vendredi 8 août 2014

Alfred Morabia, Le Ğihâd dans l’Islam médiéval, le « combat sacré » des origines au XII° siècle - Les clés du Moyen-Orient

Alfred Morabia, Le Ğihâd dans l'Islam médiéval, le « combat sacré » des origines au XII° siècle - Les clés du Moyen-Orient

ALFRED MORABIA, LE ĞIHÂD DANS L'ISLAM MÉDIÉVAL, LE « COMBAT SACRÉ » DES ORIGINES AU XII° SIÈCLE ARTICLE PUBLIÉ LE 04/08/2014

Rarement ouvrage aura été réédité avec autant d'à-propos. Vingt ans après sa première publication en 1993, l'ouvrage d'Alfred Morabia, Le Ğihâd dans l'Islam médiéval, reparaît chez Albin Michel, dans la collection Bibliothèque de l'Evolution de l'Humanité, enrichi d'une préface de Gilles Kepel.


D'emblée, le titre nous sort des sentiers battus. Au Jihad des journaux se substitue un Ğihâd à l'orthographe inusitée, plus savante. Le Jihad, « guerre sainte » au nom de l'Islam, est, à l'heure actuelle, un phénomène déroutant dans sa logique qui semble surgir d'un autre âge. Pour l'expliquer, grande est la tentation d'invoquer des pratiques issues du Moyen Age, époque qui, dans l'imaginaire occidental, reste synonyme d'obscurantisme. Or, cet ouvrage d'érudit se propose justement de parler du Ğihâd – l'auteur préférant à « guerre sainte » l'expression plus pertinente de « combat sacré » – au Moyen Age, pour expliquer, textes à l'appui, ses origines historiques et ses fondements théologiques et juridiques. Et afin de se démarquer du Moyen Age occidental, le titre parle d'Islam médiéval, âge d'or voué à une sempiternelle nostalgie dans le monde arabo-musulman.

La première partie de l'ouvrage est historique. L'auteur y retrace à travers quatre chapitres les origines du Ğihâd. Un tableau complet de l'Arabie antéislamique dans ses structures politiques, sociales et économiques est brossé de façon magistrale. Le lecteur y est plongé dans un univers où l'aridité du sol et la précarité des ressources engendrent des rapports sociaux basés sur la violence. C'est le règne de la razzia et de la vendetta qui, chose très importante, obéissent à des règles, exaltent des vertus quasi chevaleresques et font appel à l'intervention du divin. Dépourvue d'Etat central, traversée par des voies de commerce très anciennes, subissant les influences conjuguées de Byzance et de la Perse sassanide, du judaïsme et du christianisme, l'Arabie du début du VII° siècle fait irruption dans l'histoire du Proche-Orient, puis du monde, à travers la Révélation d'un nouveau monothéisme, l'Islam.

La Révélation se manifeste par la prédication d'un Prophète, Muhammad, « mélange de Jésus et de Charlemagne » selon la formule de Maxime Rodinson. Chassé de sa ville natale La Mecque par l'oligarchie des marchands, il trouve refuge à Médine, ville où est née sa mère. Là, la religion naissante se dessine sous la forme d'un établissement politique. Prophète armé, Mohammad manie de concert les armes, la diplomatie et l'injonction religieuse. Sous son commandement, la razzia, mode traditionnel de survie et de redistribution des richesses, se mue en un combat pour la Religion d'Allah, Dieu apportant Sa caution aux hommes en armes. A cela s'ajoute une caractéristique nouvelle très éclairante pour notre époque : le Ğihâd devient une affaire étatique, conduite par un chef d'Etat, en l'occurrence Mohammed lui-même, qui a réussi à fédérer de son vivant une grande partie des tribus, créant ainsi le noyau d'un Etat central islamique. Pour l'auteur, le Prophète n'a jamais eu conscience de fonder une religion appelée à l'universalité. Le message coranique conserve de lui l'image d'un Prophète arabe, qui a donné aux Arabes le monothéisme dont ils étaient dépourvus, dans un Livre écrit en leur langue : « Nous l'avons révélé en langue arabe, afin que vous le compreniez » (Sourate XII de Joseph, 1, 2).

De fait, après sa mort, le Prophète laisse la communauté naissante singulièrement démunie. L'absence d'héritier clairement désigné fait naître les luttes de pouvoir et les schismes, et l'ancrage insuffisant du Message coranique provoque des défections en série de la part de tribus dont l'objectif premier est de se débarrasser de l'emprise des villes du Hedjaz, La Mecque et Médine. C'est dans le cadre des « guerres d'apostasie » conduites par le premier calife Abou Bakr que l'Islam naissant découvre, un peu par inadvertance, l'intérêt qu'il a à s'étendre sur les régions septentrionales, Irak et Syrie, qui ont toujours constitué une sorte d'espace vital pour les tribus en quête de pâturages. Ainsi commencent les conquêtes musulmanes que l'auteur analyse avec une grande finesse, démontrant les parts respectives qu'ont pu y prendre les différents facteurs religieux, psychologiques, et surtout économiques. C'est le premier qui, curieusement, paraît avoir occupé la place la plus infime. Les combattants partis à la conquête de terres nouvelles n'étaient pas tous parfaitement islamisés ; les populations des territoires conquis étaient le plus souvent laissées libres de pratiquer leurs cultes, car il était plus intéressant de les soumettre aux taxes exigées des « Infidèles ». Ce n'est qu'après coup, une fois cette période terminée et les Empires musulmans solidement établis, que les conversions se font jour. C'est à ce moment-là aussi que la science juridique s'empare du récit des origines, lui donne sa justification religieuse a postériori et, ce faisant, codifie le Ğihâd pensé comme un combat contre les Infidèles.

En 750 prend fin l'Empire omeyyade et l'Empire abbasside voit le jour. La translation de la capitale de Damas à Bagdad consacre la fin de l'emprise arabe sur le monde musulman. Désormais l'Empire est davantage tourné vers l'Est, les mondes persan et turcophone. Ayant atteint son extension maximale, du détroit de Gibraltar à la Chine, il sombre dans des séparatismes à connotation à la fois religieuse et nationaliste qui mettent à mal le pouvoir central du calife. En parallèle fleurissent des courants philosophico-religieux divers, fruits de la rencontre de l'Islam avec les civilisations développées des régions conquises. Ces phénomènes de désagrégation ont pour effet de disperser l'énergie du Ğihâd sur plusieurs fronts, le plus souvent internes, et de l'affaiblir. Il faudra l'irruption des Croisades en Orient, période au seuil de laquelle le récit historique s'arrête, pour que le Ğihâd se réveille ponctuellement de la torpeur qui l'avait progressivement envahi, avant de retrouver une intensité beaucoup plus modeste.

Après le récit historique, vient la deuxième partie consacrée à l'exposé des sources scripturaires du Ğihâd. Le premier chapitre aborde la plus importante d'entre elles, le Coran. De la multitude de versets cités et commentés par l'auteur, nous apprenons les formes linguistiques que le combat sacré a revêtues, et la gradation de l'hostilité contre les Gens du Livre, les Juifs surtout, mais aussi les chrétiens, au fil des démêlés dogmatiques que le Prophète a eus avec eux. De plus, en vertu du principe d'exégèse coranique qui stipule que les versets tardifs abrogent ceux qui les ont précédés, les exhortations au combat finiront par rendre inopérantes les manifestations d'admiration émises à l'égard des monothéismes juif et chrétien au cours des premières phases de la Prédication. Mais de quel combat s'agit-il ? Pris dans son acception littérale, le mot Ğihâd signifie avant tout « effort », le sens de « combat armé » apparaissant beaucoup moins dans le texte coranique. Et si le Coran appelle effectivement à combattre les Infidèles, il est absolument muet sur les modalités dudit combat et sur son ampleur géographique. Pour ce qui est de ce dernier point, il convient de noter que le texte de la Révélation est circonscrit à l'aire arabe et n'évoque jamais le monde situé hors de la péninsule.

Ce que le Coran ne développe pas est formulé dans un autre corpus qui complète la Révélation. Il s'agit de la Tradition qui fait l'objet du second chapitre de cette deuxième partie. Elle est composée elle-même de deux grands ensembles : la Sirâ al-nabawiyya qui relate les actions du Prophète et le Hadith qui retranscrit ses propos, ou, pour plus précisément, les propos qui lui ont été attribués. Car cette véritable Imitation du Prophète, dont la personne a servi d'exemple aux musulmans à travers les âges, a été composée au cours des trois premiers siècles de l'Islam, âge des conquêtes mais également âge des luttes intestines et des schismes. C'est donc dans un contexte trouble que les compilateurs de ces Traditions ont été à l'œuvre et ont produit des recueils qui renferment l'image d'un Islam ouvertement belliqueux, haineux et vengeur à travers tous ceux qui ont déconsidéré le Prophète et son Message. Dans le commentaire qu'il fait des nombreux extraits cités, l'auteur ne laisse planer aucun doute sur le manque de véracité de ces textes, n'hésitant pas à les qualifier de « forgeries ». Constitués pour justifier a postériori la guerre contre les Infidèles et les schismatiques, ils se contredisent souvent, disant volontiers une chose et son contraire. Il semblerait que les auteurs de ces vastes compilations ne s'intéressaient pas tant à la cohérence de ce qu'ils rapportaient qu'à la fiabilité supposée des chaînes de témoins dont la respectabilité devait à elle seule être un gage d'authenticité.

Dans la troisième partie, l'auteur présente les textes juridico-théologiques qui exposent les préceptes du Ğihâd. Tous ses aspects sont présentés : principes idéologiques, financement, droits et devoirs des souverains et des combattants, méthodes de combat, butin, captifs, musulmans apostats ou espions … en somme les modalités que le Coran n'aborde pas du tout ou si peu trouvent ici leur développement, dans des recueils appelés Siyar. La rédaction de ces textes se situe dans le contexte de l'élaboration du fiqh¸ défini par l'auteur comme « effort de compréhension et de méditation humaines sur les devoirs du Croyant » (p : 179). Cette activité juridique est née d'un besoin qui s'est fait sentir très tôt en Islam : légiférer. La législation a vu le jour sous le nom de Sunna, « pratique idéale » (p : 180), définie à partir du raisonnement humain, inspirée par l'infinie richesse des héritages des pays conquis, et en conformité avec la nouvelle religion qui en était à ses premiers balbutiements. Seulement, avec le temps, la montée des dangers et la multiplication des schismes, la diversité des sources du droit s'estompe et seules s'imposent les sources scripturaires qui ont fait l'objet de la deuxième partie du livre : Coran, Sira nabawiyya et Hadiths, surtout les deux derniers dont nous avons déjà vu le peu de fiabilité. La vitalité première de l'Islam se meut peu à peu en rigidité et la Sunna devient synonyme de traditions figées. Toujours est-il, les recueils de Ğihâd, composés à une époque où le combat au nom d'Allah s'effilochait au contact de la pratique réaliste du pouvoir dans des Empires régis par des nécessités politiques, présentent deux aspects très importants : ils constituent des manuels de droit international qui précisent le droit de la paix et de la guerre avec un souci extrême du détail ; aux yeux des fidèles, ils ont revêtu à travers les âges le pouvoir magnétique d'un idéal auquel, au gré des circonstances, on continue d'aspirer.

S'il est un corollaire immédiat du Ğihâd, c'est bien la conduite à tenir à l'égard de tous ceux qui vivent en terre d'Islam sans en adopter la religion : les Gens du Livre, Juifs, Chrétiens et Zoroastriens. A eux s'applique le régime des Dhimmis, statut des protégés de l'Islam, littéralement « sur la conscience » des musulmans, mais néanmoins statut inférieur de citoyens de seconde zone, soumis à des impôts particuliers et des discriminations, boucs émissaires livrés parfois à la vindicte populaire, qui peuvent payer de leur vie les périls, internes et externes, qui menacent la Communauté des Croyants. Dans ce second chapitre de la troisième partie, l'auteur développe la longue série des lois discriminatoires qui touchaient les non-musulmans en pays d'Islam, tout en les nuançant de quelques considérations qui relèvent du savoir académique et du bon sens. En effet, comme pour tout ce qui a trait au Ğihâd, le statut des Dhimmis n'a aucun fondement sérieux dans le Coran ; il a été forgé tardivement à partir des compilations de Hadiths, et il a été inégalement appliqué en fonction des lieux et des époques. Ce statut n'avait rien d'exceptionnel ; d'autres sociétés à travers les âges ont conçu un traitement inégal touchant une partie de leurs membres, pour des raisons diverses : métèques et esclaves à Athènes, non-citoyens à Rome, juifs à Byzance, …. Tirant une part importante de leurs revenus des impôts payés par les Gens du Livre, les Empires musulmans successifs n'ont rien fait pour hâter leur conversion à l'Islam, ni par la persuasion, ni par la contrainte. Ils ont eu recours à leurs services, notamment dans le domaine des transactions financières, car le prêt à intérêt est interdit en Islam. Qualifié de « tolérantisme dédaigneux » par Louis Massignon, le statut des Dhimmis, tel qu'il a été appliqué, a eu le mérite de permettre aux Eglises d'Orient de traverser le temps en gardant intacts leurs rites, leurs langues liturgiques, leurs lieux de culte et leur clergé, ainsi que leurs traditions.

La quatrième et dernière partie de l'ouvrage traite du Ğihâd interne, celui pratiqué au sein de la Communauté des Croyants, contre tout ce qui est susceptible de porter atteinte à son unité et son cheminement dans le cadre spirituel et temporel défini par l'Islam. Ce Ğihâd interne revêt trois aspects.
Découlant de la vision islamique qui fait du pouvoir établi le dépositaire, par la volonté d'Allah, de l'orthodoxie dogmatique, le Ğihâd coercitif et défensif invite les musulmans à faire allégeance à leurs dirigeants politiques tout en combattant les hérésies et autres séditions qui mettent à mal le pouvoir temporel. En revanche, une théorie de la licéité du combat contre un pouvoir jugé usurpateur ou impie a été formulée au sein des différents schismes et rébellions qui ont vu le jour après la mort du Prophète. Aux juristes-théologiens est revenue la charge délicate de fournir le cadre théologique et légal de cette lutte interne, à l'image de ce qu'ils faisaient au même moment pour le Ğihâd orienté vers les Infidèles non-musulmans. Tout aussi important est l'iğtihâd, l'effort déployé dans le cadre du fiqh pour interpréter la Loi. De peur que cette interprétation ne dévie de l'impératif de conservation de l'ordre établi, l'iğtihâd a été très vite bridé et circonscrit à un simple commentaire du Corpus officiellement admis.

Le Ğihâd moral est la deuxième forme du Ğihâd interne, celle qui convie le Croyant à une lutte constante contre les démons qui empêchent son âme d'accéder à Allah. De plus, en vertu de l'injonction coranique d'ordonner le Convenable et d'interdire le Blâmable, cette forme de Ğihâd s'est inscrite dans le cadre d'une responsabilité communautaire qui a pris des formes diverses, allant de la simple injonction au recours aux armes contre ceux qui, par leurs comportements inconvenants, menacent la cohésion de la Communauté. Or, si la cohésion communautaire nécessite un conservatisme social et moral, elle requiert également un conservatisme politique qui met le pouvoir, même considéré comme inique, à l'abri des censeurs et des agitateurs. C'est à cette tâche d'équilibriste que les travaux des juristes-théologiens se sont attelés.

Pour finir, le Ğihâd spirituel n'est autre que la tendance ascétique présente dès les origines en Islam. Né au départ sous la forme de pratiques individuelles, le mysticisme musulman a rattaché l'Islam aux autres courants mystiques et érémitiques qui foisonnaient en Orient, puis il s'est mu en confréries encadrées par le pouvoir et par les penseurs des différentes écoles juridiques. Il a été ainsi intégré au combat multiforme du Ğihâd, dont les composantes sont difficilement dissociables, tout en circonscrivant l'effort mené pour la Religion d'Allah dans les limites strictes de l'orthodoxie. Erigé en nécessité dans une Communauté qui avait d'elle-même la vision idéalisée d'une unité intrinsèque sous le commandement de dirigeants vertueux, mais néanmoins confrontée à la dure réalité des schismes et de l'iniquité des détenteurs du pouvoir, le Ğihâd interne, Ğihâd majeur, connut une postérité dans l'application qui dépassa de beaucoup celle du Ğihâd mineur engagé contre les Infidèles. Pourtant c'est ce dernier qui affleure instantanément à l'esprit des Musulmans et des non Musulmans quand il est question du Combat sacré.

Né au Caire en 1931 et décédé en 1986, Alfred Morabia a soutenu la thèse dont est tiré cet ouvrage devant l'Université Paris I, en 1974, à une époque où le Jihad et les Jihadistes ne faisaient pas encore la Une des journaux. Pourtant, les conclusions auxquelles il arrive sont d'une acuité saisissante : Dans l'« incohérence » des secousses qui agitent le monde arabo-musulman, face à la civilisation industrielle des « Autres », corps étranger qui fascine et repousse à la fois, la part du Ğihâd ne doit pas être négligée. Tout ce qui paraît « irrationnel », lorsqu'on le juge hors de son contexte, prend un éclairage nouveau grâce à l'approfondissement des contrastes qu'a héritées le monde musulman de son passé. Et le décalage entre les témoignages de l'âge d'or et la triste réalité de nos jours permet d'expliquer bien des réactions (p : 342). Si, en 1974, la réalité du monde arabo-musulman paraît triste aux yeux d'Alfred Morabia, que pouvons-nous dire, nous qui, quarante ans plus tard, assistons, effarés, aux effets de la résurgence du Ğihâd ? Face à un Etat islamique en Irak et au Levant qui, d'Alep jusqu'aux portes de Bagdad, s'en prend au premier chef à des populations musulmanes, qu'il nous soit cependant permis de douter que cela puisse s'apparenter à du Ğihâd. Mais ne dramatisons pas à l'excès, nous dit Morabia, l'Islam moderne, en certaines de ses tendances, a su saisir, à bras-le-corps, les problèmes des temps présents, et tirer la leçon de son véritable âge d'or, celui où il constitua le creuset d'une civilisation ouverte aux multiples apports qui en firent l'exceptionnelle richesse. Il ne manquera pas de tirer le plus grand profit de ses penseurs contemporains qui prônent la complémentarité de la différence, et non l'opposition et la sujétion. Ce qui lui permettrait de trouver, au fond de lui, la source vivifiante de son être, celle qui coïnciderait avec sa créativité originelle.

Alfred Morabia, Le Ğihâd dans l'Islam médiéval, le « combat sacré » des origines au XII° siècle, Ed. Albin Michel, Coll. Bibliothèque de l'Evolution de l'Humanité, 2013.



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jeudi 7 août 2014

Le calvaire silencieux des chrétiens d’Orient | Valeurs actuelles

Le calvaire silencieux des chrétiens d'Orient | Valeurs actuelles

Le calvaire silencieux des chrétiens d'Orient

Irak. L'un des objectifs du califat qui s'étend sur l'Irak et la Syrie est l'éradication des populations chrétiennes millénaires. Malgré l'émotion de l'opinion, les puissances occidentales restent étrangement passives.

Il n'y a plus de chrétiens à Mossoul. Les quelques familles de confession chrétienne qui y demeurent peut-être encore sont entrées en clandestinité, terrées chez des amis ou voisins musulmans. Lorsque, le 10 juin dernier, les hommes du calife autoproclamé de l'État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, ont conquis la deuxième ville d'Irak, bâtie sur les ruines de l'ancienne ville biblique de Ninive, dans le nord-est du pays, des milliers de chrétiens avaient déserté la ville. Ceux qui avaient choisi de rester sont finalement partis après s'être vu poser par les djihadistes, le 19 juillet, un ultimatum ne leur laissant le choix qu'entre trois possibilités : la conversion à l'islam, le paiement d'un impôt spécial, ou « périr par le glaive ».

Aux hommes qui étaient tentés de payer l'impôt, il fut précisé que cela ne les dispenserait pas d'être enrôlés dans l'armée du califat… « C'est un faux choix : quel chrétien est prêt à porter les armes avec l'État islamique pour aller commettre d'horribles massacres ? », souligne Faraj Benoît Camurat, président de l'association française Fraternité en Irak. « En réalité, l'intention était de vider Mossoul de ses chrétiens, de la purifier religieusement. Ce processus d'épuration a commencé avant que Mossoul ne tombe aux mains des insurgés. L'EI, dès avril-mai, avait transmis le message aux agents immobiliers qu'il ne fallait plus accepter de vendre les maisons des chrétiens ; et plusieurs, qui avaient passé outre, ont été assassinés… »

Ceux qui ont quitté Mossoul après cet ultimatum ont été méticuleusement rackettés aux portes de la ville — les islamistes avaient même prévu des femmes pour fouiller les femmes. Argent, bijoux, voitures, nourriture : les exilés n'ont rien pu garder. Quelques jours plus tard, le 24 juillet, les islamistes ont fait sauter le tombeau du prophète Jonas, datant du VIIIe siècle avant Jésus-Christ et vénéré tant par les chrétiens que par les musulmans… Quant aux églises de la ville, elles ont été occupées par les islamistes, leurs croix ont été arrachées et plusieurs ont été incendiées.

Les chrétiens ne sont pas les seules cibles de ce fanatisme, les djihadistes sunnites persécutant aussi d'autres minorités, et également les chiites — 200 000 à 300 000 personnes ont fui la ville. Mais, mise à rude épreuve depuis la chute du régime de Saddam Hussein, la communauté chrétienne apparaît particulièrement fragile. Elle comptait un million et demi de fidèles en 2003, elle est réduite aujourd'hui à 400 000 personnes. La situation est devenue dramatique depuis la mise en place de l'État islamique, à cheval sur la Syrie et l'Irak, où la charia est appliquée avec une brutalité inouïe.

Dans les portions de la Syrie qu'il contrôle, les destructions ou incendies d'églises sont monnaie courante. Fin juillet, à Rakka, deux femmes ont été lapidées pour "adultère". Fin juin, une dizaine de combattants adverses avaient été crucifiés ; en mars, lors de La Nuit des témoins organisée à Paris par Aide à l'Église en détresse (AED), une religieuse syrienne, soeur Raghida al-Khouri, affirmait que le même horrible traitement aurait été réservé à des chrétiens refusant de se convertir à l'islam. D'autres ont été décapités.

L'objectif est le même qu'en Irak : par la violence et la terreur, éradiquer les chrétiens et les autres minorités pour obtenir un territoire religieusement homogène. Au moment de lancer l'offensive contre la ville syrienne de Hassaké, le 17 juin, l'EI a ainsi appelé à « vider la ville de tous les chrétiens : prendre leurs femmes, elles sont vôtres, et décapiter les hommes ».

Face à cette politique d'épuration religieuse, que Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de L'OEuvre d'Orient — qui revient de trois jours en Irak à la rencontre des chrétiens, avec Mgr Barbarin —, n'hésite pas à qualifier de « génocidaire », la souffrance des chrétiens d'Orient est encore accrue par l'étrange silence des Occidentaux. Si le pape appelle régulièrement à ne pas se résigner « à penser le Moyen-Orient sans les chrétiens », si Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'Onu, a qualifié les persécutions djihadistes de « crime contre l'humanité », le mutisme des grandes chancelleries est presque total — l'assurance tardive de la France qu'elle serait prête à accueillir des exilés irakiens apparaissant singulièrement courte et à côté de la plaque. Et c'est malgré l'indifférence des médias que le martyre des chrétiens d'Orient a suscité peu à peu en France une réelle émotion populaire, qui s'est notamment exprimée via les réseaux sociaux, où beaucoup ont repris à leur compte le N (pour "Nazaréen") que les djihadistes ont apposé à Mossoul sur les maisons de chrétiens, pour signifier qu'elles étaient désormais la propriété de l'État islamique.

Dans la foulée de cette émotion, des responsables politiques français ont pris position. Devant Notre-Dame de Paris, le 27 juillet, des centaines de manifestants ont pu entendre Nathalie Kosciusko-Morizet ou Hervé Mariton relayer leur indignation.

Dans une tribune publiée sur le site de Valeurs actuelles, une vingtaine de personnalités...lire la suite...



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سعد بن طفلة العجمي- وزير إعلام سابق في الكويت : كلنا داعش ،الشرق القطرية ٧/٨/٢٠١٤


لماذا استغربنا ظهور "داعش"؟ لماذا رأينا في ظهورهم الدامي وسلوكياتهم المتحجرة شيئا نكرا؟ تنشر وسائل التواصل الاجتماعي صورا وأفلاما تسجيلية تسجل بعض أهوالهم وبشائعهم، وهي حلقة في سلسلة من التاريخ الدامي الحديث والقديم بالعراق خصوصا وفي منطقتنا العربية عموما، ولئن تعمدت "داعش" نشر فظائعها، فإن فظائع "قوات" المالكي يحرص على طمسها، وهي تتشابه بدرجات مع شنائع صدام ومن سبقه ولا تختلف كثيراً عما تعج به سجون الأنظمة العربية جميعاً.
عناصر "داعش" يتصرفون وفقاً لترجمتهم للدين الإسلامي، ومن الواضح أن انتشار هذه الترجمة وسيطرتها على عقولهم وغسيلها لمخهم لم تأت من فراغ، فالقوى الدينية السياسية قاطبة دون استثناء تنكر تصرفاتهم وتوقيتها لكنهم لا ينكرون أنهم يتصرفون وفق فتاوى ورؤى دينية موجودة، قد يرون تشددها وينكرون توقيتها، لكنهم لا ينفون وجودها بالكامل، والسؤال هو: كيف انتشر مثل هذا التطرف الدامي وقوانا الدينية السياسية المرخصة والتي تعيش بيننا تدعي ليل نهار أنها قوى وسطية وتسامح وتعايش!؟
الحقيقة التي لا نستطيع نكرانها، أن "داعش" تعلمت في مدارسنا وصلّت في مساجدنا، واستمعت لإعلامنا، وتسمّرت أمام فضائياتنا، وأنصتت لمنابرنا، ونهلت من كتبنا، وأصغت لمراجعنا، وأطاعوا أمراءهم بيننا، واتبعوا فتاوى من لدننا، هذه الحقيقة التي لا نستطيع إنكارها. "داعش" لم تأت من كوكب آخر، ولا هي خريجة مدارس الغرب الكافر أو الشرق الغابر، وإن كان بعضهم يحمل جنسية دول "الكفر"، ولكن تعبئتهم الفكرية والدموية أتت من مشايخنا ومناهجنا ومناهلنا الدينية السياسية.
جغرافيا مناهجنا ترسم لهم خرائط الوهم الديني عن أمة كانت، متجاوزة بذلك مفهوم الدولة المدنية العصرية، ولا تعترف بحدود جغرافية ولا واقعية سياسية، فلماذا نستغرب إزالتهم للحدود وعدم اعترافهم بها؟ وتاريخ مناهجنا التعليمية يسرد لهم أوهاماً من سراب الخديعة والتزوير لحقائق التاريخ، يدرسون التاريخ كسرد لقصص وخزعبلات لا يجوز التحقق منها ناهيك عن التشكيك في صحة حدوثها من عدمه، ومبدأ الشك هو أحد أسس دراسة التاريخ كعلم، روايات تنسخ وتكرر مع تعديلات متفاوتة وبطرق سردية متفاوتة حسب الراوي ومقدار العاطفة والدموع والصراخ الدراماتيكي الذي يصاحب طريقة السرد "لزوم" التأثير على صغار الجماهير التي يغرس في عقولهم قوالب جامدة لا تقبل التشكيك ولا النقد والتحليل والتساؤل، ويرسم لهم تاريخا طوباويا يحنون "للعودة" إليه، فلا يهمهم المستقبل ولا يستقرئون خرائطه وتوقعاته بشكل علمي، فلقد اختصر له أصحاب "الفتاوى على الهوا" أن تفجير نفسه بالكفار وبكل من يخالفهم سوف تختزل له المستقبل وتطير به في أحضان الحور العين وجنان النعيم. فلماذا نتعجب من معاملتهم للمسيحيين وتهجيرهم أو فرض الجزية عليهم؟ أوليس هذا القانون في الدولة الدينية؟ وهل هناك بين وسطيينا من ينكر ما قاموا بفعله ضد مسيحيي الموصل من حيث المبدأ؟ أم أنهم ينكرون ذلك من حيث التوقيت وتحاشيا للصدام في غير وقته ومكانه وحسب؟
"داعش" هي إعلان إفلاسنا كأمة وكدول وكفكر وساسة ومثقفين ورجال دين وإعلام ومناهج ومدارس وتعليم، هي إعلان شهادة وفاة كل المحاولات البائسة لإقامة الدول المدنية العصرية التي يختلط فيها الدين مع السياسة، هي الدليل القاطع على أننا سنراوح في مكاننا ولن نلحق بالأمم المتقدمة ما دمنا نعلّم أطفالنا في المدارس الغيبيات والطبيعيات في آن واحد، لنخلق جيلاً منفصم الشخصية – معزولاً عن الواقع ومبهوراً بتقدم الأمم.
باختصار، نحن جميعا "داعش"، نحن الذين خلقناها وصنعناها وربيناها وعلمناها وجندناها وشحنّاها وعبأناها ثم وقفنا حيارى أمام أهوالها التي صنعناها بأيدينا.

المصدر: صحيفة "الشرق" القطرية
سعد بن طفلة العجمي- وزير إعلام سابق في الكويت
7 آب 2014 الساعة 11:46


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mercredi 6 août 2014

نائبة ايزيدية تنهار: أبناؤنا يقتلون تحت راية "لا إله الا إلله"

نائبة ايزيدية تنهار: أبناؤنا يقتلون تحت راية "لا إله الا إلله"

نائبة ايزيدية تنهار: أبناؤنا يقتلون تحت راية "لا إله الا إلله"

انهارت النائبة الايزيدية في البرلمان العراقي فيان دخيل وهي تعرض باكية ما يتعرض له ابناء جلدتها في مدينة سنجار الشمالية والمناطق المحيطة بها التي سقطت بأيدي تنظيم الدولة الاسلامية مؤكدة مقتل 500 شخص وسبي 500 أمرأة ووفاة 70 طفلا و100 شيخ وامرأة بسبب الوضع الانساني السيئ.

اكدت النائبة الايزيدية عن كتلة التحالف الكردستاني فيان دخيل ان المكون الايزيدي يتعرض لابادة جماعية من عناصر داعش التي استباحت دماء الاطفال والشباب وهتكت اعراض النساء بعد محاصرتهم في جبل سنجار منذ 48 ساعة وحتى الان. واضافت في كلمة خلال جلسة مجلس النواب العراقي اليوم وتابعتها "أيلاف" وهي تجهش بالبكاء ان نحو 500 ايزيدي قتلوا على ايدي زمرة داعش فضلا عن سبي 500 امرأة ايزيدية اخذتهن قوات داعش كجوارٍ وهن مسجونات في اماكن قريبة من تلعفر داعية الحكومة الاتحادية وحكومة الاقليم الى تخليص الايزديين من الوضع الانساني السيئ الذي هن فيه الان. واشارت الى تهجير 30 الف عائلة من قضاء سنجار مع وفاة 70 طفلا و100 شيخ وامرأة بسبب الوضع الانساني السيئ الذي يعيشونه حاليا.

وعدت النائبة الايزيدية ان الدين الايزيدي يباد الان على ايدي زمرة داعش وقالت ان ابناء المكون الايزيدي يبادون تحت راية "لا اله الا الله" داعية حكومتي بغداد واربيل الى انهاء خلافاتهما وانقاذ الايزيديين مما يتعرضون له من ابادة جماعية.

واضافت دخيل وقد وقف معها العديد من النواب على منصة البرلمان الخاصة بإلقاء الكلمات وهي تجهش بالبكاء ان أبناء طائفتها "من الايزيديين يذبحون على ايدي الارهابيين في الموصل ونساؤهم تسبى في حملة إبادة جماعية تحت راية لا اله إلا الله". وقالت ان "الشعب العراقي اليوم كله مستهدف من مسلمين وعرب وكرد وكل مكوناته والاقليات". وطالبت الشعب العراقي والمجتمع الدولي ب"تضامن انساني وانقاذ العشرات من العوائل المحاصرة هناك"مشيرة الى" موت 50 شيخا ولابد من ايقاف هذه المذبحة ولاسيما نحن نمر في القرن 21 والايزيديون يبادون بشكل كامل". ولم تكمل النائبة الايزيدية كلامها حيث انهارت باكية فيما حاول النواب القريبون منها اسعافها.

اليونيسيف تقر بوفاة 40 طفلا في سنجار
ومن جهتها اقرت منظمة اليونيسيف بوفاة 40 طفلا من أطفال الأقليات التي هُجرت من مدينة وقضاء سنجار قضوا بسبب العنف المسلح.

وقال مارزيو بابيل ممثل اليونيسيف في تصريح صحافي حول موت الاطفال في العراق إنه حسب تقارير رسمية استلمتها اليونيسف جاء موت هؤلاء الأطفال المنتمين للأقلية اليزيدية كنتيجة مباشرة للعنف والنزوح والجفاف خلال اليومين الماضيين. واضاف ان العائلات التي فرّت من المنطقة تحتاج إلى المساعدة الفورية بما في ذلك حوالى 25,000 طفل عالقين في الجبال المحيطة بسنجار، وهم بحاجة ماسة للإغاثة الإنسانية مثل مياه الشرب وخدمات الصرف الصحي. واشار الى ان "الأطفال هم الأكثر ضعفاً وهشاشة، والأكثر تأثراً بالعنف المستمر والتهجير والاقتتال الدائر في العراق".

وجددت اليونيسيف "دعوتها الملحة لضرورة حماية جميع الأطفال وتوفير المساعدة الضرورية لإنقاذ الأرواح لتجنب خسارة المزيد منها". ودعت "كافة الجهات التي بقدرتها التأثير الى السماح للأطفال والنساء بالوصول فوراً إلى مناطق اللجوء الآمنة واحترام الحماية الخاصة المتعلقة بالأطفال وذلك حسب القانون الدولي الانساني وقانون حقوق الإنسان".
وكان مسلحو تنظيم "داعش" قد سيطروا الاحد الماضي على بلدات وقرى جديدة في محافظة نينوى الشمالية منها قضاء سنجار بعد انسحاب قوات البيشمركة الكردية من تلك المناطق اثر اشتباكات مسلحة مع الارهابيين الذين فرضوا سيطرتهم على ثلاثة حقول نفطية ودمّروا مزاراً للسيدة زينب في القضاء.
وقد نزحت الاف العوائل من الشبك والتركمان الشيعية والايزيدية من اقضية ونواحي نينوى

وفي وقت سابق اليوم دعت وزارة شؤون المرأة العراقية الى تدخل محلي ودولي لإنقاذ نساء قضاء سنجار في شمال غرب العراق واللواتي وقعن بيد تنظيم "الدولة الاسلامية" المتطرف من السبي.
وناشدت الوزارة في بيان "جميع الجهات المعنية في الحكومة الاتحادية وحكومة اقليم كردستان والمجتمع الدولي للتدخل السريع لوضع حد للمجازر التي يرتكبها داعش بحق المدنيين العزل من هذه المكونات وإنقاذ نسائها من السبي والاسترقاق". واضافت الوزارة ان "المعلومات تؤكد ان تنظيم داعش يحتجز نساء وفتيات في منزل واسع داخل سنجار، كما تم ترحيل عدد من النساء مع عوائلهن الى مطار تلعفر بعد قتل الرجال ولا يزال مصير كل هؤلاء النسوة مجهولاً".

والايزيديون هم مجموعة دينية في الشرق الأوسط. ويعيش أغلبهم قرب الموصل ومنطقة جبال سنجار في العراق. وتعيش مجموعات أصغر في تركيا وسوريا، إيران ،جورجيا وأرمينيا. عرقيا ينتمون إلى اصول كردية وينحدرون من اقوام هندو أوروبية رغم أنهم متأثرون بمحيطهم الفسيفسائي المتكون من ثقافات عربية اشورية وسريانية فأزياؤهم الرجالية قريبة من الزي العربي اما ازياؤهم النسائية فسريانية.
ويتكلم الايزيديون اللغة الكردية وهي لغة الأم ولكنهم يتحدثون العربية أيضا خصوصا ايزيدية بعشيقة قرب الموصل وصلواتهم وادعيتهم والطقوس والكتب الدينية كلها باللغة الكردية أو مرگه الشيخان حيث موطن امرائهم والتي سميت في كتب التاريخ بـ(مرج الموصل) وقبلتهم هي لالش حيث الضريح المقدس لـ(الشيخ أدي) بشمال العراق ويعتبر الأمير تحسين بك من كبار الشخصيات الديانة الايزيدية في العراق والعالم.
ويقدر تعدادهم في العالم بحوالي 500,000 نسمة يتواجد أغلبهم في العراق بحوالى 200 الف نسمة و 30 ألفا في سوريا ولم يبق منهم أكثر من 500 نسمة في تركيا بعدما كان عددهم أكثر من 25 ألف نسمة في بدايات الثمانينات حيث هاجر غالبيتهم لأوروبا. كما توجد أقليات منهم في أرمينيا وجورجيا تعود أصولها لتركيا .. وتوجد ايضا أقلية صغيرة من الايزيدية في إيران دون توفر معلومات عن تعدادهم.


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samedi 2 août 2014

Où va le monde ? - Courrier des lecteurs - Journal de l'île de la Réunion -2/8/2014

Où va le monde ? - Courrier des lecteurs - Journal de l'île de la Réunion

Où va le monde ?

Avec toutes les catastrophes humanitaires et toutes les guerres qui existent, rien ne va plus. Ce qui s'est passé à Mossoul, en Irak, doit nous alerter et nous inquiéter du sort non seulement des chrétiens d'Orient, les seuls qui parlent encore l'Araméen (la langue de Jésus) mais aussi des chrétiens d'autres parties du monde. En effet, dans presque tous les pays du monde les personnes de confession catholique et d'autres confessions sont assassinés et chassés des villes et des villages, et tout le monde se tait ! Les gouvernants ne disent rien, pas plus que les représentants de l'église. Encore une preuve : un communiqué de Mgr Michel Mouïsse, évêque de Périgueux et de Sarlat nous fait savoir que "l'œuvre d'Orient en France vient d'attirer l'attention des évêques sur les lieux chrétiens incendiés ou saccagés en Egypte depuis le 14 août 2013, voilà le bilan : 39 églises ont été pillées, saccagées et brûlées entièrement ou bombardées, 23 ont été attaquées par des jets de pierre et cocktail molotov, 6 écoles et couvents brûlés, 75 autocars et voitures appartenant aux coptes ont été détruits, la chapelle militaire de Toulon de la base navale a été profanée le samedi 26 juillet dernier, le tabernacle renversé, jeté à terre et piétiné, les Saintes Espèces répandues sur le sol, le baptistère brisé, l'Ambon (la parole de Dieu jetée à terre et piétinée…), que de sacrilèges !" et personne ne dit toujours rien ? Pourtant, l'heure est grave, le silence de mort du président de la République et de notre ministre de l'intérieur est incompréhensible. D'un point de vue personnel je pense qu'une guerre sainte est déclarée depuis longtemps envers les chrétiens et d'autres confessions religieuses dans tous les pays du monde et que nos libertés sont menacées. Le but de ces protagonistes est "d'installer un état religieux mondial et de faire de la France un état théocratique dans les années à venir". Ce qui est encore alarmant, c'est qu'Ils le disent haut et fort sur internet, les radios, à la télé et dans leurs vidéos. "Cela se fera car c'est écrit dans les livres", disent-ils. Par ailleurs, un constat de l'état des lieux des pays du monde (voir le Courrier International) dans lesquels il y a des massacres de chrétiens nous conforte dans cette analyse. Ce qui s'est passé à Mossoul est grave : un N, la première lettre du mot Nazaréen pour citer les chrétiens, a été dessiné sur la porte de leur maison pour qu'ils soient vite repérés. Ils ont été sommés de choisir entre fuir, payer un impôt ou de se convertir. Toute guerre est louable, me direz-vous, pour défendre sa terre, sa famille, son pays. Cependant, avec notre libre arbitre individuel et notre faculté de pensée, il est possible de choisir entre l'ombre et la lumière, entre le sabre et la plume. Si vous ne le savez pas, une guerre sainte est une guerre envers nos propres démons intérieurs et c'est ce qui nous élève. Faire la guerre aux autres et projeter ses propres démons sur les autres et à l'extérieur de soi, je ne pense pas que ce soit la bonne manière de s'élever vers les hautes sphères spirituelles et d'atteindre le paradis même si on prie tous les jours. Alors, soyons vigilants sur tout ce qui se passe au Proche et au Moyen-Orient et dans d'autres pays du monde, en Afrique, en Asie, en Turquie, en Iran, en Irak, en Russie… Car cette guerre risque d'être encore plus violente et durer pendant très longtemps. Alors, prions pour la paix dans le monde.



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Ninive la dévastée

Ninive la dévastée

Ninive la dévastée

FIGAROVOX/TRIBUNE - Le blogueur catholique Koz réagit à l'exode des chrétiens de Mossoul. Il exhorte les autorités politiques françaises à agir.


Koz tient le blog Koztoujours où il partage ses commentaires, ses réflexions, ses opinions et ses propositions en rapport avec l'actualité politique nationale, mais aussi la religion.


Depuis 1 800 ans soixante-dix générations d'hommes et de femmes chrétiens. Soixante-dix générations d'enfants qui rient, de femmes qui se marient, soixante-dix générations de baptêmes, de prêtres. Deux millénaires de vie, deux millénaires à fertiliser un sol et une culture.

Et voilà les chrétiens d'Irak en butte à la violence brute de l'idéologie bardée d'explosifs. Au déchaînement de la bêtise cuirassée des djihadistes qui défigurent jusqu'à l'islam. Condamnés aussi par les leurs, sunnites, ils ne vivent que pour l'anéantissement de tout ce qui n'est pas eux. Anéantissement des minorités: les chrétiens ne sont pas les seuls. D'autres, tels les Yézidis, sont frappés aussi durement. Les chiites, également. Anéantissement des chrétiens. Ils ont dynamité des mosquées, brûlé des églises, brûlé l'archevêché de Mossoul. Rasé le tombeau de Jonas, considéré comme un prophète par les trois religions, à Mossoul, l'antique Ninive. Rouleau compresseur, de haine, de violence et d'ignorance.

Mille huit cents années de présence aussi malgré les affrontements toujours recommencés. Est-ce sous les yeux de notre génération que les chrétiens disparaîtront d'Irak? Allons-nous baisser les bras à tel point qu'il ne sera plus possible aux chrétiens de rester sur place? Serons-nous les faibles, lâches et repus, anxieux d'une courbe de croissance quand nos frères sont pourchassés? Laisserons-nous faire l'épuration?

Nous sommes responsables. Notre pays est responsable. La France est protectrice des chrétiens d'Orient depuis 1535. Si nos autorités faillissent, c'est à chaque Français de reprendre l'engagement pour son compte.

Nous sommes responsables. Les Occidentaux sont responsables. Nous savons, pour l'avoir pratiqué, ce que préfigure le marquage des maisons d'un signe distinctif. Mais on n'entend guère non plus ceux qui, Américains et Britanniques, ont une responsabilité directe dans la situation de l'Irak actuel.

Depuis des années, l'exode des chrétiens d'Irak s'amplifie sans que nous ne fassions rien. C'est à nos autorités de trouver les moyens qui leur permettront de vivre en Irak… Mais que le matin, devant la glace, nos responsables politiques se découvrent au front la tache indélébile de la honte et de la lâcheté s'ils les abandonnent. Agissez!



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tayyar.org - Lebanon News -قمة التعايش: تلاوة آيات قرآنية داخل كنيسة مار مارون

استضاف صالون كنيسة القديس مارون في بلدة الجرمق- العيشية، حفل إفطار أقامته بلدية الجرمق- العيشية، تميز بتنوع حضوره الذي عكس العيش المشترك في المنطقة.

ومن أبرز المشاركين في الإفطار: رئيس كتلة "الوفاء للمقاومة" النائب محمد رعد، النائب عبد اللطيف الزين، رئيس الاتحاد اللبناني لكرة القدم هاشم حيدر، شخصيات وفاعليات وعلماء دين من مختلف الطوائف، رؤساء بلديات ومخاتير وأكثر من 300 شخص من أبناء المنطقة.

تخللت الافطار تراتيل دينية وتلاوة آيات قرآنية وكلمات لعدد من رجال الدين المسيحيين والمسلمين، ثم كلمة رئيس البلدية نبيل شديد الذي شدد على "أهمية العيش المشترك بين ابناء الوطن الواحد، وخصوصا في ظل اجواء الاحتقان الطائفي والمذهبي التي تحيط بالمنطقة كلها".
2/8/2014

http://www.tayyar.org/Tayyar/News/PoliticalNews/ar-LB/church-Quran-ed-2077326.htm?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter?_year=2008%5C%27%5C%27%5C%27%5C%255%C3%A6%C3%A5%C3%90%C3%87m?_year=%27%22?_year=%22%22?_year=2008%27%27%27www.ehden.z.com?_year=%27%22?_year=%22%22?AID=28517&FAV=false&PID=1&ID=3501?_year=2008%22,,0,0?_year=2008%22,,0,0%22%22%22%22%22%22%22?_year=2008%27%27%27www.ehden.z.com?_year=2008%5C%27%5C%27%5C%27%5C%255%C3%A6%C3%A5%C3%90%C3%87m?_year=%27%22?_year=%22%22?_year=2008%27%27%27www.ehden.z.com?_year=%27%22?_year=%22%22?AID=28517&FAV=false&PID=1&ID=3501?_year=2008%22,,0,0?_year=2008%22,,0,0%22%22%22%22%22%22%22?_year=2008%27%27%27www.ehden.z.com?_year=%27%22?_year=%22%22?_year=%27%22tm?_year=%27%22m?_year=%27%22mtm?_year=%27%22?_year=""


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