques et d’autres morts violentes en France et dans le monde ». L’EPUdF met aussi en garde contre la violence terroriste qui « cherche à provoquer l’affolement en chacune et chacun, la suspicion généralisée, la surenchère des « y a qu’à » nourrie du sentiment d’impuissance, la division et la désignation des boucs émissaires ».

    L’appel à la « tolérance zéro » du consistoire israélite

    Le président du consistoire central israélite de France, Joël Mergui a exprimé sa« douleur » et sa « vive émotion ». Selon lui, le mode opératoire de l’attentat de Nice indique « une fois encore que les ennemis de la démocratie ne reculeront devant rien pour semer la mort, le chaos et la terreur, avec pour seul objectif d’imposer leur vision djihadiste du monde », affirme-t-il, bien que l’attentat n’ait pas été revendiqué à ce stade.
    « Plus que jamais l’urgence est à la tolérance zéro contre tout ce qui touche ou atteint notre mode de vie, nos choix démocratiques et le message universel de paix et d’harmonie qui unissent et structurent le monde libre », poursuit Joël Mergui, qui estime que « notre pays est entré en résistance contre l’islamisme ».
    Lançant un appel à la « détermination internationale à mettre en pratique nos idéaux », il juge que « les paroles doivent désormais devenir des actes et nous devons, unanimement, toujours refuser la moindre concession aux terroristes djihadistes de tous les pays et les condamner partout sans hésitation ».
    Gauthier Vaillant

    http://www.la-croix.com/Religion/France/Apres-l-attentat-de-Nice-l-emotion-des-responsables-religieux-2016-07-15-1200775998?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20160715&utm_campaign=newsletter__crx_urbi&utm_term=244161&PMID=bb494601670887f92d5d4c8bfcd0ef06

    Mgr Marceau : « Avec cet attentat, l’inhumanité sous nos yeux »

    Où vous trouviez-vous jeudi 14 juillet au soir, au moment de l’attentat sur la Promenade des Anglais ?
    Mgr André Marceau : J’ai quitté la Promenade à 19 heures, après avoir assisté à la cérémonie officielle du 14 juillet. Il y avait une ambiance sereine et ensoleillée, avec des vacanciers, loin des scènes d’horreur qui allaient s’y dérouler quelques heures plus tard. Cette nuit, après avoir appris l’attentat, je me suis tenu au courant continuellement.Ce matin, les rues de Nice sont très calmes. C’est le calme de la mort, qui fait régner un climat très pesant.
    Comment réagissez-vous au bilan très lourd ?
    Mgr A. M.  : Réagir à cet attentat, c’est d’abord dire que nous sommes confrontés, dans notre département, à une violence aveugle. C’est aussi poser une question : qu’est ce qui peut habiter le cœur d’un homme au moment où il agit ainsi, et qu’il perpétue cet acte de haine, de barbarie et de mort ? Ce sont des questions graves, et qui laissent sans réponse. Nous sommes témoins de scènes de guerre, insupportables. C’est l’inhumanité sous nos yeux.
    Le rôle de l’Église, dans ce moment tragique est de dire des paroles de consolation, de compassion, et d’être au plus proche de ceux qui souffrent et qui ont perdu des amis ou de la famille. Nous devons ouvrir une fenêtre pour que s’éclairent un peu ces scènes de noirceurs de l’âme humaine. Nous croyons que la compassion et la consolation sont un moyen pour que le cœur de l’homme soit touché par l’amour.
    La Croix -Recueilli par Loup Besmond de Senneville, le 15/07/2016 
    Entretien avec Mgr André Marceau, évêque de Nice, qui s’est rendu sur la Promenade de Nice quelques heures avant l’attentat qui a fait 84 morts. L’évêque annonce que l’Église organisera plusieurs temps de prière à la cathédrale vendredi 15 juillet, pour recueillir « les cris de douleur » de ceux qui le souhaitent.
    Que va faire l’Église catholique à Nice aujourd’hui et ce week-end ?
    Mgr A. M.  : La cathédrale sera ouverte toute la journée. Des prêtres et des laïcs se tiendront à la disposition des visiteurs, pour les accueillir et les écouter. Plusieurs temps de prière sont organisés, et un cahier est ouvert pour permettre à ceux qui le souhaitent d’exprimer leurs questions, mais aussi leurs cris de douleur. Dans le week-end, il y aura peut-être une célébration interreligieuse. Pour l’instant, rien n’est fixé.
    Nous devons aussi être attentifs, chacun d’entre nous, à ne pas nous laisser envahir par ce qui pourrait être de la haine, de la violence, des discriminations ou des replis sur soi. Il faut éviter cela à tout prix. Attention à ce que notre douleur ne génère pas ce qui est à l’origine de ces faits.
    Recueilli par Loup Besmond de Senneville

    http://www.la-croix.com/Religion/France/Mgr-Marceau-Avec-cet-attentat-l-inhumanite-sous-nos-yeux-2016-07-15-1200775928?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20160715&utm_campaign=newsletter__crx_urbi&utm_term=244161&PMID=bb494601670887f92d5d4c8bfcd0ef06